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- Puis vient ce moment où j'essaie de tout mettre par écrit. Tout ce que je ressens depuis quelques semaines, quelques mois ? Depuis que je suis entré en prépa ? J'en sais rien. Mais j'arrive pas à mettre les mots autant que quand j'y pense. Tant pis, je vais quand même essayer.
- Je sais pas par quoi commencer. Mon vide sentimental. Ma peur de l'avenir. Mon manque du passé. Mon envie de remonter le temps et de revivre les deux plus beaux mois de ma vie encore et encore.
- D'abord, les regrets. Je dirais que ça commence vers octobre 2015. D'abord Marion. Mais Elena. Surtout Elena. J'arrive pas à mettre des mots sur comment j'aimerais revivre juste une fois le fait d'aller chez elle. Je sais pas, en soi y'avait rien de bien particulier, de bien exceptionnel. Mais c'était tellement bien. D'être avec elle pendant quelques heures, de se dire que notre couple allait durer. Et puis j'ai dû partir. De toute façon, on m'avait dit qu'il fallait pas que ça dure. Parce que c'était pas possible et pas bon pour moi. Alors quand on a cassé j'étais à moitié heureux, que ça la rende pas super triste. Et moi je l'étais mais en même temps si c'était comme ça que c'était le mieux... tant mieux, non ?
- En fait, non. Quelques jours après mon départ vers la métropole, j'ai déjà ressenti ce manque. D'avoir personne à qui m'accrocher. De pouvoir câliner personne.
- Mais c'est pas ça le pire, c'est de savoir que si j'avais été avec elle, j'aurais pas pensé ça. Je l'aimais, oui. Mais étrangement, je l'aimais pas avant de l'aimer. Cette phrase n'a pas de sens. Je l'aimais pas vraiment quand on s'est mis ensemble. Je l'appréciais, je la trouvais jolie (depuis la première d'ailleurs #throwback), mais sans vraiment être amoureux. Pas comme avec Chloé. Mais je sais pas comment expliquer ce que j'ai ressenti avec elle. Peut être parce qu'elle a été pour la première fois un "vrai amour", et un amour vrai. Elle m'a souvent demandé comment je faisais pour être tout le temps heureux. En fait, elle comprenait pas que c'était elle qui me rendait heureuse, et que sans elle ça aurait pas été la même chose. Elle m'a fait sentir comme dans "The end" de Macklemore. Je me sentais vivre, et j'étais content de vivre. Mais à la fin, c'était fatal, ça s'est fini. "Goodbye forever, never see you again, winterball, 2012, the end". Ca décrit tellement ce que j'ai ressenti. La fin. La fin de mon monde. Replongé dans la même merde qu'avant, dans le même sentiment constant de solitude, de manque de quelque chose qui apparemment ne pouvait pas être retrouvé. Et je l'ai toujours pas retrouvé, après des mois. C'est pas que je le recherche tant que ça, je rencontre pas vraiment de gens, je ne vois que ceux de ma classe, mais je sais pas. Comme si j'avais pas la foi de faire quelque chose, comme si j'avais pas la tête à ça. Et surtout parce que j'y arrive pas. Qu'a priori je ne suis amoureux de personne, mais qu'au fond Elena non plus et pourtant si. Mais comment choisir ? Que faire ? Et à quoi bon ?
- Mais pour l'instant, c'est le regret. Les souvenirs. Et surtout la haine envers le monde, la vie, que sais-je ? Peut être que si son père était pas au chômage on serait encore ensemble. Au lieu d'aller à Saint Jean de Monts, je l'aurais vu elle. J'aurais été heureux, motivé pour travailler, pour faire quelque chose de ma vie. Si elle était là, si j'avais quelqu'un, je serais plus motivé (c'est avéré), mais c'est pas le cas. Dommage. C'est pas de sa faute. Ni de la mienne.
- Parfois, je me souviens de quelques moments entre nous. Le premier lundi, la rentrée des vacances de mai. Quand j'étais à saint denis pour mon entretien pour la prépa des INP et que je suis venu l'après midi, que j'ai raconté mes blagues à Stéphane, que Wang racontait son cours tout seul. Mais aussi la fois où on est allé chez elle un mardi après midi parce que je sais plus qui était absent. La fois ou sa mère m'a ramené chez moi parce qu'elle avait insisté pour que j'attende pas le bus et que je voulais bacher la spé maths. Le repas du vendredi, le dernier vendredi du bac, sur les escaliers du lycée, avant l'espagnol. Ou encore ce mercredi où une opération CS:GO est sortie, que j'avais vraiment pas envie d'aller en cours, et que ça tombait bien puisque le bus est jamais revenu me chercher. Comme elle était gentille, elle avait pris la correction du devoir de SI pour moi. J'en avais pas besoin, en fait je savais très bien que je la regarderais jamais. Je me souviens aussi du lendemain, le soir j'ai fait un chocolat chaud, j'ai joué sur de_log avec James et Raypass, et il a crié sur notre coéquipier "he's on the groue man, watch the groue !". Ca me fait encore rire. Je regrette ce temps.
- Mais je me souviens aussi de ses messages plein de smileys (peut être trop pleins d'ailleurs), ses fautes, son pull, son canapé, son lit, sa chambre, ses cheveux, tout ce qui me manque aujourd'hui. Et je peux rien y faire. Je rentrerai pas à la Réunion avant des mois, des années sans doute. Elle est sans doute déjà passé à autre chose. J'ai essayé d'écrire une lettre, j'ai pas eu la foi. Trop de choses à dire, trop de choses qui ne l'auraient pas intéressée, ou que je voulais pas vraiment lui dire. J'aimerais juste qu'elle garde l'image qu'elle avait de moi, pas celui du dépressif que je suis aujourd'hui, qui passe sa vie à faire des maths et de la physique.
- Est-ce que je regrette d'être en prépa ? Question difficile. C'est intéressant, c'est déjà quelque chose. Mais ça m'a tellement coupé du monde, enfin du mien, que ça fait atrocement mal. Ce nouveau monde où j'ai du mal à réussir, où j'ai perdu une partie de ce à quoi je tenais le plus, pour rien n'avoir en échange, je ne l'aime pas. Et je sais pourtant qu'il sera le mien pour encore quelques années. Pour le reste de ma vie peut-être. Est-ce que ça aurait été différent à la Réunion ? Question difficile. Peut être qu'on serait plus ensemble. Peut-être bien. Peut-être que la prépa des INP serait super facile. Au fond on en sait rien et je débats tout seul d'une question qui n'appelle pas de réponse puisque remonter dans le temps n'est pas à l'ordre du jour.
- Mais j'ai la haine. Contre moi. Contre le monde. Contre le chômage. Contre les maths. Contre le temps. Contre tout ce qui me rappelle que je suis seul, et que vu comment c'est parti, ça risque de rester le cas.
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