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- Le HAMAS (présentation par proche-orient.info de 2002)
- Création en 1987
- Hamas : Acronyme de Harakat Al-Moukawana al-Islamiya » ou Mouvement de la Résistance Islamique.
- Le mot « Hamas » signifie « zèle ».
- Hamas : classé organisation terroriste par les EU
- Implanté en Palestine depuis 1935, le mouvement fondamentaliste des Frères Musulmans s'y est montré particulièrement actif à partir de 1967, grâce aux subsides envoyés par les monarchies pétrolières liées à l'Occident, - en particulier aux Etats-Unis –, ces régimes ayant la volonté d'apaiser les militants de la « cause palestinienne ». C'est d'abord autour des mosquées que s'activent les « Frères » : ils créent un tissu social, fondent des écoles, des dispensaires, des clubs sportifs, des instituts caritatifs et autres lieux de rassemblement, tous voués à la réislamisation de la société palestinienne
- À cette même époque naissent les mouvements terroristes les plus virulents. Les Frères Musulmans, eux, refusent de s'engager dans la lutte armée : elle ne fait pas partie de l'idéologie de leur fondateur au début du 20ème siècle, l'égyptien Hassan Al-Banna, entièrement voué à la propagation d'un islam fondamental qui rassemble le petit peuple. Israël ferme les yeux, voire encourage l'activisme non militaire des Frères, autrement plus confortable à ses yeux que celui des fedayins du Fatah, du FPLP et de leurs dissidents dont le seul mot d'ordre est de « jeter les juifs à la mer ». C'est dans ce contexte qu'un membre des Frères musulmans, cheikh Ahmed Yassine, inaugure en 1973 le Centre islamique de Gaza. L'homme a des relations en Arabie Saoudite : les pétro-dollars affluent d'autant plus volontiers dans son centre qu'il a une réputation d'intégrité. Ce centre devient très vite la principale vitrine de la jeunesse des Frères Musulmans à Gaza, puis en Cisjordanie.
- Car, dès le milieu des années 1980, les habitants de Cisjordanie ne se contentent plus d'idéologie religieuse. Ils veulent, eux aussi, prendre les armes contre « l'ennemi sioniste », encouragés par l'exemple du Hezbollah libanais, un autre mouvement islamiste, chiite celui-ci, mais qui prône la lutte pour parvenir à ses fins. C'est donc sous le label du Hamas qu'en 1987 les Frères Musulmans entrent en guerre. Et c'est le Centre islamique de Gaza qui leur tient lieu, dans un premier temps, de quartier général. Cheikh Yassine est promu guide spirituel du mouvement. L'homme est d'autant plus respecté qu'il peut se prévaloir d'un séjour dans les prisons israéliennes : il avait été en effet été incarcéré en 1983, condamné à 13 ans de prison pour incitation à la haine, puis libéré un an plus tard dans le cadre d'un échange de prisonniers entre Israël et des groupes palestiniens.
- Le Mouvement de résistance islamique jouit de l'infrastructure mise en place par les Frères pour multiplier les recrutements. Dans les mosquées les prêches changent de ton : on y aborde peu à peu des thèmes comme le paradis d'Allah promis aux martyrs de la guerre sainte, on lance des appels au Jihad contre l'ennemi sioniste. La charte fondatrice du Hamas, mélange de nationalisme et de fondamentalisme religieux, encourage les groupes armés à lancer des attaques dans le but déclaré de détruire l'Etat israélien afin qu'un jour, « la bannière d'Allah flotte sur chaque pouce de la Palestine ».
- Les hommes du Hamas, un bandeau vert gravé d'un verset coranique sur la tête, ont été les premiers à se dévouer pour des attentats suicide. 1987 fut la date du déclenchement de « leur » intifada, encouragée par cheikh Yassine et sa « choura », un conseil consultatif où se côtoient les piliers du mouvement, comme Ibrahim Goush qui en est le porte-parole, Abdelaziz Rantisi en charge des opérations de terrain, ou encore Khaled Mechaal. Ce dernier a été, pendant plusieurs années, délégué du Hamas en Jordanie (et responsable de la branche jordanienne du mouvement). Cheikh Yassine, qui avait à nouveau été incarcéré en 1989 par Israël et condamné à la détention à perpétuité, lui doit sa remise en liberté. Celle-ci est en effet intervenue, à la demande du roi Hussein de Jordanie, après une tentative d'assassinat manquée de Mechaal par le Mossad, à Amman, en 1997. Cheikh Yassine est actuellement à Gaza d'où il continue d'édicter des fatwa, comme celle du 31 mars 2002, appelant à la lutte éternelle contre le sionisme.
- Le Hamas est le premier parti palestinien indépendant de toute fédération. Il n'a jamais rejoint les rangs de l'OLP avec qui il entretient des relations conflictuelles ( mais qu'il qualifie cependant de « père » et « frère »), ni ceux du Front du Salut Palestinien concurrent. D'ailleurs, aucun de ces organismes n'est prêt à le rejoindre dans son projet d'une République islamique de Palestine. Cependant, le mouvement est craint par toutes les factions palestiniennes en raison de son redoutable activisme : il peut s'enorgueillir de totaliser le plus grand nombre de « martyrs de la cause palestinienne » -et de disposer d'un réservoir tout aussi impressionnant de volontaires au martyr. Le Hamas s'est doté d'une « branche militaire », les Brigades Ezzeddine al-Quasam, du nom d'un dirigeant du mouvement, tué en 1996 par les services secrets israéliens en manipulant son téléphone piégé,. Ces Brigades revendiquent la plupart des attentats commis par le Hamas.
- S'il reste très lié aux Frères Musulmans, et encore plus aux différents groupes jihadistes issus de cette mouvance de l'islam sunnite, le Hamas a également tissé des liens avec le Hezbollah libanais, pourtant musulman chiite. Quelques dissonances sont cependant apparues autour d'une question théologique : les femmes peuvent-elles offrir leur vie pour la cause ? Au guide spirituel du Hezbollah qui a estimé que les femmes ont droit au martyr, son homologue du Hamas a répliqué en mars 2002 par la négative. Dans les jours qui ont suivi, cheikh Yassine a modulé sa fatwa, ouvrant la porte à la martyrologie féminine, a condition que ces dernières soient escortées par leur père, leur frère ou leur mari…
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