Not a member of Pastebin yet?
Sign Up,
it unlocks many cool features!
- Projet d'Ecole gratuite de l'Internet pour tous.
- ________________________________________________
- Préambule:
- ==========
- Lors des rencontres d'Autrans de 1998, Jean-Noël Tronc, conseiller technique
- auprès du Premier ministre pour les nouvelles technologies de l'information,
- disait:
- " L'Internet pour tous se fera grâce à une logique de micro-projets nés de
- la base, mais impossibles à gérer de haut. Ce sont par exemple les
- enseignants qui ont des projets mais des moyens dérisoires qu'il faut
- aider. Comment mettre en place les structures adéquates, comment aider les
- collectivités locales, quels relais soutenir, quels laboratoires appuyer,
- quels modèles suivre ? "
- Le projet ici présenté ne se veut pas un micro-projet. Il s'agit d'un projet
- d'envergure, nécessitant une volonté politique forte dans le domaine de la
- formation aux nouvelles technologies. Il suppose que la volonté de faire
- entrer la France dans l'ère des réseaux électroniques se révèle être durable
- et soutenue par des moyens à la hauteur des ambitions.
- Il est originaire d'un ensemble d'acteurs d'Internet [Annexe 1], tant
- utilisateurs que professionnels, qui ont à coeur de faire une proposition,
- en réponse à cette attente institutionnelle, dont ils ressentent la
- nécessité et l'importance.
- Si la volonté de disposer d'une structure d'enseignement à l'usage des
- nouvelles technologie existe bel et bien au niveau des écoles et des
- universités, et donne lieu à des projets d'une envergure à la hauteur de
- l'urgence, il reste cependant que ce programme laisse de coté une très
- grande partie de la population.
- S'il est important de former nos jeunes pour qu'ils deviennent un jour des
- citoyens capables d'utiliser à armes égales les nouveaux outils techniques
- développés aujourd'hui, ils n'ent seront capables que dans quelques années,
- années dont l'importance est capitale tant est grande la vitesse d'évolution
- de ces outils.
- Le projet que nous présentons se veut être une réponse possible à l'urgence
- que nous ressentons d'un besoin de formation et d'information de la
- population adulte de ce pays.
- I. Motivations:
- ===============
- Si la motivation principale qui conduit ce projet reste le besoin ressenti
- d'une formation large du public aux nouvelles technologies, cette motivation
- n'est pas unique, et relève d'autres convictions citoyennes partagées par
- les signataires de ce dossier.
- a) Internet n'est pas le domaine exclusif du commerce électronique, et ne
- doit pas le devenir. Face à la puissance commerciale, pourtant, la seule
- motivation des utilisateurs citoyens ne suffit pas à éviter le risque
- d'une dérive vers le "tout-commerce", dérive ressentie comme un danger
- pour Internet de cesser d'être un média ouvert à l'expression de tous.
- "Internet pour tous" ne doit pas devenir seulement "commerce électronique
- pour tous", mais aussi "Lieu d'expression publique ouvert à tous".
- Pour affirmer ce point, il ne suffit pas selon nous de laisser-faire. Il
- faut donner à tous les moyens de s'approprier ce réseau, pour éviter que
- seuls les plus riches, ou les plus puissants, ne se l'approprient. L'un
- de ces moyens, celui que nous proposons, passe par la formation du plus
- grand nombre au plus grand nombre de techniques et d'outils.
- b) Notre volonté est d'apporter la connaissance de l'usage des réseaux au
- plus grand nombre. De ce principe découlent certains des choix que nous
- vous proposons:
- - Les formations devront être gratuites pour tous les futurs élèves
- relevant de la fonction publique et pour les sans emploi, le financement
- doit être en grande majorité assuré par des fonds publics, la
- souscription et le bénévolat. L'appel au bénévolat doit permettre une
- réduction substantielle des charges et mettre les actions de formations à
- la portée du plus grand nombre.
- - Les formateurs seront donc dans la mesure du possible et dans un premier
- temps des bénévoles, beaucoup des signataires s'engageant dès à présent à
- faire partie de ces derniers. Dans un second temps nous espérons que
- certains élèves suivront cet exemple et deviendront à leur tour des
- enseignants, pendant la poursuite de leurs études et dans le cadre des
- emplois-jeunes ou de contrats emploi-solidarité. Cette volonté de
- bénévolat ne se limite pas à l'esprit de partage déjà signalé, mais
- relève aussi d'une volonté de vouloir un enseignement fait par des
- professionnels en activité, évitant d'être enfermés dans un projet
- pédagogique figé et par nature inutile au bout de quelques mois.
- c) Un récent communiqué de l'Association des Utilisateurs d'Internet
- demande :
- " Nous espérons que le déploiement des nouvelles technologie à l'école se
- fera dans un espace ouvert et varié afin que les élèves puissent apprécier
- que l'Internet n'est pas seulement le fait de un ou deux acteurs
- industriels, certes importants, mais au contraire un outil proposant une
- grande diversité aussi bien dans l'utilisation que dans les choix
- technologiques ; des solutions à base de logiciels libres sont à même de
- répondre à de nombreux besoins en matière d'enseignement tout en permettant
- d'économiser l'argent public et en assurant l'indépendance technologique
- des utilisateurs. "
- Les signataires de ce projet ressentent très profondément ce danger.
- Toutes les informations publiques concernant les projets
- d'informatisation des écoles et la formation des enseignants mentionnent
- un seul et unique fournisseur logiciel, de même qu'un seul fournisseur
- d'accès à Internet. Nous ressentons cette unicité logicielle comme
- l'équivalent d'une proposition faisant de MacDonald's le seul fournisseur
- des cantines scolaires, et le choix d'un unique fournisseur d'accès comme
- un danger pour le pluralisme des moyens d'accès au réseau, garant pour
- les citoyens d'un accès toujours facile à l'édition d'information sur
- Internet.
- Internet s'est créé grace à des techniques non-propriétaires, dites
- 'ouvertes', et des logiciels disponibles librement [Annexe 2] et
- gratuitement. Ce sont ces outils et cette volonté d'ouverture qui ont
- permis à des réseaux hétérogènes de se relier entre eux pour former un
- tout.
- C'est cette volonté d'ouverture et l'usage de ces outils que nous
- souhaitons transmettre, et qui sont les garants d'un Internet pour tous.
- d) Il n'est pas, dans notre esprit, question de créer une institution
- pérenne. Le projet que nous proposons répond à une urgence, et en tant
- que tel n'est pas destiné à devenir une structure unique, ni définitive.
- Son objectif est de former le maximum de citoyens adultes avant qu'il ne
- soit trop tard, pas de créer une nouvelle école de la République.
- En tant que modèle, nous entendons que toute l'expérience réunie lors de
- la création de ce projet soit publique et à même d'être réutilisée par
- des projets équivalents, partout sur le territoire où existeront des gens
- motivés pour défendre ce type de solution. Nous espérons qu'ils seront
- nombreux à agir ainsi, et certains des signataires déposeront ce même
- projet auprès de leurs instances régionales.
- Ces objectifs forment une grande partie de notre motivation, en particulier
- dans notre volonté de bénévolat. Ils définissent nos méthodes et nous
- semblent relever des mêmes notions d'entraide, de coopération et de
- solidarité qui ont permi la création et le développement d'Internet.
- La plupart des évolutions du réseau ont vu le jour grâce au réseau lui-même
- - au partage de l'information que permettait Usenet (les forums publics de
- discussion) par exemple. L'évolution des systèmes d'informations doit
- beaucoup plus à Usenet et aux utilisateurs d'Internet qu'aux commerçants qui
- découvrent aujourd'hui ce que peut leur offrir ce réseau.
- Ces notions coopératives ont contribué à forger ce qu'on peut appeler une
- 'identité' à une hypothétique 'société' du réseau. Partage de l'information,
- utilisation raisonnée du partage des ressources, et donc respect d'autrui,
- coopération dans la gestion de l'outil, ont été les bases de cette 'société'
- et forment une grande partie des notions de base admises par les signataires
- de ce projet.
- II. Objectifs:
- ==============
- Notre projet est de constituer une ou plusieurs écoles, sur tout le
- territoire national, destinées à former des élèves à l'usage des réseaux de
- communication.
- Cet objectif peut être atteint de plusieurs manières, et il existe
- aujourd'hui déjà des associations oeuvrant dans ce sens [Annexe 3], presque
- sans moyens et sans soutien institutionnel ou politique. Le projet présenté
- se veut être un appel au monde politique pour que soient reconnues au plus
- haut niveau de l'Etat l'importance et l'urgence de la formation du public à
- ces usages.
- Cette reconnaissance doit passer par la création d'un fond d'urgence destiné
- à fonder la structure que nous proposons et à aider les structures
- existantes à se développer.
- Nous demandons la création de ce fond, et la mise en place d'une structure
- nationale temporaire chargée de trouver les locaux nécessaires, de financer
- ou de fournir le matériel et les moyens physiques d'accès à Internet, en
- collaboration avec les représentants élus d'une fédération nationale
- d'associations régionales partageant les motivations ci-dessus énoncées, les
- signataires de ce projet s'engageant à créer cette fédération et à
- participer dans la mesure de leurs moyens, par l'apport de leurs
- connaissances et expertises, à la mise en place des structures régionales,
- ainsi qu'à créer le savoir, libre de droit, qui sera enseigné dans les
- écoles ainsi créées.
- Nous n'entendons pas cependant créer une structure étatique qui ferait
- concurrence à un marché de la formation en pleine expansion et qui a sa
- raison d'être. Pour éviter ce risque, nous souhaitons limiter le futur
- public de nos écoles à des catégories socio-professionnelles différentes de
- celles qui fournissent la majorité des élèves des formations privées:
- - En partenariat avec les IUFM, dans le cadre de programmes non prévus par
- eux ou en dehors de leurs moyens, ou par voie de contrats de partenariat
- en matière de formation entre universités et IUFM, le corps enseignant est
- notre objectif principal, puisque c'est pour lui que l'urgence est
- aujourd'hui la plus grande, et le risque de se voir imposer une culture
- mono-logicielle le plus élevé.
- - Dans le cadre de la formation continue, en accord avec le Ministère de la
- Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et de la Décentralisation, les
- fonctionnaires qui seront de plus en plus sollicités pour utiliser ces
- réseau dans leurs relations avec les citoyens sont à l'évidence un
- objectif primordial pour toute école publique de l'Internet.
- - Les associations, en tant que représentants de la société civile les plus
- à même d'apporter sur les réseaux des contenus francophones et citoyens,
- n'ont en général pas les moyens de former leurs membres à l'usage de ces
- réseaux. Il n'est pas selon nous souhaitable d'attendre les quelques années
- qui seront nécessaires pour que la culture de ce nouveau média atteigne la
- plus grande partie de la population, et donc les membres des associations,
- pour leur donner les moyens d'exprimer cette parole citoyenne aujourd'hui
- encore largement absente des réseaux.
- - Peut-être dans un second temps, dans le cadre des stages de formation mis
- en place par l'ANPE, les chomeurs doivent, pour rester compétitifs sur un
- marché du travail dans lequel l'usage des réseaux électroniques ira en
- croissant, se former à cet usage. La structure que nous proposons se doit
- de répondre à cette nécessité non seulement pour fournir les bases utiles
- et nécessaires à une compréhension d'un média qui sera de plus en plus
- utilisé par les entreprises, mais aussi pour former des techniciens et de
- futurs professeurs à même de répondre à une demande croissante et à même
- d'enseigner à leur tour dans le cadre de ce projet, pendant la suite de
- leur formation, grace à des emplois-jeunes ou à des contrats
- emploi-solidarité qui leur permettront de poursuivre ces formations tout
- en prenant le relai des enseignants bénévoles.
- - Enfin l'ouverture au public le plus large possible, non plus dans le cadre
- de formation mais dans l'optique d'une découverte et de la tenue de
- débats sur les implications sociales d'un réseau informatique mondial
- ouvert à tous, devra être possible dans un second temps, selon des
- modalités plus légères, telles que des démonstrations ponctuelles suivies
- de travaux dirigés et de débats animés par les volontaires bénévoles ou
- par des invités occasionnels, fonction des actualités du moment.
- On le voit, il s'agit bien d'ouvrir des écoles de formation à l'usage des
- réseaux pour le plus grand nombre, en tenant compte des priorités définies
- par le gouvernement dans ses dernières déclarations, mais dans un objectif
- social, non commercial, fondé sur la volonté de ceux que Jean-Noël-Tronc,
- lors de sa déclaration, disait être les "meilleurs praticiens, extérieurs à
- l'administration et qui attendent beaucoup de l'Etat".
- Si nous attendons beaucoup, c'est en raison de l'importance et de l'urgence
- ressentie. Nous proposons donc beaucoup à notre tour, en espérant voir
- l'Etat soutenir notre démarche.
- III. Structures & Moyens.
- =========================
- IV. Programmes.
- ===============
- V. Financement.
- ===============
- Annexe 1:
- =========
- Liste des signataires, Nom, Prénom, Qualités.
- Annexe 2:
- =========
- Logiciels libres :
- Le système des droits d'auteurs a été "détourné", inversé, pour le
- développement des logiciels libres. Ces logiciels sont munis d'une
- licence qui, au lieu de limiter la diffusion ou l'usage du logiciel,
- protège au contraire ces droits au bénéfice de l'ensemble du public (les
- restreignant parfois uniquement pour certains types d'utilisations
- commerciales). Notons tout d'abord que bien que ce type de licence puisse
- s'appliquer à des logiciels exécutables diffusés sans leur code source,
- on ne parle de logiciel libre que lorsque le code source est diffusé
- conjointement avec le code exécutable, et qu'il est permis de le modifier
- et de le rediffuser. Il existe plusieurs types de licences libres. Une
- typologie complète dépasserait le cadre de cet article et nous nous
- limitons ici aux deux familles les plus connues.
- La licence de type Berkeley autorise les utilisateurs à utiliser et
- rediffuser le logiciel et à modifier librement le code source, pour
- l'adapter, le corriger, y introduire de nouvelles fonctionnalités, ou en
- extraire des parties pour faire d'autres logiciels. Elle n'impose que de
- conserver avec le code une mention indiquant l'auteur original. Un
- inconvénient de cette très grande liberté, presque équivalente à celle du
- domaine public est que ces logiciels sont parfois détournés en version
- propriétaire commerciale, abusant de la popularité de la version libre et
- du travail des auteurs originaux, qui sont eux-mêmes privés des
- améliorations apportées à leur travail.
- Pour éviter cette situation, le projet GNU de la Free Software Foundation
- [FSF] a développé la General Public Licence qui impose en outre que la
- licence s'applique également à toutes les oeuvres (logicielles) dérivées,
- et donc préserve également la liberté de ces oeuvres dérivées. Divers
- aménagements (la GPL pour bibliothèques logicielles ou LGPL) permettent
- néanmoins l'utilisation de composants libres pour la création d'oeuvres
- originales dans le secteur commercial.
- (in: "Ressources libres et indépendance technologique dans les secteurs de
- l'information", Bernard Lang, INRIA.)
- Annexe 3:
- =========
- Liste des associations oeuvrant dans le domaine de la formation des adultes
- à l'usage des réseaux:
- - Association "Initiative Diderot pour le développement", 8 rue Degas, 75016 Paris
- - Université Ouverte, Maison des ensembles, 3 rue d'Aligre, 75012 Paris
- - Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre (APRIL)
- 16, rue Edouard VAILLANT, 93400 Saint Ouen
Add Comment
Please, Sign In to add comment