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École

Jun 9th, 2022 (edited)
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  1.  
  2.  
  3. Projet d'Ecole gratuite de l'Internet pour tous.
  4. ________________________________________________
  5.  
  6.  
  7. Préambule:
  8. ==========
  9.  
  10. Lors des rencontres d'Autrans de 1998, Jean-Noël Tronc, conseiller technique
  11. auprès du Premier ministre pour les nouvelles technologies de l'information,
  12. disait:
  13.  
  14. " L'Internet pour tous se fera grâce à une logique de micro-projets nés de
  15. la base, mais impossibles à gérer de haut. Ce sont par exemple les
  16. enseignants qui ont des projets mais des moyens dérisoires qu'il faut
  17. aider. Comment mettre en place les structures adéquates, comment aider les
  18. collectivités locales, quels relais soutenir, quels laboratoires appuyer,
  19. quels modèles suivre ? "
  20.  
  21. Le projet ici présenté ne se veut pas un micro-projet. Il s'agit d'un projet
  22. d'envergure, nécessitant une volonté politique forte dans le domaine de la
  23. formation aux nouvelles technologies. Il suppose que la volonté de faire
  24. entrer la France dans l'ère des réseaux électroniques se révèle être durable
  25. et soutenue par des moyens à la hauteur des ambitions.
  26.  
  27. Il est originaire d'un ensemble d'acteurs d'Internet [Annexe 1], tant
  28. utilisateurs que professionnels, qui ont à coeur de faire une proposition,
  29. en réponse à cette attente institutionnelle, dont ils ressentent la
  30. nécessité et l'importance.
  31.  
  32. Si la volonté de disposer d'une structure d'enseignement à l'usage des
  33. nouvelles technologie existe bel et bien au niveau des écoles et des
  34. universités, et donne lieu à des projets d'une envergure à la hauteur de
  35. l'urgence, il reste cependant que ce programme laisse de coté une très
  36. grande partie de la population.
  37.  
  38. S'il est important de former nos jeunes pour qu'ils deviennent un jour des
  39. citoyens capables d'utiliser à armes égales les nouveaux outils techniques
  40. développés aujourd'hui, ils n'ent seront capables que dans quelques années,
  41. années dont l'importance est capitale tant est grande la vitesse d'évolution
  42. de ces outils.
  43.  
  44. Le projet que nous présentons se veut être une réponse possible à l'urgence
  45. que nous ressentons d'un besoin de formation et d'information de la
  46. population adulte de ce pays.
  47.  
  48.  
  49. I. Motivations:
  50. ===============
  51.  
  52. Si la motivation principale qui conduit ce projet reste le besoin ressenti
  53. d'une formation large du public aux nouvelles technologies, cette motivation
  54. n'est pas unique, et relève d'autres convictions citoyennes partagées par
  55. les signataires de ce dossier.
  56.  
  57. a) Internet n'est pas le domaine exclusif du commerce électronique, et ne
  58. doit pas le devenir. Face à la puissance commerciale, pourtant, la seule
  59. motivation des utilisateurs citoyens ne suffit pas à éviter le risque
  60. d'une dérive vers le "tout-commerce", dérive ressentie comme un danger
  61. pour Internet de cesser d'être un média ouvert à l'expression de tous.
  62.  
  63. "Internet pour tous" ne doit pas devenir seulement "commerce électronique
  64. pour tous", mais aussi "Lieu d'expression publique ouvert à tous".
  65.  
  66. Pour affirmer ce point, il ne suffit pas selon nous de laisser-faire. Il
  67. faut donner à tous les moyens de s'approprier ce réseau, pour éviter que
  68. seuls les plus riches, ou les plus puissants, ne se l'approprient. L'un
  69. de ces moyens, celui que nous proposons, passe par la formation du plus
  70. grand nombre au plus grand nombre de techniques et d'outils.
  71.  
  72.  
  73. b) Notre volonté est d'apporter la connaissance de l'usage des réseaux au
  74. plus grand nombre. De ce principe découlent certains des choix que nous
  75. vous proposons:
  76.  
  77. - Les formations devront être gratuites pour tous les futurs élèves
  78. relevant de la fonction publique et pour les sans emploi, le financement
  79. doit être en grande majorité assuré par des fonds publics, la
  80. souscription et le bénévolat. L'appel au bénévolat doit permettre une
  81. réduction substantielle des charges et mettre les actions de formations à
  82. la portée du plus grand nombre.
  83.  
  84. - Les formateurs seront donc dans la mesure du possible et dans un premier
  85. temps des bénévoles, beaucoup des signataires s'engageant dès à présent à
  86. faire partie de ces derniers. Dans un second temps nous espérons que
  87. certains élèves suivront cet exemple et deviendront à leur tour des
  88. enseignants, pendant la poursuite de leurs études et dans le cadre des
  89. emplois-jeunes ou de contrats emploi-solidarité. Cette volonté de
  90. bénévolat ne se limite pas à l'esprit de partage déjà signalé, mais
  91. relève aussi d'une volonté de vouloir un enseignement fait par des
  92. professionnels en activité, évitant d'être enfermés dans un projet
  93. pédagogique figé et par nature inutile au bout de quelques mois.
  94.  
  95.  
  96. c) Un récent communiqué de l'Association des Utilisateurs d'Internet
  97. demande :
  98.  
  99. " Nous espérons que le déploiement des nouvelles technologie à l'école se
  100. fera dans un espace ouvert et varié afin que les élèves puissent apprécier
  101. que l'Internet n'est pas seulement le fait de un ou deux acteurs
  102. industriels, certes importants, mais au contraire un outil proposant une
  103. grande diversité aussi bien dans l'utilisation que dans les choix
  104. technologiques ; des solutions à base de logiciels libres sont à même de
  105. répondre à de nombreux besoins en matière d'enseignement tout en permettant
  106. d'économiser l'argent public et en assurant l'indépendance technologique
  107. des utilisateurs. "
  108.  
  109. Les signataires de ce projet ressentent très profondément ce danger.
  110. Toutes les informations publiques concernant les projets
  111. d'informatisation des écoles et la formation des enseignants mentionnent
  112. un seul et unique fournisseur logiciel, de même qu'un seul fournisseur
  113. d'accès à Internet. Nous ressentons cette unicité logicielle comme
  114. l'équivalent d'une proposition faisant de MacDonald's le seul fournisseur
  115. des cantines scolaires, et le choix d'un unique fournisseur d'accès comme
  116. un danger pour le pluralisme des moyens d'accès au réseau, garant pour
  117. les citoyens d'un accès toujours facile à l'édition d'information sur
  118. Internet.
  119.  
  120. Internet s'est créé grace à des techniques non-propriétaires, dites
  121. 'ouvertes', et des logiciels disponibles librement [Annexe 2] et
  122. gratuitement. Ce sont ces outils et cette volonté d'ouverture qui ont
  123. permis à des réseaux hétérogènes de se relier entre eux pour former un
  124. tout.
  125.  
  126. C'est cette volonté d'ouverture et l'usage de ces outils que nous
  127. souhaitons transmettre, et qui sont les garants d'un Internet pour tous.
  128.  
  129.  
  130. d) Il n'est pas, dans notre esprit, question de créer une institution
  131. pérenne. Le projet que nous proposons répond à une urgence, et en tant
  132. que tel n'est pas destiné à devenir une structure unique, ni définitive.
  133. Son objectif est de former le maximum de citoyens adultes avant qu'il ne
  134. soit trop tard, pas de créer une nouvelle école de la République.
  135.  
  136. En tant que modèle, nous entendons que toute l'expérience réunie lors de
  137. la création de ce projet soit publique et à même d'être réutilisée par
  138. des projets équivalents, partout sur le territoire où existeront des gens
  139. motivés pour défendre ce type de solution. Nous espérons qu'ils seront
  140. nombreux à agir ainsi, et certains des signataires déposeront ce même
  141. projet auprès de leurs instances régionales.
  142.  
  143.  
  144. Ces objectifs forment une grande partie de notre motivation, en particulier
  145. dans notre volonté de bénévolat. Ils définissent nos méthodes et nous
  146. semblent relever des mêmes notions d'entraide, de coopération et de
  147. solidarité qui ont permi la création et le développement d'Internet.
  148.  
  149. La plupart des évolutions du réseau ont vu le jour grâce au réseau lui-même
  150. - au partage de l'information que permettait Usenet (les forums publics de
  151. discussion) par exemple. L'évolution des systèmes d'informations doit
  152. beaucoup plus à Usenet et aux utilisateurs d'Internet qu'aux commerçants qui
  153. découvrent aujourd'hui ce que peut leur offrir ce réseau.
  154.  
  155. Ces notions coopératives ont contribué à forger ce qu'on peut appeler une
  156. 'identité' à une hypothétique 'société' du réseau. Partage de l'information,
  157. utilisation raisonnée du partage des ressources, et donc respect d'autrui,
  158. coopération dans la gestion de l'outil, ont été les bases de cette 'société'
  159. et forment une grande partie des notions de base admises par les signataires
  160. de ce projet.
  161.  
  162.  
  163. II. Objectifs:
  164. ==============
  165.  
  166. Notre projet est de constituer une ou plusieurs écoles, sur tout le
  167. territoire national, destinées à former des élèves à l'usage des réseaux de
  168. communication.
  169.  
  170. Cet objectif peut être atteint de plusieurs manières, et il existe
  171. aujourd'hui déjà des associations oeuvrant dans ce sens [Annexe 3], presque
  172. sans moyens et sans soutien institutionnel ou politique. Le projet présenté
  173. se veut être un appel au monde politique pour que soient reconnues au plus
  174. haut niveau de l'Etat l'importance et l'urgence de la formation du public à
  175. ces usages.
  176.  
  177. Cette reconnaissance doit passer par la création d'un fond d'urgence destiné
  178. à fonder la structure que nous proposons et à aider les structures
  179. existantes à se développer.
  180.  
  181. Nous demandons la création de ce fond, et la mise en place d'une structure
  182. nationale temporaire chargée de trouver les locaux nécessaires, de financer
  183. ou de fournir le matériel et les moyens physiques d'accès à Internet, en
  184. collaboration avec les représentants élus d'une fédération nationale
  185. d'associations régionales partageant les motivations ci-dessus énoncées, les
  186. signataires de ce projet s'engageant à créer cette fédération et à
  187. participer dans la mesure de leurs moyens, par l'apport de leurs
  188. connaissances et expertises, à la mise en place des structures régionales,
  189. ainsi qu'à créer le savoir, libre de droit, qui sera enseigné dans les
  190. écoles ainsi créées.
  191.  
  192. Nous n'entendons pas cependant créer une structure étatique qui ferait
  193. concurrence à un marché de la formation en pleine expansion et qui a sa
  194. raison d'être. Pour éviter ce risque, nous souhaitons limiter le futur
  195. public de nos écoles à des catégories socio-professionnelles différentes de
  196. celles qui fournissent la majorité des élèves des formations privées:
  197.  
  198. - En partenariat avec les IUFM, dans le cadre de programmes non prévus par
  199. eux ou en dehors de leurs moyens, ou par voie de contrats de partenariat
  200. en matière de formation entre universités et IUFM, le corps enseignant est
  201. notre objectif principal, puisque c'est pour lui que l'urgence est
  202. aujourd'hui la plus grande, et le risque de se voir imposer une culture
  203. mono-logicielle le plus élevé.
  204.  
  205. - Dans le cadre de la formation continue, en accord avec le Ministère de la
  206. Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et de la Décentralisation, les
  207. fonctionnaires qui seront de plus en plus sollicités pour utiliser ces
  208. réseau dans leurs relations avec les citoyens sont à l'évidence un
  209. objectif primordial pour toute école publique de l'Internet.
  210.  
  211. - Les associations, en tant que représentants de la société civile les plus
  212. à même d'apporter sur les réseaux des contenus francophones et citoyens,
  213. n'ont en général pas les moyens de former leurs membres à l'usage de ces
  214. réseaux. Il n'est pas selon nous souhaitable d'attendre les quelques années
  215. qui seront nécessaires pour que la culture de ce nouveau média atteigne la
  216. plus grande partie de la population, et donc les membres des associations,
  217. pour leur donner les moyens d'exprimer cette parole citoyenne aujourd'hui
  218. encore largement absente des réseaux.
  219.  
  220. - Peut-être dans un second temps, dans le cadre des stages de formation mis
  221. en place par l'ANPE, les chomeurs doivent, pour rester compétitifs sur un
  222. marché du travail dans lequel l'usage des réseaux électroniques ira en
  223. croissant, se former à cet usage. La structure que nous proposons se doit
  224. de répondre à cette nécessité non seulement pour fournir les bases utiles
  225. et nécessaires à une compréhension d'un média qui sera de plus en plus
  226. utilisé par les entreprises, mais aussi pour former des techniciens et de
  227. futurs professeurs à même de répondre à une demande croissante et à même
  228. d'enseigner à leur tour dans le cadre de ce projet, pendant la suite de
  229. leur formation, grace à des emplois-jeunes ou à des contrats
  230. emploi-solidarité qui leur permettront de poursuivre ces formations tout
  231. en prenant le relai des enseignants bénévoles.
  232.  
  233. - Enfin l'ouverture au public le plus large possible, non plus dans le cadre
  234. de formation mais dans l'optique d'une découverte et de la tenue de
  235. débats sur les implications sociales d'un réseau informatique mondial
  236. ouvert à tous, devra être possible dans un second temps, selon des
  237. modalités plus légères, telles que des démonstrations ponctuelles suivies
  238. de travaux dirigés et de débats animés par les volontaires bénévoles ou
  239. par des invités occasionnels, fonction des actualités du moment.
  240.  
  241. On le voit, il s'agit bien d'ouvrir des écoles de formation à l'usage des
  242. réseaux pour le plus grand nombre, en tenant compte des priorités définies
  243. par le gouvernement dans ses dernières déclarations, mais dans un objectif
  244. social, non commercial, fondé sur la volonté de ceux que Jean-Noël-Tronc,
  245. lors de sa déclaration, disait être les "meilleurs praticiens, extérieurs à
  246. l'administration et qui attendent beaucoup de l'Etat".
  247.  
  248. Si nous attendons beaucoup, c'est en raison de l'importance et de l'urgence
  249. ressentie. Nous proposons donc beaucoup à notre tour, en espérant voir
  250. l'Etat soutenir notre démarche.
  251.  
  252.  
  253. III. Structures & Moyens.
  254. =========================
  255.  
  256. IV. Programmes.
  257. ===============
  258.  
  259. V. Financement.
  260. ===============
  261.  
  262. Annexe 1:
  263. =========
  264.  
  265. Liste des signataires, Nom, Prénom, Qualités.
  266.  
  267. Annexe 2:
  268. =========
  269.  
  270. Logiciels libres :
  271.  
  272. Le système des droits d'auteurs a été "détourné", inversé, pour le
  273. développement des logiciels libres. Ces logiciels sont munis d'une
  274. licence qui, au lieu de limiter la diffusion ou l'usage du logiciel,
  275. protège au contraire ces droits au bénéfice de l'ensemble du public (les
  276. restreignant parfois uniquement pour certains types d'utilisations
  277. commerciales). Notons tout d'abord que bien que ce type de licence puisse
  278. s'appliquer à des logiciels exécutables diffusés sans leur code source,
  279. on ne parle de logiciel libre que lorsque le code source est diffusé
  280. conjointement avec le code exécutable, et qu'il est permis de le modifier
  281. et de le rediffuser. Il existe plusieurs types de licences libres. Une
  282. typologie complète dépasserait le cadre de cet article et nous nous
  283. limitons ici aux deux familles les plus connues.
  284.  
  285. La licence de type Berkeley autorise les utilisateurs à utiliser et
  286. rediffuser le logiciel et à modifier librement le code source, pour
  287. l'adapter, le corriger, y introduire de nouvelles fonctionnalités, ou en
  288. extraire des parties pour faire d'autres logiciels. Elle n'impose que de
  289. conserver avec le code une mention indiquant l'auteur original. Un
  290. inconvénient de cette très grande liberté, presque équivalente à celle du
  291. domaine public est que ces logiciels sont parfois détournés en version
  292. propriétaire commerciale, abusant de la popularité de la version libre et
  293. du travail des auteurs originaux, qui sont eux-mêmes privés des
  294. améliorations apportées à leur travail.
  295.  
  296. Pour éviter cette situation, le projet GNU de la Free Software Foundation
  297. [FSF] a développé la General Public Licence qui impose en outre que la
  298. licence s'applique également à toutes les oeuvres (logicielles) dérivées,
  299. et donc préserve également la liberté de ces oeuvres dérivées. Divers
  300. aménagements (la GPL pour bibliothèques logicielles ou LGPL) permettent
  301. néanmoins l'utilisation de composants libres pour la création d'oeuvres
  302. originales dans le secteur commercial.
  303.  
  304. (in: "Ressources libres et indépendance technologique dans les secteurs de
  305. l'information", Bernard Lang, INRIA.)
  306.  
  307. Annexe 3:
  308. =========
  309.  
  310. Liste des associations oeuvrant dans le domaine de la formation des adultes
  311. à l'usage des réseaux:
  312.  
  313. - Association "Initiative Diderot pour le développement", 8 rue Degas, 75016 Paris
  314.  
  315. - Université Ouverte, Maison des ensembles, 3 rue d'Aligre, 75012 Paris
  316.  
  317. - Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre (APRIL)
  318. 16, rue Edouard VAILLANT, 93400 Saint Ouen
  319.  
  320.  
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