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a guest Feb 17th, 2020 177 Never
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  2. Confronté à de nombreuses difficultés, le premier moyen-courrier chinois n’est pas près de décoller
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  4. La mise en service du C919 conçu par la Chine devrait encore être reportée. Dans l’immédiat, cet avion ne menace pas le duopole américano-européen.
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  6. Par Simon Leplâtre Publié le 13 février 2020 à 10h59 - Mis à jour le 13 février 2020 à 11h10
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  14. Article réservé aux abonnés
  15. Un Comac C919 décolle de l’aéroport international de Pudong à Shanghaï, le 17 décembre 2017.
  16. Un Comac C919 décolle de l’aéroport international de Pudong à Shanghaï, le 17 décembre 2017. China OUT/ AFP
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  18. Le premier moyen-courrier chinois, le C919 de Comac, ne devrait pas profiter des déboires de Boeing de sitôt. D’après une enquête de Reuters publiée le 10 janvier, le programme rencontre de graves problèmes qui devraient à nouveau retarder la mise en service commerciale du « grand avion chinois », comme l’appelle la presse locale. Si les retards sont courants dans l’aéronautique, ces nouveaux délais devraient limiter la capacité du C919 à venir concurrencer le 737 de Boeing et l’Airbus A320, aux caractéristiques similaires. S’il continue d’accumuler les retards, le C919 pourrait même être obsolète au moment de sa mise sur le marché : prévu pour coûter 10 % de moins que ses concurrents, il devrait consommer plus de kérosène.
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  20. Les nouveaux délais seraient dus à des erreurs de calcul des ingénieurs de Comac. D’après Reuters, les ingénieurs chinois ont sous-estimé les forces qui s’appliquent aux deux moteurs en vol, au risque d’entraîner une panne. Ils ont envoyé des informations erronées au producteur de ces moteurs, CFM, une coentreprise entre le français Safran et l’américain General Electric. Résultat, le moteur et sa nacelle devront être renforcés, aux frais de Comac. Le constructeur a aussi décelé des fissures dans les stabilisateurs horizontaux de l’empennage (la queue de l’avion), un problème résolu depuis. En 2018, l’avionneur chinois avait découvert que le système de transmission de l’appareil (gearbox) pouvait se fissurer, sous l’effet de violentes vibrations en vol.
  21. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pékin attend l’arrivée du moyen-courrier chinois C919 pour réduire sa dépendance à Airbus et Boeing
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  23. Le dernier objectif officiel était une certification « d’ici deux ou trois ans », avait déclaré un responsable de l’entreprise aux médias chinois en septembre 2019. Soit une certification à l’horizon 2021 ou 2022. Deux ans et demi après son premier vol, le C919 a effectué moins d’un cinquième des heures de vol requises pour recevoir l’agrément de l’administration de l’aviation civile de Chine. Lors du lancement du projet, en 2008, le pays espérait voir Comac livrer le premier avion en 2014.
  24. Convaincre les compagnies étrangères
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  26. Cet optimisme s’explique en partie par le succès du TGV chinois, estime Jean-François Dufour, directeur de la société de conseil DCA Chine-Analyse : « Autour de 2005, il y a eu des accords avec les constructeurs étrangers, Kawasaki, Bombardier et autres, il y a eu captation de technologie, et au bout de quatre à cinq ans, la Chine avait son propre train à grande vitesse capable de les concurrencer. Ils ont dû penser que le même scénario pouvait se dérouler dans l’aéronautique. Mais si le ferroviaire est déjà complexe, avec l’aéronautique on passe encore à un autre niveau, c’est extrêmement compliqué à maîtriser », explique ce spécialiste de l’industrie chinoise.
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  28. Pour l’analyste, si les retards à la conception sont classiques, les délais sont plus spécifiques à la Chine. « Les autorités chinoises sont passées de deux ans de certification prévus à au moins quatre ans aujourd’hui. Je pense qu’il y a dû y avoir une prise de conscience que c’est plus compliqué que ce qu’elles pensaient. » Pour lui, l’échec du 737 MAX pourrait mettre encore plus de pression : « Il est évident que pour Comac qui se lance, et dont l’image attachée à la Chine, n’est pas forcément favorable auprès du public étranger, un problème de ce type serait absolument catastrophique. Donc les autorités vont être encore plus exigeantes en termes de certification. »
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  30. Ces nouveaux retards ne devraient toutefois pas avoir de conséquences catastrophiques pour Comac, puisque l’avionneur peut compter sur 815 commandes déjà acquises auprès compagnies aériennes et d’affrètement (leasing) chinoises, imposées par Pékin. Convaincre les compagnies étrangères devrait prendre plus de temps. L’avion devra d’abord être certifié par les différentes administrations, puis le constructeur devra mettre en place un réseau de maintenance et de formation des pilotes. « Il faudra sans doute attendre une deuxième version du C919 pour le voir prendre des parts de marché à l’international », estime M. Dufour.
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