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  12.  
  13. L'Histoire, no. 344
  14. SPÉCIAL RUSSIE, mercredi 1 juillet 2009 2983 mots, p. 40
  15. L'AUTOCRATIE
  16.  
  17. La splendeur des Romanov
  18.  
  19. Marie-Karine Schaub
  20. Les Romanov prennent le pouvoir en 1613. Leur dynastie va régner sur la Russie pendant trois cents ans. C'est le temps des grands tsars qui, comme Pierre le Grand ou Catherine II, renforcent l'autocratie au nom de la modernisation du pays.
  21.  
  22. A partir du XVIIe siècle et jusqu'à l'abdication de Nicolas II en 1917, l'histoire de la Russie se confond avec celle des Romanov. Les plus célèbres souverains de cette dynastie, Pierre le Grand, Catherine II ou Alexandre Ier, mais aussi leurs prédécesseurs Michel Romanov ou Élisabeth Petrovna ont consolidé le système autocratique.
  23.  
  24. Caractérisé par une forme autoritaire de gouvernement, où l'ensemble du corps social est soumis au pouvoir suprême, le système politique russe est fondamentalement différent des despotismes européens ou de la monarchie absolue française. Le fonctionnement des institutions et la pratique politique des souverains rendent en effet impossible l'émergence de contre-pouvoirs, et l'organisation sociale est fondée sur le servage*.
  25.  
  26. Toutefois, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, ce système politique figé se modernise avec l'ouverture de la Russie sur l'Europe et la constitution d'une noblesse au service du souverain. L'élection au trône en février 1613 de Michel Fedorovitch Romanov par l'assemblée du pays (zemsky sobor) met fin au « temps des troubles » (cf. p. 42) et permet à l'autocratie moscovite de se reconstruire. Sous le règne de Michel, de son fils Alexis et de son petit-fils Fedor, la fonction de tsar* est sacralisée grâce à tout un arsenal de textes politiques et surtout de rituels monarchiques ou curiaux qui font du souverain russe l'homologue de Dieu sur Terre. Mais l'assemblée du pays détient toujours un rôle prépondérant. C'est elle qui, en 1649, est chargée de rédiger un nouveau Code de loi (« les Établissements ») pour remplacer celui qui avait été instauré sous Ivan le Terrible. En vigueur jusqu'en 1833, le Code définit juridiquement les groupes sociaux et attache de manière définitive les paysans aux terres des propriétaires fonciers.
  27.  
  28. Face à ce renforcement du servage et à la colonisation de nouveaux territoires aux dépens de populations locales (Cosaques*, Tatares, Bachkires ou Kalmoukes), des crises sociales et religieuses traversent le pays. Des soulèvements ont lieu dans les villes contre les impôts ou au sein de la paysannerie contre les pouvoirs locaux et contre le servage. En 1670, à la tête de paysans et de Cosaques de la Volga, Stepan Razine, qui prétend être le véritable souverain, quitte Astrakhan et lance ses armées en direction de Moscou. Battu à Simbirsk, Razine est pendu le 6 juin 1671 à Moscou.
  29.  
  30. En réaction à des réformes de l'Église, le mouvement des vieux-croyants* défend la tradition orthodoxe* au point de provoquer un schisme en 1667 dont l'une des conséquences, outre la division au sein du peuple orthodoxe, est le renforcement du pouvoir du tsar face à celui du patriarche. Enfin, dans le domaine des affaires extérieures, les tsars poursuivent une politique de lutte contre les voisins menaçants, la Suède, la Pologne et l'Empire ottoman ( cf. Marie-Pierre Rey, p. 90 ). L'un des grands succès de cette politique est le rattachement d'une partie de l'Ukraine à l'Empire russe (traité de Pereiaslavl en 1654).
  31.  
  32. PIERRE LE GRAND : TSAR DE GUERRE ET DE RÉFORMES
  33.  
  34. La figure de Pierre le Grand est célébrée et héroïsée de son vivant par son entourage et par les observateurs occidentaux fascinés par son énergie et sa volonté de transformer la Russie. Après sa mort, il devient un modèle pour les souverains du XVIIIe siècle.
  35.  
  36. Monté sur le trône en 1682, Pierre Ier ne prend le pouvoir qu'en 16941 après une enfance peu conforme à celle d'un futur monarque : livré à lui-même, il développe des goûts et des talents dans les domaines techniques et militaires et fréquente des étrangers résidant à Moscou, en particulier le Genevois François Lefort. Celui-ci devient l'un de ses favoris, l'initie à la culture occidentale et l'encourage à visiter les pays étrangers.
  37.  
  38. Durant tout son règne, le tsar cherche à ouvrir son pays à l'Europe. En 1697, sous couvert d'anonymat, il entreprend un voyage en Occident qui le conduit en Prusse, aux Provinces-Unies et en Angleterre, pour acquérir notamment des techniques dans le domaine de la construction navale et pour sceller des alliances avec les couronnes européennes contre l'Empire ottoman. Le symbole le plus éclatant de cette ouverture à l'Europe est la fondation, en 1703, sur les bords de la Néva, d'une nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg, qui rompt avec les modèles urbains et architecturaux moscovites (cf. p. 44) .
  39.  
  40. Mais Pierre le Grand se voit surtout comme un monarque conquérant : la guerre contre la Sublime Porte pour le contrôle de places fortes en mer Noire (1695-1711), puis la guerre du Nord contre la Suède (1699-1721) occupent et orientent la majeure partie de son règne. Parallèlement, en 1716, il entreprend une profonde réforme de l'armée : le service militaire à vie devient obligatoire pour la noblesse1 la Russie dispose désormais d'une armée permanente d'environ 300 000 hommes. Elle devient une monarchie militaire comparable à la Suède et son armée uniformisée connaît une organisation unique en Europe.
  41.  
  42. L'oeuvre réformatrice de Pierre est titanesque, tumultueuse et néanmoins efficace par bien des aspects. Dans le domaine politique, la Douma* des boyards* (un conseil restreint formé par les grandes familles princières) et l'assemblée du pays sont remplacées par un Sénat dirigeant. Le titre d'« empereur » est officiellement adopté en 1721 pour désigner le souverain en remplacement de celui de tsar. En 1722, la réforme de la succession au trône abolit le principe de la primogéniture masculine : l'empereur s'arroge le droit de désigner son successeur.
  43.  
  44. La même année, la Table des rangs ouvre l'accès à la noblesse par le service : la distribution des charges civiles et militaires ne repose plus sur l'ancienneté ou la position de clan, mais sur le mérite et les services rendus à l'État. Les rangs dans la noblesse sont désormais ouverts aux roturiers et déterminés selon une hiérarchie croissante fondée sur quatorze degrés, permettant l'acquisition de la noblesse héréditaire au sommet du système.
  45.  
  46. La plupart des transformations entreprises par Pierre le Grand pèsent sur la masse paysanne qui forme 97 % de la population. Toutefois, l'empereur s'attelle également au développement industriel et commercial de la Russie. Influencé par le baron de Lubéras, il cherche à favoriser la liberté du commerce à l'intérieur du pays, le protectionnisme aux frontières et le mercantilisme, mais se heurte au manque d'initiative privée.
  47.  
  48. C'est toutefois dans le domaine culturel et religieux que ses réformes sont le plus mal ressenties par la population. L'introduction d'une mode vestimentaire occidentalisée pour la Cour, l'impôt sur la barbe, la réforme de la succession patrimoniale, celle du calendrier ou encore la création du saint-synode en 1721 - un collège ecclésiastique dirigé par un laïc nommé par le tsar à la place du patriarcat de Moscou, actant de manière éclatante la domination de l'Église par le pouvoir politique - blessent les sensibilités collectives et font de Pierre le Grand un souverain à la légende protéiforme : vénéré par certains, il est honni par d'autres, au point d'être comparé à l'Antéchrist.
  49.  
  50. Despote, ce monarque a asservi l'ensemble du corps social. Mais, paradoxalement, en s'affranchissant de la tradition, il a initié les évolutions du XVIIIe siècle : désormais, la noblesse va chercher à recouvrer ses libertés en s'exemptant du service obligatoire1 les conditions sont réunies pour que naisse la première génération de l'intelligentsia*.
  51.  
  52. LE SIÈCLE DES IMPÉRATRICES
  53.  
  54. En 1724, Pierre le Grand avait couronné son épouse Catherine comme impératrice. A sa mort, en 1725, Catherine Ire fait valoir son droit à la succession et monte sur le trône. La Russie a désormais le plus souvent des impératrices. Jusqu'à Catherine II, celles-ci poursuivent les grandes lignes de la politique de Pierre Ier mais sont bien souvent prises dans des intrigues de palais pour la succession au trône et par des luttes entre les factions des principaux favoris.
  55.  
  56. Élisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand, prend le pouvoir en novembre 1741 après un coup d'État soutenu par l'ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, le marquis de la Chétardie. Moins célébrée que Catherine II, tant le règne et les écrits de cette dernière sont parvenus à éclipser son oeuvre et sa personne, elle est désormais bien connue. En rupture avec les deux souveraines précédentes, Catherine Ire (1725-1727) et Anna Ioannovna (1730-1740), Élisabeth Ire réussit à s'émanciper de ses conseillers et de ses ministres et à prendre seule les décisions les plus importantes.
  57.  
  58. Charismatique, gracieuse, déconcertante, frivole, accumulant les favoris : sa personnalité suscite l'exaspération de ses conseillers mais aussi l'étonnement des représentants étrangers, peu habitués à une cour où les femmes tiennent un rôle essentiel dans les affaires politiques et internationales. Comme le note, le 26 novembre 1741, le ministre anglais Finch, la « digne fille de Pierre le Grand » s'est emparé du trône « la baïonnette au bout du fusil et des grenades dans la poche »2.
  59.  
  60. Reconnue comme une héritière de son illustre père, elle éconduit les prétendants qui ne peuvent être à la hauteur de ses aspirations morales ou politiques et reste toute sa vie célibataire. Elle poursuit l'oeuvre de son père en accélérant l'occidentalisation des élites qu'elle pousse à voyager à l'étranger et contribue ainsi à l'éclosion d'une nouvelle génération qui modernise la vie culturelle russe et participe à ce que l'on appelle le « baroque élisabéthain ». L'embellissement et l'amélioration du confort urbain de Saint-Pétersbourg, la fondation de l'université de Moscou en 1755, la généralisation de l'usage du français à la Cour et dans les milieux les plus aisés de la capitale participent de ce mouvement.
  61.  
  62. Entourée de conseillers compétents, Élisabeth lance plusieurs réformes : restauration du rôle central du Sénat (contrôle de l'administration locale et pouvoir judiciaire), restructuration des impôts par l'introduction de la taille et l'augmentation des impôts sur le sel et l'eau-de-vie, révision du système juridique, création d'une banque d'État, abolition des douanes intérieures, modernisation de l'armée et poursuite de la colonisation, en particulier du sud de l'Ukraine.
  63.  
  64. Durant son règne, la population connaît une explosion démographique en raison de la rareté des famines ou des épidémies (d'après le recensement effectué en 1768, elle atteint 23,6 millions), mais aussi une aggravation du servage, les possibilités de châtiment et de poursuite ayant été facilitées pour les propriétaires. La mort de l'impératrice en 1761 laisse une Russie agrandie et incontournable dans la politique européenne ainsi qu'un pouvoir réformé et ouvert aux influences occidentales.
  65.  
  66. CATHERINE II, AUTOCRATE DES LUMIÈRES
  67.  
  68. Marié depuis 1744 à la princesse allemande Sophie d'Anhalt-Zerbst, baptisée Catherine lors de son arrivée à Moscou et de sa conversion, son neveu qui lui succède sous le nom de Pierre III ne se maintient à la tête des affaires qu'un an, jusqu'au coup d'État qui met son épouse sur le trône en 1762.
  69.  
  70. Catherine II est l'une des personnalités les plus exceptionnelles de son temps. Célébrée par les philosophes des Lumières comme Diderot ou Voltaire avec lesquels elle correspond et dont elle admire les travaux, elle cherche à poursuivre la modernisation du pays et le développement de la puissance impériale. Dès le début de son règne, Catherine II prépare une nouvelle législation censée remplacer le Code de 1649, processus qu'Élisabeth Ire n'avait pas mené jusqu'à son terme. En 1767, elle rédige une Instruction (le Nakaz ), inspirée de L'Esprit des lois de Montesquieu, qui pose le principe fondamental de l'égalité des hommes devant la loi et la séparation des pouvoirs. Mais, au final, elle en usera pour justifier le caractère autocratique de son pouvoir. Le texte sert de base à la réunion d'une commission chargée de réformer le Code de loi. Si cette assemblée ne remplit pas sa tâche législative, elle permet à l'impératrice de connaître les aspirations de la population - des cahiers de doléances sont rédigés par des représentants de la commission, issus de toutes les couches sociales.
  71.  
  72. Mais, dans les années 1770, dans le contexte d'une agitation chronique des populations colonisées et des paysans face à l'aggravation du servage, l'empire vacille. En 1773, le Cosaque Pougatchev, qui prétend être le tsar Pierre III, soulève tout le sud de la Russie. En 1775, la révolte paysanne échoue, Pougatchev est écartelé à Moscou. Catherine II reprend les réformes dans une atmosphère de terreur face aux soulèvements possibles, convaincue qu'il faut le soutien de la noblesse pour réaffirmer le pouvoir autocratique.
  73.  
  74. Depuis la fin du règne de Pierre le Grand, la noblesse réclame la réduction du service obligatoire. Elle a déjà obtenu gain de cause, en 1762, lorsque Pierre III l'en a exemptée totalement. Mais elle revendique également le contrôle de l'administration provinciale, ce qu'elle obtient avec la réforme de 1775 qui dessine un nouveau quadrillage administratif des provinces de l'empire et donne de nombreuses fonctions judiciaires, administratives et financières aux élus locaux de la noblesse qui, de retour sur leurs terres, en profitent pour développer leurs propriétés foncières. En 1785, la Charte de la noblesse légalise sa prééminence en tant que corps social uniforme en lui accordant l'exemption d'impôts et un pouvoir absolu sur les serfs privés de tout recours administratif.
  75.  
  76. Catherine II, aussi crainte que respectée pour ses succès diplomatiques et militaires en Crimée (1783) ou lors des trois partages successifs de la Pologne (1772, 1793 et 1795), sait également s'illustrer dans le domaine des arts et des lettres : elle prend des mesures en faveur de l'éducation en créant par exemple l'institut Smolny pour les jeunes filles de la noblesse et attire auprès d'elle des écrivains, des philosophes ou des artistes, tels Diderot ou le sculpteur français Falconet. Mais cette souveraine des Lumières qui goûte à la philosophie fait plier bien des principes pour conforter l'autocratie et le servage dans son pays. La Révolution française marque la rupture définitive : dès 1789, l'impératrice ferme les loges maçonniques et réprime les représentants de la première intelligentsia, comme Alexandre Radishchev1 toutes les relations diplomatiques avec la France sont rompues. La question de l'avenir de la Russie comme puissance européenne se pose désormais.
  77.  
  78. ALEXANDRE Ier, EMPEREUR EUROPÉEN
  79.  
  80. Alexandre Ier a 23 ans lorsqu'il monte, en 1801, sur le trône de Russie après la déposition et l'assassinat de son père Paul Ier qui a succédé à sa mère Catherine II en 1796. Considéré comme l'un des empereurs les plus énigmatiques, souvent qualifié de « sphinx », il est marqué par de multiples contradictions.
  81.  
  82. L'empereur est formé par Frédéric-César de La Harpe, un philosophe suisse qui lui enseigne les Lumières et les idées libérales. Au début de son règne, il est conseillé par le comte Michel Speranski qui, en 1809, lui remet un projet de constitution prévoyant la création d'une assemblée élue, au pouvoir limité. Ces influences le conduisent dans un premier temps à entreprendre des réformes libérales : Alexandre projette d'abolir le servage et de donner une constitution à la Russie. Mais, par crainte de l'opposition de la noblesse, il recule.
  83.  
  84. C'est la politique internationale qui est sa grande affaire. Malgré une alliance temporaire avec la France signée en 1807, à Tilsit, la rivalité entre les deux pays conduit Napoléon à envahir la Russie en décembre 1812. L'épopée de 1812 puis la retraite et la défaite des armées françaises en 1814 font d'Alexandre Ier l'un des grands vainqueurs du congrès de Vienne (septembre 1814-juin 1815). L'empereur veut créer un royaume de Pologne dont il serait le roi, ce qu'il obtient en partie. Véritable « empereur de l'Europe », Alexandre Ier participe à tous les congrès de paix qui occupent les diplomaties européennes entre 1815 et 1820 et aux efforts des monarchies pour vaincre les révolutions libérales sur tout le continent. La Russie fait son entrée dans le club des grandes puissances.
  85.  
  86. Cependant, tandis que la lutte contre Napoléon et le règlement de la paix en Europe occupent le tsar, le pays ne connaît pas les réformes nécessaires et le mécontentement s'y manifeste de plus en plus. A sa mort, en 1825, les réformes sur le servage ou sur le gouvernement autocratique n'ont pas été menées1 le champ est ouvert à la contestation. Le 14 décembre 1825 (calendrier julien), profitant de la confusion qui suit la disparition du tsar, de jeunes officiers de la garde impériale, gagnés aux idées radicales, tentent un coup de force. L'insurrection des décembristes est un échec. Mais elle signe une première rupture entre le pouvoir aristocratique et les élites.
  87.  
  88. Encadré(s) :
  89.  
  90. POUGATCHEV, LE FAUX TSAR
  91. En 1773-1774, l'empire est ébranlé par une révolte paysanne conduite par le Cosaque Emelian Pougatchev. Il prétend être le tsar Pierre III et soulève tout le sud-est de la Russie. Vaincu par les troupes de Catherine II, Pougatchev est amené à Moscou dans une cage puis écartelé.
  92.  
  93. La splendeur des Romanov
  94. MICHEL Ier
  95.  
  96. 1613-1645
  97.  
  98. Après le « temps des troubles », le premier des Romanov stabilise le pays.
  99.  
  100. ALEXIS Ier
  101.  
  102. 1645-1676
  103.  
  104. Il doit réprimer la révolte du Cosaque Razine en 1671.
  105.  
  106. FEDOR III
  107.  
  108. 1676-1682
  109.  
  110. Il abolit en 1682 le système des préséances.
  111.  
  112. PIERRE LE GRAND (1682-1725)
  113.  
  114. Ce grand réformateur dont Voltaire a fait le modèle du prince éclairé fut vénéré de son vivant, mais aussi honni et comparé à l'Antéchrist
  115.  
  116. ÉLISABETH Ire (1741-1762)
  117.  
  118. Le règne de sa fille Élisabeth Petrovna fut, au contraire, éclipsé par celui de la grande Catherine. Elle fut pourtant une des impératrices les plus innovatrices de Russie
  119.  
  120. CATHERINE II (1762-1796)
  121.  
  122. Allemande et protestante d'origine, Catherine II se fit la championne du patriotisme et de l'orthodoxie russes. Amoureuse des Lumières, elle ne renonça jamais à l'autocratie
  123.  
  124. ALEXANDRE Ier (1801-1825)
  125.  
  126. C'est la politique internationale, et la guerre contre Napoléon Ier, qui fut la grande affaire d'Alexandre Ier
  127.  
  128. L'EUROPÉANISATION À MARCHE FORCÉE
  129. 1699
  130.  
  131. Réforme du calendrier. Les années débutent en janvier et non plus en septembre. On passe de l'année 7208 (date supposée de la création du monde) à l'année 1700.
  132.  
  133. 1704
  134.  
  135. Ceux qui refusent de se raser doivent payer un impôt (exemption pour le clergé). Interdiction du port du caftan. Les nobles doivent se vêtir à l'européenne.
  136.  
  137. 1708
  138.  
  139. Simplification de l'alphabet cyrillique.
  140.  
  141. Quinze ans de « troubles »
  142. Le « temps des troubles » est une période de grands désordres qui débute en 1598 à la mort de Fedor Ivanovitch, le fils d'Ivan le Terrible, dernier représentant de la dynastie rurikide, et s'achève par l'élection au trône de Michel Romanov en février 1613.
  143.  
  144. Cette crise est d'abord une crise dynastique. En l'absence d'une loi de succession au trône, les prétendants au pouvoir suprême étaient élus par le zemski sobor (l'assemblée du pays). L'élection en 1598 de Boris Godounov puis, en 1606, du boyard Basile Chouïski, qui se fait proclamer tsar, sont contestées par des « auto-nommés ». Ceux-ci prétendent être Dimitri, le fils d'Ivan IV qui avait péri en 1591. Ainsi trois « faux Dimitri » parviennent à soulever des armées contre le pouvoir en 1606, en 1607 et en 1611, le premier d'entre eux montant sur le trône entre 1605 et 1606.
  145.  
  146. Le « temps des troubles » est aussi une période de révoltes populaires et de soulèvements paysans. En 1607, Bolotnikov, ancien esclave devenu cosaque, embrase le pays avec ses troupes. En 1607-1609, le second « faux Dimitri », appelé « le félon de Touchino » rassemble des boyards opposés au tsar, des Cosaques, des Polonais, des Lituaniens et les débris des troupes de Bolotnikov.
  147.  
  148. Il s'agit enfin d'une crise de la puissance russe, cernée par les interventions des armées suédoises et polonaises, ces dernières installant leur garnison au Kremlin en 1610. Les troubles s'achèvent lorsque les villes et les oligarchies urbaines alliées à des représentants de la noblesse s'unissent pour chasser les Polonais à l'automne 1612. Une nouvelle assemblée du pays peut alors élire un nouveau souverain en 1613.
  149.  
  150. M.-K. S.
  151.  
  152. JOSEPH DE MAISTRE ÉBLOUI
  153. « Tout ce que l'oreille entend, tout ce que l'oeil contemple sur ce superbe théâtre n'existe que par une pensée de la tête puissante qui fit sortir d'un marais tant de monuments pompeux. »
  154.  
  155. Joseph de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, 1821.
  156.  
  157. Visite à Saint-Pétersbourg
  158. En 1712, la ville rêvée par Pierre le Grand devient la nouvelle capitale de la Russie.
  159.  
  160. Saint-Pétersbourg, la Venise du Nord, symbole de l'ouverture de la Russie sur l'Europe, fut fondée en 1703 par Pierre le Grand et devint capitale en 1712. Centre administratif, militaire et scientifique de l'empire, elle fut, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, peu attractive pour la noblesse. Située dans le delta de la Néva au fond du golfe de Finlande sur la mer Baltique, dans des marécages insalubres, aux terres inondables et généralement non cultivables, elle incarne peut-être de la manière la plus éclatante les ambitions de l'empereur.
  161.  
  162. Au début de l'année 1703, Pierre le Grand avait conquis à cet emplacement la forteresse suédoise de Nienchanz. Il décide alors d'y construire une ville, à laquelle il donne le nom de l'apôtre Pierre, qu'il transforme finalement en « Sankt-Peterburg ». Pierre veut se doter d'une nouvelle ouverture sur la mer, arracher l'hégémonie suédoise sur la Baltique et renforcer sa frontière du Nord. Il souhaite également imiter la ville d'Amsterdam dont il admire les canaux et rompre avec les cités traditionnelles moscovites en créant une ville européenne.
  163.  
  164. La construction de Saint-Pétersbourg est l'un des actes majeurs de son règne, le projet manifestant l'extraordinaire volontarisme du souverain : l'empereur a lui-même supervisé les plans et se rend régulièrement sur le chantier pour surveiller la construction. La main-d'oeuvre, constituée d'environ 40 000 ouvriers condamnés ou paysans réquisitionnés de force, travaille dans des conditions épouvantables pour endiguer le fleuve, relever le niveau des îles ou consolider le sol et les bâtiments par des pilotis dans un climat extrême où six mois de gel succèdent à un été très chaud. Les pertes humaines sont innombrables, victimes d'épidémie ou d'épuisement.
  165.  
  166. Au départ, la ville n'est qu'un port militaire et une cité de bâtiments administratifs. Les premiers édifices construits sont la forteresse Pierre et Paul, les bâtiments de l'Amirauté (1704), qui deviendra le coeur du principal chantier naval de la Russie, et le palais d'Été (Peterhof) de Pierre. Mais, en 1712, l'empereur décide de transférer la Cour, les ambassades et le Sénat dans la ville et d'en faire la nouvelle capitale. En 1714, la ville est divisée en cinq arrondissements et compte 50 000 logements. Une grande partie des ressources du pays est consacrée à ce projet pharaonique, au point que l'empereur fait interdire ailleurs les constructions en pierre. A la fin de son règne, environ 40 000 habitants y résident : 350 familles nobles, à qui il est ordonné d'y faire construire des palais, des soldats, des marchands, d'anciens serfs* et des étrangers.
  167.  
  168. Pierre appelle de nombreux artistes et artisans de toute l'Europe pour ce projet. Domenico Trezzini, un Italo-Suisse, conçoit le plan général de la ville, mais également ceux de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, des fortifications du port militaire, du palais Chafirov dans lequel s'est installée l'Académie des sciences en 1725 et du couvent Alexandre-Nevski. Des Allemands, des Suisses, des Hollandais ou des Français comme l'architecte Leblond enrichissent la foule cosmopolite des ingénieurs et techniciens venus aménager la ville nouvelle.
  169.  
  170. Par son plan urbain et ses concepteurs, Saint-Pétersbourg est une enclave culturellement étrangère en Russie. Elle symbolise tout ce que Pierre a voulu transmettre. C'est dans sa ville qu'il est enterré en 1725, dans l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Mais, à sa mort, le sort de la cité qui compte à peine 50 000 habitants demeure aléatoire. Et, entre 1728 et 1730, Moscou redevient la capitale de l'empire.
  171.  
  172. L'impératrice Anna Ioannovna, qui réside le plus souvent à Moscou, fait néanmoins construire le quartier qui jouxte l'Amirauté sur les bords de la Néva et tracer de grandes avenues comme la fameuse perspective Nevski. Élisabeth Petrovna, la fille de Pierre le Grand, férue de construction, puis Catherine II invitent les artistes italiens Rastrelli, Quarenghi, Rinaldi, les Français Vallin de La Mothe et Falconet ou l'Écossais Cameron.
  173.  
  174. Rastrelli, véritable créateur du décor pétersbourgeois, est le principal architecte d'Élisabeth et introduit un nouveau style inspiré du rococo autrichien et d'un art décoratif à la française. C'est lui qui dessine le palais d'Hiver, immense quadrilatère aux 2 kilomètres de façades émaillées de colonnes corinthiennes qui reste la demeure principale des empereurs jusqu'à la révolution. Il agrandit l'église du monastère Smolny, l'Académie impériale des beaux-arts fondée en 1758 et réaménage le palais d'Été de Pierre et Tsarskoïe-Selo, le Versailles russe.
  175.  
  176. Catherine II réoriente le goût artistique vers une obédience grandissante au goût français et, sous son règne, la ville connaît une nouvelle vague de constructions. Ses architectes favorisent le dépouillement, en particulier Quarenghi : ce dernier introduit à partir des années 1780 le palladianisme, qui s'inspire de l'architecture antique en privilégiant les formes géométriques et l'harmonie des volumes. L'institut Smolny (la première école publique russe pour les filles), le théâtre Marinski ouvert en 1783 et la statue équestre de Pierre le Grand par le sculpteur français Falconet, véritable hommage à l'empereur, sont parmi les principaux chefs-d'oeuvre de la fin du XVIIIe siècle.
  177.  
  178. M.-K. S.
  179.  
  180. Note(s) :
  181. * Cf. lexique, p. 110.
  182.  
  183. 1. Le tsar Alexis Ier avait désigné son fils Pierre Ier pour lui succéder. Mais, en 1682, les (archers formant la garde du tsar) firent aussi couronner son demi-frère Ivan V, sous la régence de leur soeur Sophie.
  184.  
  185. 2. Cf. F.-D. Liechtenhan, , Fayard, 2007, p. 84.
  186.  
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  188.  
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  190.  
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