Guest User

Untitled

a guest
Jun 19th, 2014
87
Never
Not a member of Pastebin yet? Sign Up, it unlocks many cool features!
  1. copyright - nonoko - http://www.lescitesdor.com/forum/
  2.  
  3. Acte II
  4. La lessive
  5.  
  6. La nef, intérieur jour.
  7.  
  8. Scène 1
  9.  
  10. Mendoza et Zarès, face à face.
  11.  
  12. Mendoza : Tout de même, ça me fait bizarre que tu aies une tête de plus que moi. Parle moi.
  13.  
  14. Zarès : Euh....que dois-je donc dire ?
  15.  
  16. Mendoza : Je veux entendre le son de ta voix. Parle moi encore.
  17.  
  18. Zarès : Hum....ne me regarde pas comme ça.
  19.  
  20. Mendoza : j'essaie d'apercevoir ton regard, mais c'est ta voix qui me transperce.
  21.  
  22. Zarès : Aaah....ça doit être à cause du filtre vocal qui ressemble à un groin de cochon, chouette invention, hein? Pratique pour tromper son monde ! Tiens, Charles Quint, par exemple, j'avais enfin réussi à obtenir une audience auprès de lui après des mois de tractations et de bassesses diverses, mais en tant qu'Ambrosius de Sarles, et ce maudit nabot n'avait accepté que pour m'humilier ! Il a osé me traiter de sangsue obèse, d'espion bouffon, de crapaud parasite alors que je lui proposais mon aide pour écraser ses ennemis, ce misérable ! Puis il m'a fait jeter au cachot...Pitoyable précaution de souverain raté qui ne sait même pas distinguer ses vrais amis des vulgaires espions ! Inutile de dire que je n'ai eu besoin de personne pour prendre la poudre d'escampette, moi ! Oh !...je suis confus...quel maladroit je fais....
  23.  
  24. Mendoza : Non, vas-y, continue, continue...
  25.  
  26. Zarès : Ah ? Vraiment ? Pas d'offense ? Mes paroles ont dépassé ma pensée, croyez le bien cher ami !
  27.  
  28. Mendoza : Pas d'offense....continue....parle-moi.....
  29.  
  30. Zarès : Hum.....et si nous prenions une tasse de thé ? Le jour se lève et je commence toujours ma journée par une...
  31.  
  32. Mendoza : continue ! (il se détourne brusquement et va s'asseoir sur une marche d'escalier en s'enveloppant de sa cape, la tête dans les mains). Continue !
  33.  
  34. Zarès : c'est que....je commence à avoir vraiment soif...ce costume, ça tient chaud, surtout en intérieur, et puis la capuche, le groin, tu permets, je vais les enlever, hein ?
  35.  
  36. Mendoza : non !
  37.  
  38. Zarès : plaît-il ?
  39.  
  40. Mendoza : ta voix...elle serait différente...
  41.  
  42. Zarès : Ah, mais oui, bien vu ! C'est le but, c'est ce que je disais, n'est-ce pas ?
  43.  
  44. Mendoza : voilà, c'est ça, continue.
  45.  
  46. Zarès : oui, alors, j'ai réussi à m'évader, n'est-ce pas, enfin, je n'insiste pas, mais il faudrait que je te fabrique un couteau suisse de Mu avec option tournevis, moi j'avais caché le mien dans ma moustache, personne n'a vérifié, toi, tu pourrais t'en servir de barrette, ça te rajeunirait en plus, tiens, c'est une idée, ça !
  47. (Mendoza lui jette un regard de biais)
  48. Oui, bon, alors je disais, le Carolus Quintus, là, ça a été un jeu d'enfant de le berner avec mon costume de Zarès ! Je lui ai promis la lune et j'ai obtenu tout ce que je voulais ! Grand moment ! Zaza face à Quinquint ! La revanche du bouffon rouquin sur le nabot royal ! Attaque du requin bouffeur de roitelet, morsure anesthésiante, il est déjà exsangue mais n'a rien senti, sa perte est assurée mais il croit encore qu'il aura la victoire grâce à Zarès, alors que c'est Zarès qui vaincra et l'écrasera, lui et tous ses semblables, cette sale engeance de prétentieux de droit divin consanguins, ces tyrans dégénérés ! Moi, Zarès, nouveau Brutus, j'éliminerai tous les Césars de la terre ! Seuls les Zarès sont dignes de gouverner le monde et d'être les maîtres de l'univers ! (poing levé)
  49.  
  50. Mendoza (dans un souffle) : Et les Mendoza ?
  51.  
  52. Zarès (continuant sur le même ton exalté) : et les Mendoza sont les dignes compagnons des Zarès ! Ensemble, nous régnerons sur ces cloportes, sur ces huîtres sans cervelle et sans charisme qui se prétendent des rois et ne sont que des larves puantes ! (baissant le poing et reprenant un ton normal) Dis donc, tu as remarqué ? Mendoza.....Zarès.....ça fait Zaza ! C'est un signe ! C'est le destin ! (il s'exalte à nouveau) Nous étions faits pour nous entendre ! Et dire que nous avons failli nous entretuer !
  53.  
  54. Mendoza : pas de répétitions inutiles, veux-tu ? Et puis, tu n'as pas risqué grand'chose....et pour tout t'avouer, c'est moi qui l'ai cherché.
  55.  
  56. Zarès : Quid ? (il s'approche de Mendoza, s'accroupit pour être à sa hauteur. Mendoza le regarde).
  57.  
  58. Mendoza : j'ai tout fait pour que tu me détestes et que tu aies envie de m'éliminer. Tu te souviens à Pékin comme je me suis payé ta tête quand nous cherchions le temple ensemble ? Je suis sûr que ce jour-là j'ai réussi à te décider, mais il a fallu que j'insiste en t'envoyant dans les pattes Pedro et Sancho. Je voulais que tu me maudisses et que tu passes à l'acte.
  59.  
  60. Zarès : mais.....pourquoi ?
  61.  
  62. Mendoza : ta voix....la voix de Zarès...je n'ai eu de cesse de la réentendre tenailler mes sens à partir du jour où tu nous a interrogés dans cette geôle à Barcelone. Si les enfants n'étaient pas intervenus, mon tourment aurait été de courte mais intense durée : j'aurais péri par ton ordre. Grâce à eux, il s'est prolongé en une délicieuse mais intolérable torture : je devais te fuir tout en côtoyant cette caricature de toi-même dont tu te masques pour tromper ton monde, te rendre inoffensif, sympathique, digne de confiance, mais qui ne rend pas justice à ton génie, tu l'as dit toi-même tout à l'heure ! (il se lève brusquement, mouvement de cape). Là était le véritable supplice ! Te voir ainsi déformé, mutilé, nié par toi-même, et supporter cette grandiloquence ridicule, cette voix mielleuse et joviale quand tout mon être résonnait encore des accords que celle de Zarès avait su jouer en moi ! (il frappe le mur)
  63.  
  64. (Silence)
  65.  
  66. Zarès : alors, toi aussi tu préfères Zarès...
  67.  
  68. Mendoza : non, Zarès te permet simplement d'être toi-même en matérialisant la puissance du génie d'Ambrosius de Sarles !
  69.  
  70. Zarès : mais...la voix ?
  71.  
  72. Mendoza : tout est question de ton.....groin ou pas groin, tu peux avoir la voix de Zarès, enfin, tu peux être toi-même, Ambrosius de Sarles, sans avoir besoin du costume de Zarès !
  73.  
  74. Zarès : tu..tu crois ?
  75.  
  76. Mendoza : mais bien sûr ! Et puis, si tu n'y parviens pas, c'est pas grave, on s'habitue à tout, c'est juste que ça ne me fait guère d'effet......mais c'est plus une torture comme au début, hein, là, c'était la frustration qui jouait sur les nerfs j'imagine, sans compter que ton personnage de savant rigolo fait de la concurrence à Pedro et Sancho, qui sont déjà légèrement difficiles à supporter....
  77.  
  78. Zarès : c'est vrai que tu faisais toujours une de ces têtes ! Tu avais l'air...tendu. (silence) Eeeh...mais ! Attends ! Tu veux dire que tu savais depuis le début que Zarès c'était moi ?
  79.  
  80. Scène 2
  81.  
  82. Mendoza fait quelques pas, s'arrête devant un hublot et commence à rire, de plus en plus fort.
  83.  
  84. Zarès : nom d'une pipe ! Je me sens vraiment tout bête, là....(Mendoza continue à rire. Zarès fait un geste pour retirer sa capuche, mais s'arrête et fixe Mendoza) Tu le savais, quand j'ai voulu t'éliminer, toi et les deux bouffons qui t'accompagnent ? Et tu m'as laissé faire ? ( Mendoza ne rit plus. Il se dirige vers le miroir, sort un peigne d'on ne sait où et commence à se coiffer méticuleusement. Zarès s'approche derrière lui. Silence, puis, s'exclamant dans un souffle)
  85. Quel homme tu es, quel homme décidément !
  86.  
  87. Mendoza, s'examinant dans le miroir puis se donnant un dernier coup de peigne : connais-tu mon vrai nom, Ambrosius ? Du moins, celui que j'étais destiné à porter. Non ! Pour toi, je n'étais, je ne suis que Mendoza, un vulgaire marin, un simple obstacle sur ta route, le grain de sable dans ton plan pour conquérir le monde....(il se retourne brusquement, bras croisés) Sache que tu as devant toi Antonio Luis Mendoza, bâtard du duc de la Igualada et de la marquise d'Estella, séduite et abandonnée par mon père pour une plus riche héritière et qui eut l'élégance de mourir en couches pour étouffer le scandale. Comme elle n'était plus visible dans la bonne société en raison de son état, il fut facile d'attribuer cette mort si jeune à une mystérieuse affection incurable, et le duc eut la délicatesse de régler quelques dommages et intérêts à la famille. Quant à moi, il exigea qu'on me confiât à quelque nourrice campagnarde, dans l'espoir sans doute de me voir périr à mon tour comme ma malheureuse mère, la belle Isabelle....Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! L'imbécile ! (il rit en se renversant la tête en arrière) J'ai échappé à la grippe espagnole, à la peste, au typhus et au choléra, à la noyade dans un puits quand j'avais deux ans, à cinq accidents de chasse quand je braconnais en forêt, je me suis battu pour survivre avec des rats, des chats, des oies, des renards, des poules, des cochons et on a voulu me pendre, m'écraser, m 'étriper, me scalper et je suis toujours là ! Alors, périr sous les coups de Zarès aurait été la plus exquise manière d'en finir. N'oublie jamais : quand tu me tues, tu me fais du bien ! (il lui pointe le doigt en pleine poitrine).
  88.  
  89. Zarès, dans un murmure : Quel diable d'homme !
  90.  
  91. Mendoza, se détournant et allant s'appuyer à la rembarde de l'escalier : je te retourne le compliment...ta façon de surgir de nulle part....ton attaque surprise....sans cette branche providentielle, j'aurais vraiment mené là mon dernier combat !
  92.  
  93. Zarès, s'approchant : j'avoue que j'ai savouré chaque seconde de notre échange épique...
  94.  
  95. Mendoza : plaisir entièrement partagé...du moins jusqu'au moment où j'ai ressuscité car là, tout le plaisir a été pour moi, si je ne m'abuse...
  96.  
  97. Zarès : Hum, n'en parlons plus, veux-tu ? (silence) Et tu t'es à nouveau jeté sur moi à la cascade tout en sachant...
  98.  
  99. Mendoza, haussant les épaules : oui....j'aurais pu crier « attention les enfants ! C'est Ambrosius ! » confusion assurée...
  100.  
  101. Zarès : mais tu ne l'as pas fait...
  102.  
  103. Mendoza : A quoi bon ? J'ai préféré éviter les explications laborieuses, les soupçons sur ma loyauté...
  104.  
  105. Zarès : au risque de me servir les enfants sur un plateau ? Car tu n'espérais pas me vaincre je suppose ?
  106.  
  107. Mendoza : Bah....j'avoue n'avoir été guidé ce jour-là que par mon seul désir....(silence) J'étais à ta merci...
  108.  
  109. Zarès : Eh eh eh...il est vrai que j'ai été presque désarçonné par tant de stupide bravoure, de témérité idiote, de courage inutile...
  110.  
  111. Mendoza : Pourquoi m'avoir épargné ? (long silence)
  112.  
  113. Zarès : Disons...
  114.  
  115. A ce moment là on entend un grondement terrible, Mendoza sursaute et se précipite au milieu de la nef, le sol se met à trembler mais Zarès ne bouge pas.
  116.  
  117. Mendoza : Quel est ce grondement infernal ? ! Serait-ce un tremblement de terre ?
  118.  
  119. Zarès : ça ? Oh, non, pas d'inquiétude ! Aaaah....comme c'est cocasse ! (Mendoza jette des regards affolés) C'est simplement le signe que ton calvaire est près de prendre fin...Car tu trembles sous ta cape, si je ne m'abuse....(il vient soulever la cape de Mendoza) Ce ne peut être que de froid, bien entendu...(il se dirige vers le fond de la nef après avoir attaché solidement son étagère de fioles avec une sangle; le grondement s'amplifie ; l'épée de Mendoza posée contre la table tombe).
  120.  
  121. Mendoza (légère pointe d'angoisse) : Ambrosius !
  122.  
  123. Zarès : tu permets, je crois que je vais vraiment aller enlever mon costume, je ne sais pas pourquoi, mais je suis tout en sueur là-dessous. (il continue à avancer vers le fond de la nef et se retourne vers Mendoza) Tu n'as pas des chaussettes sales pour compléter le chargement ? (il regarde ses gants) Tiens, je vais en profiter pour laver aussi mes gants, ça fait une éternité, et puis après une nuit pareille, ils en ont bien besoin, tu ne crois pas ? (Mendoza est toujours figé au centre de la nef et le fixe sans comprendre. Un frisson le secoue.) Mon pauvre ami ! (le sol tremble de plus en plus à mesure que le grondement se fait de plus en plus fort, ce qui oblige Zarès à crier : Ne crains rien, c'est impressionnant au début, mais on s'y fait ! (il tire sa montre de sa poche) Ce sera terminé dans trente secondes ! Essorage super rapide ! J'ai amélioré la technique, hein, parce que je ne pouvais pas consacrer une partie entière de la nef à une buanderie insonorisée, alors, pour éviter d'être secoué trop longtemps, j''ai augmenté la puissance : plus intense, mais plus rapide, et pour un résultat impeccable, du moins sur tissus résistants, mais je n'ai pas de délicats dans ma garde-robe, alors ! Attention...Et voilà ! (le grondement cesse, on entend un plop) C'est fini ! Approche, approche ! (Mendoza, tétanisé, ne bouge pas)
  124.  
  125. Scène 3.
  126.  
  127. Zarès : qu'y a-t-il, viens, elle ne va pas te manger ! (il va le chercher et le tire par la cape jusque devant la machine, cachée par une paroi ) Regarde : ouverture automatique...et hop, voilà ta tunique comme neuve ! (il la brandit, Mendoza l'examine).
  128.  
  129. Mendoza : elle est tachée !
  130.  
  131. Zarès : Hein ? Où ça ? Ah, sapristi, mais oui, c'est vrai ! Que diable...
  132.  
  133. Mendoza : je déteste les taches !
  134.  
  135. Zarès : je ne comprends pas...(il examine la tache) On dirait de la framboise ou de la cerise...c'est très dur à ravoir, ça, zut !
  136.  
  137. Mendoza : Esteban ! (il se frappe le front). Nous avons cueilli des cerises hier après-midi pour le goûter et comme il avait les mains pleines, il m'a demandé s'il pouvait m'en mettre dans ma poche ! Et bien sûr tu n'as pas vérifié la poche ! Ô rage, ô désespoir, ô cerise ennemie, n'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie, et n'ai-je la cape blanchi dans les travaux guerriers, que pour voir en un jour salir mon chemisier ? ( il se prend la tête à deux mains.)
  138.  
  139. Zarès : ta tunique a des poches ?? Je suis pourtant très méticuleux, j'ai fait toutes les poches de ton pantalon, mais la tunique, j'avoue que...
  140.  
  141. Mendoza : mais oui, évidemment, ma tunique a une poche, cousue à l'intérieur, au niveau de la cuisse, quasiment dans la doublure : là où se trouve la tache, justement (il fouille dedans) Tiens ! Voilà un noyau ! (il le jette rageusement au sol) Ah, ces gosses !
  142.  
  143. Zarès : allons, allons, ne te mets pas dans des états pareils, tu me fais peur ! Le reste n'a rien, j'ai vérifié. Je vais ravoir la tache avec un mélange de mon invention, ne t'inquiète pas. Je vais te prêter une chemise en attendant. Il ne manquerait plus que mon Mendodo prenne froid !
  144.  
  145. Mendoza : Antonio Luis Mendoza, marquis d'Estella. Je déteste les diminutifs.
  146.  
  147. Zarès : Ah ! Bien , bien...alors pas de Zaza entre nous non plus ?
  148.  
  149. Mendoza : tu me confonds avec Sancho ou quoi ?
  150.  
  151. Zarès : Ah, oui...euh, non, bien sûr ! Je comprends, je comprends. Tu as entièrement raison, Mendoza.
  152.  
  153. Mendoza : voilà ! J'entends conserver un minimum de dignité si tu permets.
  154.  
  155. Zarès : Hum....alors commence par enfiler ton pantalon, mais avec la chemise que je vais te prêter, je ne garantis rien pour la dignité ! Viens un peu par ici ! (ils disparaissent dans le fond de la nef)
  156.  
  157. Scène 4
  158.  
  159. On entend la voix d'Ambrosius.
  160.  
  161. Ambrosius : Alors, que dis-tu de celle-ci ? Non ? Alors, celle-là ? Non plus ? Attends, j'ai exactement ce qu'il te faut. Là ! Pas mal non ? Non ? Bon, c'est vrai que ça fait un peu court, je crois que je vais être obligé de prendre une chemise de nuit, au moins ton nombril sera couvert ! Non ? Eh, attends, où vas-tu ?
  162. Mendoza réapparaît, furieux, et va se poster devant le hublot, bras croisés. Ambrosius le suit, toujours costumé en Zarès, tenant deux chemises, une courte, une longue.
  163.  
  164. Ambrosius : tu es sûr, vraiment ? (silence) Bon...je vais lancer une nouvelle lessive alors....celle-là était pourtant de toute beauté, et en mélange de lin et de chanvre, superchaud et résistant, je l'ai tissée moi-même à l'aide d'un métier à tisser à vapeur solaire, technologie de Mu...(silence) Bon....le temps de retirer mon costume...(il repart poser les chemises). Sans regret ? (il réapparaît avec une nouvelle chemise) Celle-là n'est pas mal non plus...(silence) Bon, j'y vais alors...(il revient) Euh....j'y pense, j'ai des maillots de corps aussi ….(il en tient un dans son dos) Tricotés par mes soins grâce à une formidable machine issue de la technologie de Mu ! (Mendoza frappe du poing contre la paroi) Comme vous voulez, mon ami....Vous plaire et vous contenter est mon seul souci, soyez-en assuré...A chaque problème sa solution telle est ma devise ! (il part ranger le maillot. Mendoza soupire et frissonne devant le hublot. Ambrosius revient, sans le costume de Zarès, en exosquelette, sans gants).
  165.  
  166. Ambrosius : Bon, j'ai lancé une nouvelle lessive. (silence) Euh...je vais enlever l'exosquelette à présent, tu m'excuseras.
  167.  
  168. Mendoza : remets le groin.
  169.  
  170. Ambrosius : Plaît-il ? Que je...
  171.  
  172. Mendoza : tu as bien entendu. Tu m'excuseras, mais j'ai tout de même encore du mal à supporter ton personnage d'alchimiste rigolo plus de cinq minutes, avec ou sans costume de Zarès.
  173.  
  174. Ambrosius : je suis confus...c'est devenu une seconde nature, j'en ai peur...
  175.  
  176. Mendoza : le groin, te dis-je !
  177.  
  178. Ambrosius (avec la voix de Zarès) : C'est au point que je me demande si je ne suis pas devenu ce personnage jovial que je joue pour tromper le monde. C'est comme un vêtement que j'aurais enfilé et qui me collerait désormais à la peau...comme ta cape, en somme, que tu ne quittes jamais. (il s'approche de Mendoza, lequel tourne la tête vers lui et le fixe)
  179.  
  180. Mendoza : ma cape.....je l'enlève quand tu veux.
  181.  
  182. Ambrosius se jette alors sur lui et le renverse en arrière sur un bras tandis que de l'autre main il cherche à défaire l'attache de la cape. La tête de Mendoza est juste à la hauteur du hublot, il la tourne vers l'extérieur dans un mouvement d'abandon, mais jette aussitôt un cri et repousse violemment Ambrozarès.
  183.  
  184. Ambrosius : Belle énergie ! (il plonge sur Mendoza et le plaque cette fois à terre).
  185.  
  186. Mendoza : Les enfants ! Ils arrivent !
  187.  
  188. Ambrosius : Laisse donc les enfants tranquilles, ils dorment !
  189.  
  190. Mendoza parvient à se dégager et à se redresser après avoir envoyé Ambrosius à terre avec l'énergie du désespoir.
  191.  
  192. Mendoza : Esteban ! Tao ! Zia ! Ils sont là dehors ! Va vite te changer, bon sang !
  193.  
  194. Ambrosius (se relevant péniblement) : Comment ? Palsembleu ! Et toi ?
  195.  
  196. Mendoza : Ne t'inquiète pas, je file ! (Il s'élance et s'apprête à ramasser son épée au passage ; mouvement de cape)
  197.  
  198. Ambrosius : Attends ! Tu ne peux pas partir comme ça ! Comment vas-tu expliquer ta tenue aux enfants ? Non, non, attends, descends avec moi dans la cale, tu y resteras caché le temps que la lessive se termine ! (il le tire par le bras et l'entraîne avec lui dans le monte-charge, tandis qu'on entend effectivement les voix des enfants au dehors. L'épée reste à terre.)
  199.  
  200. Esteban, Zia (voix off) : Ambrosius ! Ambrosius ! Réveille-toi ! Mendoza a disparu ! Mendoza est parti !
  201.  
  202. Pichu (voix off) : Alerte ! Alerte ! Mendoza est plus là ! Mendoza est plus là !
  203.  
  204. Fin du deuxième acte.
RAW Paste Data