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- Je suis ouvert à l'hiver sec, aux brises légères, aux vents brisés.
- Je suis ouvert au destin vague, je vois des versets-blagues qu'il s'évertue à rendre vrais.
- Je suis Jouvert, le fou, je me perds et rejoue.
- Il est ouvert, le chemin des possibles. Il sinue, ses suites se font centaines, se dispersent, s'escamotent. Si je les assemblais, en bouquet, sous une porte...
- Il est tout vert, le paradis derrière la porte. Aïe, mais le portail est donc fermé, tout verrouillé, et le verrou en est rouillé.
- Il est tout de verre, le palais où je parlote. Là où règne notre Minerve, notre Freyja, qui ferait la frayeur des jötunns. Le tyran qui m'épargna. Ainsi je demeure dans la demeure où les dieux meurent. Je muse, je l'amuse, je m'use mais on ne me musèle pas.
- Je suis ouvert aux quolibets comme aux vivats, mais plus encore aux idées vives.
- Louve erre ; je suis, comme un chiot sa mère, par-delà les mers, et la regarde détruire les empires, démettre les émirats, calcifier les califats.
- La suie, l'eau verte restent sur les terres dévastées, et un éther délétère fait de regrets.
- Et moi, je suis...où ? Vers les nœuds du temps les plus serrés, toujours.
- Je suis ouvert aux susurrements des esprits, et je les reverse dans l'oreille de ma reine guerrière, pour infléchir sa marche implacable, contre le vent ou vers le Levant.
- Je souille vérité de mensonge, et mensonge de vérité. Ainsi mes mots sont mêlés à ceux des mânes, et nul ne sait les discerner.
- ...Ou je suis saoul, verres et bouteilles ont eu raison de ma raison.
- Je suis sous verre, piégé à la surface d'un monde, mais levant les yeux je vois le suivant à travers le plafond.
- Je sue, oui, verse sang et eau pour tutoyer ce toit, le tuer, le voir ployer, persévérer jusqu’à percer le verre.
- J'essuie aversion et méfiance, mes méfaits me feront momifié, mais peu me chaut d'être châtié.
- Je suis adverse et je suis aide vraie.
- Je suis à deux vers de la fin de ma chanson. Que dire encore ?
- Ah oui, je suis ouvert à ma lignée, je suis à Werner et à Auahi.
- Je suis aux vers et aux corbeaux qui vont croquer mon corps tantôt, mais tant que je suis yeux ouverts, je suis voué à mes pairs, aux mères, aux pères, aux hères. Je suis Jouvert ; j'ai bien rêvé.
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