Louis854

science po chap 6

Dec 9th, 2018
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  1.  
  2. Science politique
  3. Chapitre 5 – L’action collective :
  4. S’engager militer protester.
  5.  
  6. Dans les démocraties républicaines, la forme de participation la plus valorisée est le vote, dans la mesure où les représentants tirent leur légitimité des élections. Mais d’autres formes de participation, hors des périodes électorales : l’action collective.
  7. Le militantisme par exemple, exprime une adhésion à une participation de manière plus institutionnelle et durable. Action collective → multiple : contre le mariage pour tous, barrage de Siévens, buralistes → groupes d’intérêts qui cherchent à entendre leur voix et à peser sur les gouv.
  8.  
  9. Ce qu’on appelle action collective c’est que Eric Neveu appel un « agir ensemble intentionnel ».
  10. La sociologie de l’action collective montre que tout grief ou tout intérêt ne conduit pas forcément à une action collective → ensemble de groupes qui auraient intérêt à se mobiliser et qui ne le font pas : ex : chômeurs.
  11. Lié au fait que pour se mobiliser il faut mobiliser une identité. Voir Leçons d’introduction à la science politique. Une mobilisation ne résulte pas que d’un mécontentement, analyser spécifiquement le passage à l’action collective qui ne va pas de soi → une des questions de recherches est : comment passe-t-on de l’exaspération individuelle à l’émergence d’une cause collectivement défendue ? Pourquoi certains groupes se mobilisent-ils plus que d’autres ?
  12. Exemple : traditions protestataires dans certains groupes tel que chez les agriculteurs. Question des rapports publiques à l’action collectives et des normes.
  13. On va s’intéresser aux formes prises par l’action collective. On ne se mobilise pas de n’importe quelle manière → il existe des formes stabilisées et routinisées d’action collectives comme avec la manifestation. La science po s’intéresse aux objets d’action et de protestation : pourquoi se mobilise-t-on et pour quoi ? Question sur la nature de l’action collective, enjeux qui n’existaient pas il y a 50 ans ex lié à l’env.
  14.  
  15. Section 1 – Définition de l’action collective.
  16. Revoir définition d’Éric Neveu, action collective : action concertée d’un ensemble d’acteurs dans une logique de revendications, de défense d’un intérêt matérielle ou d’une cause. Se distingue d’autres formes de revendications comme celles des groupes d’intérêts dans la mesure où ne s’inscrit pas dans une structure stable.
  17. Distinguer action collective ponctuelle/éphémère des autres institutionnalisées. D’autres auteurs parlent de « mouvements sociaux » → actions collectives d’une plus grande ampleur → entreprises collectives qui visent à établir un nouvel ordre de vie.
  18.  
  19. A partir de quand on considère qu’une action collective est un mouvement social ?
  20. Ex : émeutes de 2005, mouvement social ? Dimension politique ?
  21. Les formes d’actions collectives ont tendance à privilégier l’Etat comme interlocuteur (comme ensemble des pouvoirs publics).
  22. Ex : quand des syndicats de salariés protestent, ils vont plutôt aller vers les élus plutôt que vers les organisations patronales, surtout en France. Tendance à la nationalisation de l’action collective → on se tourne vers l’Etat central et non les pouvoirs locaux.
  23. Paragraphe 1 – Les traditions classiques de l’action collective.
  24. Traditions d’analyses de l’action collective anciennes :
  25. Tradition marxiste : action collective produit de la lutte des classes + des inégalités sociales + prise de conscience de ces inégalités → procède de la lutte de domination sociale. Histoire de France ponctuée d’« excès de fièvres hexagonales » pour Michel Vinal → révolution, mai 68, grèves.
  26. Limite : ne permet pas de comprendre pourquoi les dominés ne se rebellent pas plus. Ex : société de + en + inégalitaire alors que conflictualité sociale baisse (sauf depuis 2016 : Loi El-Kohmri).
  27. Tradition libérale : Voir David Truman qui a réfléchit aux « groupes d’intérêts » → il pense que tout intérêt est voué à terme à trouver un mouv/action collective pour le défendre → action collective produit des intérêts.
  28. Théoriciens de la société de masse de l’Ecole de Francfort → relient les mobilisations collectives aux effets des changements sociaux-économiques.
  29. Ex : urbanisation, industrialisation, crise éco, conflits.
  30. Complexification des analyses : approche socio qui montre que l’action collective n’est qu’une option et souvent la plus « improbable » parmi d’autres lorsqu’un individu ou un groupe éprouve des insatisfactions où se sentent victimes d’une injustice.
  31. Pourquoi/comment/pour quels enjeux se mobilise-t-on ?
  32. Paragraphe 2 – Les déterminants de l’action collective.
  33. 2 approches des déterminants de l’action collective :
  34. Une approche psychosociologique qui se développe fin XIXème, qui relève de la « psychologie des foules » de Gustave Le Bon → foule irrationnelle.
  35. Fin XIXème : apparition de la société de masse : où avec la massification de la classe ouvrière + élargissement SU (suffrage universel) + formes d’organisations collectives → ↗ phénomène explicatif de la « foule ». Ils les analysent comme des « irruptions colériques et irrationnelles » → analyse l’unité mentale des foules qui fait perdre aux individus tout libre-arbitre → pouvoir des foules hypnotiques où les individus libèrent leurs instincts.
  36. Une approche fondée par les théoriciens de la frustration relative : analyse de Ted Gurr qui dans un ouvrage de 70 « Pourquoi les hommes se révoltent-ils » → hypothèse est que c’est la frustration relative qui est à l’origine de l’action collective → résulte d’un décalage entre des attentes socialement construites et la perception du présent, de l’écart entre ce que l’individu estime avoir droit et ce qu’il reçoit en réalité → ↗ frustration → ↗ violence. 3 situations sont propres à encourager la révolte (identifie contextes propices à la frustration relative) :
  37. Crispation économique lorsque les biens écos diminuent alors que les attentes sont stables.
  38. Contexte de diffusion de normes de consommation lorsque les attentes augmentent alors que les biens disponibles stagnent. Ex : mai 68 ↗ actions collectives alors que situation éco stable (pas encore la crise) mais décalage entre attentes sociétales (mœurs, sexualité) et rapport au monde des jeunes étudiants.
  39. Lorsqu’une situation de récession succède à une période de prospérité, et que se combine attentes + fortes et biens en diminution.
  40.  
  41. Dans ces modèles, la dimension psychologie est essentielle avec la psychologie des foules et l’irrationalité d’un côté, et la frustration d’un autre côté → analyses rudimentaires → on va s’intéresser à des dimensions + sociologique.
  42. Paragraphe 3 – Le paradoxe de l’action collective : l’intérêt à agir.
  43.  
  44. 1) Le modèle du participant intéressé : des mobilisations rationnelles.
  45. Analyse du paradoxe de l’action collective : voir travaux de Mancur Olson dans « Logiques de l’action collective » : développement lecture utilitariste et économiste des mouvements sociaux → modèle proche de celui de l’électeur stratège/rationnel (dans la sociologie anglo-saxonne de l’individu calculateur). L’individu est égoïste et calculateur → il n’agit que pour son intérêt individuel.
  46. Limite : mobilisation d’organisations humanitaires à défendre par exemple des migrants à Calais. Pourquoi les individus ne se révoltent-ils pas plus souvent ? → Pour Olson, improbabilité de l’action collective, il n’est pas rationnel de se mobiliser, les participants potentiels n’ont pas forcément intérêt à agir ensemble. Car :
  47. Action collective à un coût (temps, énergie) ex : grévistes qui n’ont pas de paye
  48. Gains attendus sont très hypothétiques ex : mobilisation contre une loi telle que Mariage pour Tous.
  49. Tentation est alors plutôt de ne rien faire + il est plus rationnel d’être spectateur et de laisser les autres se mobiliser → « free rider » (passager clandestin) petit malin qui ne fait rien et qui attends que les autres s’engagent → celui qui reçoit les bénéfices de l’action sans en subir les coûts.
  50. Ex : celui qui ne va pas faire grève mais qui va quand même avoir les bénéfices de la grève des autres par son impact collectif.
  51. Limite : si tout individu réalise ce calcul préalable, l’inaction devient générale et condamne de fait le mouv/action collective. Pour Olson donc, logique de coût/avantage, et l’engagement dans l’action collective est selon lui tributaire du bénéfice attendu.
  52.  
  53. 2) Les incitations sélectives.
  54. Conclusion : pour encourager l’action collective, il faut produire des incitations sélectives : les entrepreneurs de mobilisation (les meneurs) vont chercher à construire la viabilité de l’action collective → ils ont intérêt à augmenter les avantages des militants actifs et à renforcer les coûts de la non-participation en distribuant des biens matériels et symboliques de manière sélective.
  55. Langage utilisé très économique (approche économiste). Idée qu’il faut donner des avantages à ceux qui participent : surtout symbolique par la valorisation de la participation à travers la convivialité et la reconnaissance.
  56.  
  57. Très souvent on observe que des militants tirent des avantages de leur engagement → matériels tel que voyage, tickets restaurants, et symbolique tel que l’estime de soi, la rencontre, faire la fête, se cultiver. Les responsables d’organisations militantes sont conscients de ça et les avantages sont là pour contrebalancer les coûts.
  58. Une action collective pour émerger et durer à intérêt donc à produire des incitations collectives moins individuelles à l’action. Facteur d’intégration sociale → participer à une action collective c’est participer à une action sociale.
  59. Cette manifestation ne produit pas seulement un bien matériel mais des gratifications d’ordre moral ou de sociabilité. Elle peut générer un sentiment de fierté ou d’appartenance, de l’estime de soi que Gaxie appelle les « rétributions symboliques du militantisme ».
  60. La théorie de la mobilisation des ressources avec un auteur comme Oberschall dis que « la mobilisation désigne le processus par lequel un groupe mécontent assemble et investit ses ressources dans la poursuite de buts propres ». Si pas de ressources pas d’action collective.
  61. Montre que la mobilisation est d’autant plus probable que le groupe mobilisé est au départ organisé et intégré (dimension horizontale), d’autant plus probable que le groupe soit isolé de la société globale (dimension verticale) et qui cherche donc à sortir de l’isolement par la manifestation collective.
  62.  
  63. L’auteur américain David Snow montre que les individus rejoignent rarement un mouvement en lui-même et de leur propre initiative et insiste sur le propre des réseaux, souvent sollicité pour participer à certaines activités et souvent ce n’est qu’après avoir participé une première fois à l’action collective qu’ils découvrent les justifications de cette action. Les réseaux et le contexte relationnel explique le passage à l’action collective, et si l’action n’existe pas les réseaux sont plus fragiles.
  64.  
  65. 3) Les opportunités politiques : effets de conjoncture.
  66. La structure des opportunités politiques : effet de contexte ou conjoncture → ce qui détermine l’action collective ce sont des éléments de contextes, plus ou moins favorable qui vont la déclencher tel que mécontentement latent qui vont par le biais d’un évènement vont déclencher l’action collective.
  67. La mobilisation d’un groupe ne dépend pas seulement des ressources dont il dispose mais des ouvertures et des points faibles du système politique qui le rend plus ou moins réceptif ou vulnérable à la protestation.
  68. Exemple : quand il y a des élections qui arrivent, plus de mouvements sociaux, car pouvoir plus fragile. Quand une action collective déclenchée par évènements : voir émeutes de banlieues de 2005.
  69.  
  70. Section 2 - Comment se mobilise-t-on ?
  71. Paragraphe 1 – Le choix des modes d’action.
  72. On pourrait dire que les formes d’action collective sont infinies : la manifestation, l’occupation de lieux publiques, les pétitions, les sitting, le lobbying, les colloques, tracts, marches, grèves de la faim, émeutes, blocages de rues ect.
  73. Mais les sociologues démontrent que cette liberté est trompeuse → les acteurs mobilisés n’agissent pas de n’importe quelle manière.
  74. Ex : Pas de manifestations de patrons, qui préfèrent des modes d’actions en coulisse plus discret car n’appartient pas aux traditions de formes d’action collectif patronal.
  75.  
  76. La notion de répertoire d’action collective est en ce sens très utile → expression de Charles Tilly montre que les registres d’action sont bornés à un horizon possible et pensable déterminé par le passé et des traditions. La notion s’oppose à l’idée d’une totale spontanéité et fluidité de l’action collective. Dans le choix des modes d’action, le principe de familiarité est plus structurant que celui de l’efficacité. Répertoire : « ensemble de moyen de protestation auquel recourt les groupes sociaux à un moment donné de l’histoire ».
  77. Certains groupes vont privilégier certains moyens qu’ils jugent plus légitimes, plus efficaces et plus conformes à leur identité. Il y a des facteurs qui pèsent sur la définition du répertoire :
  78. Le cadre juridique : choses qu’il est possible de faire ou ne pas faire, question de la légalité, mais aussi tolérance des services publiques vis-à-vis de certains groupes (agriculteurs) plutôt qu’à d’autres.
  79. Caractéristiques de fonctionnement du groupe protestataire et ses ressources : on va valoriser ses ressources à travers l’action collective.
  80. Le modèle de répression qui domine dans la société considérée : exemple en Egypte manifestants qui se concentrent sur la place Tahrir pour éviter que la répression se fasse dans les coulisses. Pas la même chose de se mobiliser en Egypte où la torture est utilisée plutôt qu’en France.
  81. Paragraphe 2 – Les répertoires de l’action collective.
  82. 3 répertoires de l’action collective selon Michel Oferlé :
  83. Le nombre : faire masse pour attester de la représentativité de la cause. Aussi logique d’efficacité car le nombre détermine le niveau de nuisance matérielle ou symbolique. Dilemme : si les salariés de la SNCF ou les camionneurs perturbent trop largement les citoyens, mobilisation devient impopulaire, or force de l’action collective repose dans le fait de susciter l’adhésion des autres. L’usage du nombre est variable selon les contextes, en fonction de la population concernée au départ. La manifestation constitue la forme d’usage du nombre la plus banalisée.
  84. Manif : occupation momentanée par un groupe d’un lieu ouvert public ou privé qui vise à exprimer une opinion politique ou à manifester une protestation.
  85. La perception de la manif a changé → fin XIXème considérée presque comme une émeute, elle inquiétait. Aujourd’hui, c’est une forme reconnue, encadrée et routinisée de participation. Il y a un droit de manifestation, avec procédures à suivre ect. Occuper la rue et manifester en nombre permet de montrer que la cause est légitime et d’interpeller les pouvoirs publics. Très souvent, elle va se terminer dans un lieu symbolique. En moyenne en France, il y a en moyenne une manifestation par jour dans Paris, il peut arriver qu’il puisse en avoir plusieurs par jour et en tout par an plus de 1000.
  86. Le succès des manifestations dépend largement de l’écho médiatique qu’ils reçoivent → c’est ce que Patrick Champagne appel les manifestations « de papier » (au sens de presse) → idée est que la manif doit faire parler d’elle-même et où le nombre compte.
  87. La culture de la manifestation a longtemps été spécifique à la gauche. Les grandes manifestations contre le Mariage pour Tous en 2012 et 2013 ont montrés qu’il y avait une forme de généralisation de la manif à toutes les sensibilisations des formes politiques. On peut décliner le nombre avec par exemple le nombre de likes sur Facebook.
  88. L’appel à l’expertise : certains groupes n’ont pas la possibilité de peser par le nombre, donc de démontrer leur capacité de mobilisation par cela. Parfois, la culture du nombre n’est pas forcément dans la culture du groupe mobilisé → certains décident/sont contraints d’opérer sur des arènes plus discrètes en ayant recours à d’autres modes de mobilisation.
  89. Expertise : produire des connaissances sur un sujet, mobiliser des experts et des ressources. Ce mode d’action est très valorisé dans une société de connaissance. Dans une société où il y a de plus en plus d’experts, ce recours à l’expertise c’est enrôler des experts, produire des connaissances à travers des colloques, des appels scientifiques.
  90. Mode de mobilisation peut être combiné avec le nombre, les modes de mobilisation ne sont pas exclusifs les uns des autres.
  91. Exemple : tout ce qui tourne autour de l’écologie car vu qu’ils sont minoritaires en nombre ils vont utiliser l’arme de la science → ils cherchent à objectiver la réalité de manière chiffrée comme on le voit à partir de la question du réchauffement climatique où s’affronte expertise, ils vont enrôler des juristes hétérodoxes qui contestent la doxa générale. Voir combat contre le tabagisme aux USA, débat autour de l’homoparentalité.
  92. Le scandale : idée que de plus en plus les groupes d’action collective cherche à provoquer, édifier l’action publique. Ils cherchent à marquer les esprits en spectacularisant l’action collective → la scandalisation.
  93. Les stratégies scandaleuses correspondent à 2 situations :
  94. Les actions qui cherchent à faire scandale par le mode d’action lui-même (grève de la faim, démontage d’un McDo, destruction de récolte, suicide).
  95. Ça peut être des groupes qui ont peu de ressources et beaucoup d’imagination. Ex : voir actUp qui lutte contre le SIDA et pour les homosexuels en mettant un grand préservatif sur l’obélisque de la concorde.
  96. Ça peut être aussi une action qui va énoncer qu’il y a scandale en décrivant une situation scandaleuse, la montrant, la télévisant → exemple entrer dans une centrale nucléaire.
  97. Les stratégies scandaleuses sont une forme d’action efficace notamment quand cause difficile à défendre car enjeu peu accessible ou quand concerne cas individuels peu représentés et méconnus. Les journalistes sont des acteurs décisifs pour faire exister une cause, pour la publicisée, ils ont le pouvoir de faire passer les revendications collectives de la confidentialité au tribunal de l’opinion publique. Les médias constituent de plus en plus des cibles directes de l’action collective.
  98.  
  99. Section 3 - Pour quelles causes se mobilisent-t-on ?
  100. A partir de la fin du XIXème, avec l’industrialisation et l’urbanisation des sociétés, les mobilisations collectives sont fortement liées au mouvement ouvrier et à la sphère de la production.
  101. Ex : portent sur les revendications salariales, le droit du travail ou la protection sociale.
  102. Pour le marxisme, les mouvements sociaux sont la traduction des rapports de domination même s’ils sont indexés sur la prise de conscience des inégalités de classe. Pour qu’il y ait passage à l’action collective, il faut collectivisation et conscientisation.
  103. Paragraphe 1 – L’émergence des valeurs post-matérialistes.
  104. La société post-indus dans laquelle on vit a fait émerger de nouveaux acteurs sociaux et de nouveaux enjeux. Une nouvelle théorie a émergé, celle des nouveaux mouvements sociaux dont le représentant en France est Alain Touraine. Il nous dit que le thème des mouvements sociaux émerge dans les années 60, au moment où le mouvement ouvrier perd le monopole des grandes mobilisations sociales. Dans années 60 de nouveaux mouvements sociaux apparaissent de 4 types :
  105. Le féminisme
  106. Les mouvements étudiants
  107. Le régionalisme
  108. L’écologisme
  109.  
  110. Ces mouvements sont liés à une nouvelle société où les valeurs post-matérialistes prennent une place nouvelle, avec une nouveauté qui tient à une forme d’organisation, une faible centralisation, fonctionnement en assemblée générale, refus de la délégation pol et de la concentration du pouvoir. Se distingue par de nouveaux objets de revendications → plus qualitatif et identitaires.
  111. Alain Touraine s’inscrit dans la tradition marxiste et la dépasse. Pour lui, la société moderne est toujours le lieu d’un affrontement entre des grands acteurs collectifs même si ce ne sont plus pour lui des classes sociales.
  112. Il existe toujours dans la société de grands mouvements sociaux qui portent un projet de changement social et qui fond l’histoire, porteur d’historicité. Pour Touraine dans les années 60 nouveaux mouvements sociaux porteur d’historicité qui vont infléchir le cours du monde, porter des nouvelles valeurs. Pour lui, les enjeux de l’action collective se déplacent car les conditions de vie s’améliorent.
  113. Les sociétés contemporaines voient émerger de nouveaux clivages, au 19ème siècle les clivages étaient la classe sociale, la nation, l’école, la religion, les conditions matérielles mais de nouveaux enjeux apparaissent, de nouvelles fractures comme l’environnement l’égalité des sexes, la liberté des sexes, le désarmement, et les luttes urbaines, la reconnaissance pour la dignité avec des enjeux identitaire : le sexe, la religion, la culture.
  114.  
  115. Cette théorie a suscité beaucoup de critique. Les thèmes sont souvent antérieurs aux années 1960, le régionalisme de la même manière, il y a une histoire plus longue. Les revendications matérialistes n’ont pas disparues et reste quantitativement dominantes.
  116. Olivier Filleule montre que les manifestations de rue en France restent encore dominées par des revendications matérielles relatives au salaire, à l’emploi, au travail.
  117. Certes il y a un déclin des grèves et une forme d’effacement des conflits de classe. Au milieu des années 2000, 250 000 journées non travaillées pour fait de grèves, à la fin des années 70 c’était 4 millions. Pour autant, on ne peut pas conclure à un déclin de la conflictualité au travail. Il y a toujours des revendications, même si elles prennent des revendications différentes elles n’ont pas disparues.
  118. Il y a une multiplication des causes, et un développement de l’action collective et des enjeux de l’action collective.
  119. Les transformations du militantisme : quelles # entre actions collectives et militantisme : le militantisme suppose un engagement dans un temps plus ou moins long, forme de durabilité dans le militantisme et dans un cadre plus institutionnalisé. Un militant, c’est quelqu’un qui adhère à une organisation.
  120.  
  121. L’engagement est aussi source de bénéfices matériels et symboliques : les associations procèdent à des incitations sélectives pour nourrir le militantisme comme la possibilité de côtoyer des dirigeants, des avantages matériels qui permettent de compenser l’action.
  122. Le militantisme est une activité discontinue qui dépend de l’articulation des diverses sphères de vie de l’individu → un individu est définit par sa sphère professionnelle, familiale, amoureuse, amicale et sa capacité à s’engager et fonctions de l’articulation de la sphère de vie.
  123. Paragraphe – La mutation des causes mobilisatrices.
  124. Aujourd’hui on parle beaucoup d’un déclin du militantisme : au fond, l’ère des militants seraient révolue.
  125. Il y a incontestablement un déclin d’un militantisme traditionnel que l’on observe à travers le déclin du communisme qui comptait plus de 800 000 militants dans les années 70, il y a une baisse du militantisme à gauche. Il y a un déclin incontestable du syndicalisme, le taux de syndicalisation en France tourne autour de 5 et 6%.
  126. Dans les pays scandinaves le syndicalisme est obligatoire. Néanmoins on observe plus une mutation de l’engagement pol qu’un déclin puisqu’on a jamais eu autant d’associations en France, et il y a une transformation des modes d’engagement → analyse dans la matière développée par Jacques Ion qui développe la thèse de l’émergence d’un engagement distancié : on passe d’un engagement collectif, communautaire, discipliné, dont l’engagement au parti communiste était le modèle à un engagement plus individualisé, plus distancié, plus intermittent et moins centré sur les organisations traditionnelles.
  127. Aujourd’hui les citoyens privilégient un engagement plus ponctuel, plus pragmatique avec la fin des idéologies et plus fragile → moins durable dans une même organisation. Transformation des enjeux de l’engagement → on va moins s’engager dans les partis pol qui sont délégitimés, professionnalisés mais on va s’engager dans l’humanitaire, le caritatif, la défense des droits de l’Homme ou alors dans des syndicats moins institutionnalisés. Individu plus soucieux de leur individualité, vont chercher à valoriser leurs compétences dans le militantisme → on assiste à une crise des grandes nébuleuses d’engagements traditionnelles : pour Ion 3 nébuleuses d’engagements :
  128. Le parti communiste autours de l’engagement ouvrier.
  129. La nébuleuse laïque : syndicats étudiants, enseignants, amicales laïcs, ligue des droits de l’Homme.
  130. Engagement catholique : avec bcp d’associations et structures.
  131.  
  132. Conclusion : On voit apparaître un engagement plus individualisé et atomisé.
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