Louis854

Cours sciences sociales

Nov 10th, 2018
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  1. « la philosophie est à l'étude du monde réel ce que l'onanisme est à l'amour sexuel »
  2.  
  3. L'idée marxiste consiste à interroger les rapports entre la pratique et la conscience, entre les individus du monde réel et leur représentations.
  4.  
  5. → comprendre que les idée
  6.  
  7. La production intellectuelle est directement liée à l'activité matérielle des hommes, qui est le langage de la vie réel – Marx
  8.  
  9. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie sociale, politique et intellectuelle, et il ajoute que ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience. Les formes de la consciences humaines sont déterminées par les conditions matérielles de vie
  10.  
  11. Pour Max et Engels, si on croit que c'est le contraire, c'est en raison de la division entre travail physique et intellectuelle
  12.  
  13. → opposition entre la base éco et techno d'une société, l'infrastructure, et la superstructure
  14.  
  15. 1.1.2 aliénation, idéologie et fétichisme
  16.  
  17. → L'idéologie allemande (ouvrage)
  18.  
  19. On peut voir ici marx et engels comme penseurs du rapport entre le corps social et son esprit. Ce rapport est au fondement des sciences sociales.
  20.  
  21. → comment marx a glissé du concept d'aliénation vers celui d'idéologie, auquel il va associer le concept de fétichisme
  22.  
  23. le concept d'aliénation et polysémique et va avoir une certaine fortune sociologique
  24.  
  25. Ce concept vient d'engels et de la pensée allemande
  26.  
  27. → L'aliénation est une séparation, opposition avec soi-même, cette idée est au départ étudiée par Feuerwach
  28.  
  29. La thèse de Feuerwach : les hommes en se créant un dieu qui n'existe pas vont projeter l'inverse d'eux-même => les êtres humains se percoivent comme finis et mortels et se projettent un dieu immortel et infini
  30.  
  31. Ce faisant, la religion qui est un produit humain va entraîner un déchirement, de la séparation avec soi-même = aliénation
  32.  
  33. Max va reprendre ce concept dans manuscrits de 1844
  34.  
  35. Selon lui, le travail aliéné rend d'abord l'individu étranger au produit de son travail, objet dont il est désaisi au profit de l'employeur. Ensuite, comme le travail est contraint et forcé, ne laisse plus d'espace de liberté, il devient un carcan pour l'ouvrier de plus en plus séparé de l'activité de production elle même. Ce travail n'est qu'un pur moyen de subsistance.
  36.  
  37. Enfin, comme le capitalisme organise la concurrence entre les ouvrier sur un marché, la communauté entre les travailleurs est détruite, chaque travailleur se retrouve donc isolé des autres
  38.  
  39. Marx va plus loin que Feuerwach dans le sens où il estime que la propriété privée est l'expression matérielle et sensible de l'aliénation humaine, elle empêche la synthèse entre la liberté et la nécessité. Il pense que quand l'aliénation économique disparaîtra, l'aliénation religieuse la suivra puisque la religion n'est que le reflet des limites concrètes.
  40.  
  41. Chez Marx, le travail est central, c'est l'activité humaine par excellence, en travaillant l'homme transforme la nature mais aussi lui-même. Si on part de ce principe, dans une société capitaliste dans laquelle l'homme n'a pas un travail libre et épanouissant, le travailleur se trouve aliéné, dépossédé
  42.  
  43. Il va s'intéresser au thème de ce qu'il appelle le fétichisme de la marchandise. Idéologie et fétichisme sont deux concepts qui font comprendre pour lui ce qui se joue dans les rapports humains dans le capitalisme. (Idéologie voir cours political thought)
  44.  
  45. Pour les adversaires de l'idéologie, ce sont des analyses portant sur des abstractions sans rapport avec la réalité positive. A partir de 1945 l'idéologie sont un ensemble d'idées qui inspirent un gouvernement, parti.
  46.  
  47. Ce sont les marxistes qui diffusent au 19e cette conception de l'idéologie (« ensemble d'idées, de croyances propres à une société, à une époque, à une classe »). Rappel pour marx l'idéologie est une image déformée de la vie réelle qui empêche les hommes de se faire une idée juste de leurs pratiques sociales et de la façon dont sont organisés les rapports de production → c'est ce qui occulte la lutte des classes et une arme aux services des dominants. La classe qui a la puissance matérielle détient pour marx de la puissance spirituelle, intellectuelle, si bien que les pensées de la classe dominée sont également soumises à celles de la classe dominante
  48.  
  49. Le concept connexe à l'idéologie chez marx c'est celui de fétichisme de la marchandise. Avec ce concept, il tente de réfléchir à comment dans le capitalisme les choses matérielles sont mystifiées. C'est dans le premier livre de Le Capital, Marx dit que la marchandise possède une vie propre, se comprend d'elle-même, dans le système capitaliste. Derrière un bien que l'on va acheter se cache non seulement une dépense de travail, mais aussi et surtout un rapport social déterminé. Un bien qui est produit va ensuite devenir une marchandise qui sera échangée, etc, ce qui lui fait devenir un objet social. En général, des objets d'utilité ne deviennent des marchandises que psq ils deviennent des produits de travaux privés, dont l'ensemble forme ce qu'il appelle le travail social.
  50.  
  51. Marx va essayer de ramener sur terre le fétiche de la société capitaliste, la marchandise, pour interroger les processus qui fonctionnent derrière (échange, commerce, production)
  52.  
  53. Il dit « l'anatomie de la société est à rechercher dans l'économie »
  54.  
  55. Pour Marx, à la question de Hegel quel est le sens de l'histoire, l'histoire doit s'envisager comme une série de modes de productions qui vont s'enchaîner les uns les autres, cette histoire suivrait 5 stades :
  56.  
  57. - la communauté primitive, la propriété privée n'y existe pas
  58. le régime esclavagiste, domination de l'homme sur l'homme
  59. régime féodal, avec la noblesse terrienne, essort des forces productives
  60. capitalisme, il y a une propriété privée des moyens de production (usines, industries)
  61. le socialisme (régime communiste)
  62.  
  63. Chacun de ces modes de production se caractérisent pas une infrastructure particulière (privatisation des moyens de production et par une superstructure spécifique (idéologie – idéologie capitaliste : le profit)
  64.  
  65. rappel l'infrastructure c'est l'ensemble des rapports de production, des rapports techniques et sociaux du travail, en un mot : l'organisation économique de la société. Pour Marx l'infrastructure c'est elle qui produit les classes sociales. Cette organisation de classe est ensuite prolongée par la structure, l'idéologie, qui va sous-tendre et maintenir les rapports de domination sociale (ensemble des institutions, l'état lui-même, le droit, la morale, la science, la religion). Infrastructure et superstructure sont toujours emboîtées, corrélées chez marx, avec l'idée qu'on peut expliquer les phases révolutionnaires par le décalage entre infra et superstructure, lorsque l'idéologie n'est plus capable de couvrir les inégalités du monde du travail (ce qui dans le contexte permet d'annoncer l'avènement de la société sans classes, communiste).
  66.  
  67. 1.1.3 Le secret de la marchandises
  68.  
  69. le fétichisme de la marchandise pour marx c'est l'apparence que prend cette marchandise pour les individus à l'époque du capitalisme développé, et qui fait passer de façon mystificatrice sa valeur pour une propriété naturelle, aussi bien que sa couleur ou son poids (combien ça a coûté).
  70.  
  71. Pour essayer de rompre avec ça, marx engage une réflexion sur cquil appelle la logique de la médiation. Pour qu'il y ait échange il y a une condition de départ, c'est que nous ayons une commune mesure pour pouvoir mettre en équivalence deux objets : c'est l'argent. La monnaie permet pour lui d'habiller d'une façon spéciale une marchandise. Il y a une fonction du symbole, il y a échange parce qu'il y a un tiers symbolique qui est la monnaie.
  72. Marx va analyser la valeur d'échange, comment le corps matériel du produit va s'autonomiser dans l'argent. Pourquoi va-t-on accorder telle valeur à tel bien.
  73.  
  74. L'idée de marx est donc de révéler le « secret de la marchandise »
  75.  
  76. Pour comprendre il faut revenir à Grundrisse Introduction générale à la critique de l'économie politique qui est une introduction à Le Capital. Dedans marx réfute l'idée d'état de nature, il reproche notamment à rousseau l'idée d'une société dans laquelle il n'y aurait pas d'interactions. L'homme est un animal social et ne peut pour lui exister sans interactions.
  77.  
  78. Si Marx est un théoricien de l'économie, c'est aussi un des précurseur de la sociologie économique, car il est le premier à considérer que des abstractions comme le marché, la monnaie, sont des faits sociaux que l'ont peut interroger sociologiquement.
  79.  
  80. Pour Marx le capitalisme est d'abord une société marchande dans laquelle les propriétaires des moyens de production vont recruter les travailleurs qui produisent et leur rapports sont organisés par le salariat. De plus les propriétaires réorganisent le travail en permanence pour gagner en productivité.
  81.  
  82.  
  83. Max distingue le travail concret, le « travail privé », travail qui se manifeste de façon différente dans chaque activité. C'est ce travail qui produit ce qu'on appelle la valeur d'usage.
  84.  
  85. Et le travail social. C'est le travail au général, au sens abstrait. C'est la dépense d'énergie commune à tout travailleur. Cette dépense d'énergie, ce temps de travail permet de calculer une valeur d'échange, en rendant les produits du travail comparables.
  86.  
  87. Dans le système capitaliste la valeur d'un bien peut s'exprimer en tant volume de travail nécessaire à la production d'un bien.
  88.  
  89. Pour Marx, les valeurs d'usage sont échangées en fonction de leur valeur d'échange, qui est proportionnelle au travail nécessaire à la production.
  90.  
  91. Une marchandise est caractérisée à la fois par sa valeur d'usage et d'échange (nature « bifide). Si un bien est offert sur un marché, c'est bien qu'il a une utilité sociale, du moins elle est perçue comme telle par des acheteurs. De l'autre côté le vendeur voit la valeur d'échange, combien il peut la vendre.
  92.  
  93. Le travail est par nature différent en fonction des objets produits. C'est l'existence de l'échange marchand dans la société capitaliste qui rend comparable des sortes de travails qui ne devraient pas l'être, et c'est permis par la valeur de médiation, le médium qu'est l'argent. « La valeur est langue que les marchandises se parlent entre elles »
  94.  
  95. De fait les travailleurs sont amenés à ne penser leur propre travail qu'à travers le prisme de sa valeur marchande. La valeur marchande est la « langue du capitalisme ».
  96.  
  97. Dans le capitalisme industriel, la logique de l'échange comprend un impératif, celui de la valorisation, càd que l'homme achète un produit pour le vendre et réaliser un profit. Les deux piliers du capitalisme sont donc pour Marx la plus-value et donc l'exploitation des ouvriers. La plus-value pour marx c'est la différence entre la valeur d'usage de la force de travail et sa valeur d'échange (le salaire versé). Or, le salaire versé autorise tout juste la reproduction à l'identique de la force du travail du travailleur (vivre pour bosser). La force du travail produit une valeur supérieure à cque coûte son utilisation par le capitaliste.
  98.  
  99. Marx explique qu'un travailleurs pour pouvoir reproduire sa force de travail (à l'époque) a besoin de 6h de travail par jour. Or le capitalisme permet au capitaliste d'utiliser la force de travail de l'ouvrier 6h de plus (journée de travail de 12h) → cela donnera une valeur supplémentaire « gratuite » à la production, le capitaliste fait une plus-value et il y a là une exploitation, usurpation selon marx, qui est au fondement des conflits de classe.
  100.  
  101.  
  102. 1.2 La lutte des classes
  103.  
  104. Est-ce que c'est l'histoire qui façonne les hommes ou sont-ils capables par leur lutte de forger leur destin ? Marx envisage à la fois le fait que l'action humaine est déterminée par le concept, mais également qu'ils peuvent par la lutte politique entraîner le renversement de l'histoire → pour lui la lutte des classes est le moteur de l'histoire.
  105.  
  106. Sa théorisation des classes sociales et de la lutte des classes tire son inspiration de Lorenz von Stein, Francois Guizot et Augustin Thierry
  107. et
  108.  
  109. lorenz von stein : un des pères fondateurs de la socio allemande, il a écrit le concept de société, l'histoire du mouvement social en france, socialisme et communisme de la france contemporaine
  110.  
  111. * origine socialisme Saint-simon et fourrier
  112.  
  113. Selon stein La force des révolution n'est pas l'égalité mais le bien social inégalement répartit, et ce ne sont pas les idées philosophiques qui les font mais bien les classes sociales
  114.  
  115. Quand von stein s'attaque à la question sociale, ce qui l'intéresse n'est pas la pauvreté. Même sans pauvreté il peut y avoir un prolétariat pour lui, une classe qui n'est pas indépendante socialement. Il existe un lien indissociable entre l'indépendance sociale et la liberté.
  116.  
  117. La proximité entre marx et stein c'est que stein prend aussi ses distances avec Hegel, il considère qu'on ne peut comprendre l'histoire qu'en faisant une histoire des réalités sociales et matérielles, et non pas avec une histoire des idées.
  118.  
  119. Le point de scission entre stein et marx concerne la propriété privé, car stein met l'accent sur ce qu'il appelle l'identité intime de la possession libre. C'est la propriété qui permet l'indépendance sociale et de la vie matérielle. → c'est ce qu'il faut promouvoir pour étendre la liberté. Stein n'était donc pas révolutionnaire mais plutôt réformiste. Pour éviter une révolution du prolétariat il faut également pour lui donner l'accès à ce prolétariat à la propriété et la culture
  120.  
  121. Guizot et Thierry sont des penseurs qui se sont attachés à l'étude de la lutte des classes. Guizot va employer le premier le concept de lutte des classes « l'europe moderne est née de la lutte des classes des diverses société ». C'est pour lui un des moteurs de l'histoire, ce qu'on retrouve chez Marx. L'analyse bourgeoise de la lutte des classes préexistait à la doctrine marxiste.
  122.  
  123. Dictature du prolétariat et société sans classes
  124.  
  125. Marx ne s'en cache pas, il a toujours nié être à l'origine de la théorie de la lutte des classes qui appartient au milieu des penseurs bourgeois libéraux, mais lui considère que cette lutte des classes aboutira à la dictature du prolétariat et à une société sans classes.
  126.  
  127. 1.2.1 Classes en soi et classes pour soi
  128.  
  129. → Le sentiment d'appartenance chez marx c'est la conscience de classe. Pour qu'il y ait cette prise de conscience de la part du prolétariat il faut que la concurrence entre les ouvriers s'arrête et l'organisation autonome et indépendante de la classe.
  130.  
  131. Classe en soi : l'ensemble des individus ayant des intérêts de classe communs mais qui n'ont pas conscience de ceux-ci
  132. Classe pour soi : même chose sauf que l'ensemble d'individus à cette fois conscience d'avoir des intérêts de classe communs
  133.  
  134. La question qui se pose : qui doit produire le travail nécessaire à la prise de conscience de classe ? Les intellectuels ou les politiques ?
  135.  
  136. Marx n'a pas une vision binaire de la lutte des classes, il en distingue un certain nombre au fil du temps (Bourgeoisie financière, industrielle, commerciale, petite bourgeoisie, prolétariat, paysannerie). Il peuy a des classes et des fractions de classe.
  137.  
  138. Il distingue notamment le prolétariat du sous-prolétariat (lumpenproletariat), ce dernier n'ayant pas de ressources et pas de conscience sociale, cette « masse diffuse et désorganisée »
  139.  
  140. Ce dont marx est convaincu c'est qu'on peut saisir l'histoire en fractionnant la vision de la société de manière binaire. En effet, l'extension du capitalisme va placer les artisans par exemple dans la condition prolétaire. Pour lui, la bourgeoisie et le prolétariat sont les deux classes qui explique et sont centrales dans le mode de production capitaliste. Les capitalistes sont selon lui des fanatiques de l'accumulation (du capital), et dans la dynamique capitaliste ils exploitent tjr plus les salariés et concentrent tjr plus les moyens de production, et cette exploitation et concentration sans fin devrait les mener à leur perte. D'autre part les prolétaires forment la classe sociale la seule apte à s'auto-libérer et libérer l'humanité.
  141.  
  142. La dictature révolutionnaire du prolétariat c'est pour marx la mise en commun des moyens de production → absence de l'existence des classes, prérequis au communisme → cela peut permettre de penser alors l'absence de l'état
  143.  
  144. 1.1.2 De la fin au retour des classes sociales
  145.  
  146. La notion de classes sociales devient avec le temps un concept incontournable, non seulement parce qu'elle est autant déconstruite que soutenue chez les sociologues modernes. Une autre notion des classes sociales, conccurente à celle de Marx, c'est celle de max weber. Lui va mettre l'accent sur les différences de pouvoir, de prestige, de statut, de style de vie dans ce qu'il appelle des groupes de statut. Pour Weber, au sein d'un groupe de statut, tous les individus n'ont pas nécessairement le même statut, prestige social, lifestyle, un groupe de statut n'est pas forcément homogène. Ce sont des groupes conccurents mais qui peuvent s'associer et s'allier. On retrouve la théorie des groupes sociaux de max weber dans la socio contemporaine, notamment en ce qui concerne la notion de stratification sociale.
  147.  
  148. → voir Erik Olin Wright
  149.  
  150. → débat sur la pertinence contemporaine de la lutte des classes => discours qui apparaît dans les 30 glorieuses on considère qu'il existe une grande classe moyenne qui réduit par son existence les écarts (discours sur la moyennisation de la société). Mais les études empiriques révèlent que les inégalités demeurent ou s'accroissent.
  151.  
  152. Un certain nombre de sociologues spécialistes de la stratification de la société parlent de retour des classes sociales → Louis Chauvel : il essaie de lutter contre un discours dans la société moderne qui voudrait que la lutte des classes n'est plus un concept pertinent pour analyser les sociétés occidentales. Chauvel dénonce un paradoxe entre les analyses et les données empiriques.
  153.  
  154. Pour Weber, les classes sociales sont spécifiques parce qu'elles ont des « chances de vie » différentes.
  155. Chauvel lui considère qu'il est légitime de parler de classe sociale si on identifie des critères de classe sociales (on en compte trois) : - identité temporelle (groupe social durable, reproduction sociale forte dans ce groupe) – identité culturelle (mode de vie, façons de faire, langage) – identité collective (capacité d'un groupe à agir de concert, dans un même but, avec l'idée de prendre conscience des intérêts qu'il partage collectivement → classe pour soi chez marx) => cette dernière identité a constamment reflué depuis les années 50 selon Chauvel.
  156.  
  157. Au sein de la sociologie, on considère qu'il y a un retour des classes sociales(→ le retour des classes sociales Paul Bouffartigue)
  158.  
  159. 1.3 Le marxisme après marx
  160.  
  161. Entre défaite politique et renouveau
  162.  
  163. → Razmig Keucheyan, Hemisphère gauche ; Perry Anderson, Sur le marxisme occidentale
  164.  
  165. Perry Anderson
  166. Pour lui, on ne peut comprendre l'évolution du marxisme sans comprendre ce qui s'est joué pendant la révolution allemande
  167. Le marxisme occidental classique
  168.  
  169. → des spécialistes/intellectuels qui s'intéressent à l'actualité de leur temps et des dirigeants de partis (= stratèges politiques qui réfléchissent à l'action et sont confrontés à des problèmes concrets).
  170.  
  171. Ces penseurs avaient besoin de savoir empirique pour prendre des décisions, et ces connaissances ont nourri leur réflexion. Plus tard on assiste à un désamour entre intellectuels dirigeants et organisations ouvrières
  172.  
  173. L'échec de la révolution allemande a douché tous les espoirs de renversement du capitalisme => scepticisme concernant la disparition prochaine annoncée du capitalisme. Les partis communistes commencent également à se méfier de ces intellectuels
  174.  
  175. Georg Lukacs et Antonio Gramsci => nouveaux intellectuels marxistes, aucun lien organique avec les organisations ouvrière, pas dirigeants communistes.
  176.  
  177. A partir des années 20 le marxisme se fige. Les intellectuels se retrouvent dans une position périlleuse, puisque l'innovation dans la doctrine marxiste est impossible (rigidité de la doctrine de l'URSS et des partis communistes) => distance de plus en plus croissante.
  178.  
  179. Conséquences : ,professionnalisation du métier d'intellectuel, intellectuels marxistes qui vont s'éloigner du savoir empirique et aller vers l'abstrait, l'épistémologie, la philosophie => ils vont produire des savoirs inaccessibles aux ouvriers (alors que Marx lie à la base théorie et action)
  180.  
  181. 1.3.2 Les théories critiques des théories des décennies 70-80
  182.  
  183. Les mouvements sociaux contestataires subissent des revers politiques, arrivée au pouvoir de Thatcher et Reagan.
  184. Au contact de la défaite, les doctrines critiques vont muter et le marxisme orthodoxe (prégnant dans les années 20 à 60, cœur de l'URSS) va perdre de l'influence. Le centre de gravité du marxisme va passer de l'est à l'europe de l'ouest puis aux US.
  185.  
  186. → gros débats autour du stalinisme (« archipel des goulags ») => grand mouvement de désamour vis-à-vis du communisme concret tel qu'il a existé en URSS
  187.  
  188. Les « nouveaux philosophes », considérant que toute réforme radicale conduit au totalitarisme, fustige l'URSS. Ils vont progressivement prendre comme cheval de bataille les droits de l'homme, et défendre l'ingérence humanitaire jusqu'à faire de l'économie de marchés celle étant la plus égalitaire et le meilleur rempart à la dictature (eex BHL)
  189. la figure de l'intellectuel va être remplacé par celle de l'expert.
  190.  
  191. → l'importance des médias dans le débat et le champ intellectuel. L'intrusion des médias bouleverse l'élaboration des théories critiques
  192.  
  193. 1.3.3 Crises et « néomarxismes » (1990-2000)
  194.  
  195. Avant les années 90, la critique théorique est plutôt du côté occidental (exceptions, José Carlos Mariategui ». Il faut attendre la fin du 20è siècle pour voir apparaître des intellectuels non-occidentaux, et ce sont eux qui vont former la pensée marxiste contemporaine (Saïd, Zizek, Benhabib, Laclau, Mbembe). Une des carac importante des nouvelles théorie critiques, c'est la perte d'influence du marxisme, sans pour autant que cet héritage soit renié. Si le marxisme est tjr présent chez les théoriciens du politique, elle est également tjr présente dans les sciences sociales (David Harvey géographe)
  196.  
  197. => deux théories politiques qui ont principalement dominé le champ politique c'est le marxisme et le keynésianisme. Le premier élément est le fait que le marxisme est un paradigme complet (il permet d'interroger tous les aspects de la vie sociale). Deuxièmement, le marxisme mélange des éléments de subjectivité mais aussi de normativité, il y a à la fois un modèle d'organisation sociale mais aussi un projet politique qui réfléchit à un autre monde possible. Le marxisme permet d'interroger toute forme de domination (voir décolonisation, féminisme)
  198.  
  199.  
  200.  
  201.  
  202.  
  203.  
  204. Chapitre 2 Emile Durkheim, le penseur de la différenciation sociale
  205.  
  206. Introduction
  207.  
  208. Né dans une famille juive de rabbins. Le respect de la loi, de la règle était important pour lui, et la force de la communauté (lié à la tradition juive). Comme tous les sociologues de l'époque, il va suivre des études de philo, il passe l'agrég et devient prof de philo. Charle renouvier est un philosophe qui a publié le manuel républicain de l'homme et du citoyen. Il y développe sa théorie du socialisme, il est contre Hegel, contre le positivisme et l'historicisme. Il refuse que la conscience morale s'incline devant la nouvelle idole que serait devenue l'Histoire. Il est très préoccupé par la question religieuse. C'est un penseur très influent qui essaye à l'époque de fonder ce qu'il appelle une morale républicaine, c'est un socialiste qui réfléchit à l'avenir de la république et a influencé durkheim.
  209.  
  210. Durkheim prend pour sujet de recherche l'articulation problématique entre l'individu et la société. Il va partir en allemagne et c'est là qu'il va découvrir ce que l'on appelle la philosophie de la morale. Il s'intéresse à la morale séculière.
  211. Il va rebaptiser son cours qui s'appelait cours publique de science sociale en cours public de sociologie. Il publie une thèse intitulée « De la division du travail social » → montrer qu'avec le développement de la division du travail, on est plus dans la solidarité mécanique qui prédominait dans les sociétés traditionnelles, mais de plus en plus dans la solidarité organique (interdépendance). C'est un défenseur ardu de l'école laïque et républicaine. Il va tenter d'inscrire la sociologie dans les sciences positives, c'est un acteur politique et scientifique important.
  212.  
  213. « Règle de la méthode sociologique » = dessiner les contours d'une sociologie holiste, faire de la sociologie une science distincte de la psychologie, et de la fonder sur la statistique. Durkheim est un positiviste (il s'inspire en cela d'auguste compte), et sa démarche scientifique est bien représentée par Claude Bernard, biologiste, dont Durkheim va s'inspirer. Il conçoit la société sur le modèle d'un organisme vivant doté d'une conscience collective. Il va s'investir dans différents sujets d'étude, la solidarité, l'éducation, les formes familiales et leurs évolutions, et il va produire une sociologie de la religion, et une sociologie de la morale.
  214.  
  215. → Durkheim, Le Suicide ; Les formes élémentaires de la vie religieuse.
  216.  
  217. Il est nommé prof à la Sorbonne en 1902, et il occupe à l'époque un poste en sciences de l'éducation. Cela n'a pas été facile parce qu'il avait d'un côté les juristes contre lui, considérant que la sociologie manque de scientificité et constituait une formation nocive pour la jeunesse et donc l'ordre public, de l'autre les philosophes qui voyaient dans la sociologie un risque de faire éclater la philosophie et d'empiéter sur leur champ d'étude.
  218.  
  219. On considère que Durkheim est le fondateur de la sociologie en france (créateur du premier cours de socio, première chaire de socio), c'est qqun qui va chercher à fonder une école, avoir une influence et avoir des disciples. Il va chercher à diffuser ses idées dans d'autres disciplines et par d'autres biais → il va créer la revue « L'année sociologique » = cette revue sera un forum de publication de ses théories. Elles est publiée en français, allemand, anglais et italien. Elle deviendra rapidement une revue critique couvrant un spectre large et ayant un grand rayonnement. Il va réussir à agréger des gens qui ne sont pas sociologues en faisant des comptes-rendus de leurs travaux dans sa revue.
  220.  
  221. Durkheim a besoin de ce réseau scientifique pour pouvoir s'imposer à l'université. Il compte imposer la sociologie comme discipline universitaire, scientifique, et d'imposer la sociologie dans les programmes pédagogiques tant en dehors qu'au sein des université. Il va se créer une communauté de chercheurs, les durkheimiens, membres de l'école française de sociologie, qui vont partager son projet sociologique.
  222.  
  223. L'oeuvre Durkheimienne prend forme dans les années 1880-1890 => la troisième république récemment installée tente de refouler les résistances monarchiques d'un côté et socialistes de l'autre.
  224. → affirmation de la nation et son unité + lois sur les risques sociaux (accidents du travail) pour intégrer pacifiquement (sans révolution) la classe ouvrière. Après la défaite de la commune, durkheim va être très sensible sur la question de l'unité nationale.
  225.  
  226. → Doctrine politique, le solidarisme, qui va influencer durkheim. Ca vient de Léon Bourgeois, théoricien du radicalisme comme doctrine politique, théorie qui comprend un volet social appelé le solidarisme. Il essaye de trouver une troisième vois entre le libéralisme et le socialisme. La révolution fr et les droits de l'homme ont proclamé pour lui un individualisme et une fausse liberté, mais pour lui l'homme n'est pas une abstraction et on doit réfléchir à leur association. L'individu est redevable envers la société, et chaque individu doit payer sa dette. Si la solidarité est un droit, c'est aussi un devoir, qui amène à une certaine conception de l'état, qui doit obliger chacun à être solidaires. Il pense au salaire minimum, système de protection sociale, impôt sur le revenu et enseignement gratuit.
  227.  
  228. L'idée qui influence durkheim → tous les membres d'une société doivent être unis par des liens de solidarité qui garantissent la paix sociale (les solidaristes et durkheim sont éloignés de la théorie de lutte des classes). C'est davantage un penseur de l'ordre, du consensus, que du conflit, de la contradiction. Durkheim place la valeur de la cohésion sociale au-dessus de tout → sont projet scientifique va être d'en détailler le fonctionnement, comment fonctionne la cohésion sociale.
  229.  
  230. A chaque fois que Durkheim s'intéresse à un de ses sujets d'études il va s'attaquer au problème de l'intégration de l'individu dans la société, il milite pour la cohésion sociale. Pour lui, la pédagogie, l'administration scolaire sont un des vecteurs privilégiés de cette intégration.
  231.  
  232. La sociologie est toujours porteuse d'un projet politique. Sur quoi repose la société ? Qu'est-ce qui provoque la cohésion sociale ?
  233.  
  234. Durkheim développe un premier pôle qui se veut descriptif (étudier positivement au sens d'auguste comte les faits sociaux, qui doivent être analysés comme des choses), un second qui se veut prescriptif, il donne à sa sociologie une tâche politique, restaurer le consensus sociale, et pense qu'elle va permettre d'établir une morale nationale. C'est aussi un des premiers à insister sur le fait que l'essentiel pour le sociologue c'est de s'affranchir de ses pré-notions, s'affranchir de la signification qu'on donne spontanément à ce sur quoi on va travailler. Durkheim pense qu'on peut faire science à partir du moment où on fait de la comparaison. La notion qu'il assigne à la sociologie française est celle de donner à la société une plus grande conscience d'elle-même, de son unité, càd rendre plus visibles, renforcés, les liens entres les individus. La sociologie permet également de lutter contre l'anomie pour durkheim, càd l'absence de règles. Il dit également que le sociologue doit être un éducateur, fait pour aider ses contemporains à se reconnaître dans leurs idées et sentiments.
  235.  
  236. Les héritiers
  237.  
  238. → Marcel Mauss : (va plus loins que durkheim) il va essayer de dépasser la vieille opposition entre individu et société, égoïsme et altruiste (et abandonne également une distinction chez durkheim entre faits sociaux normaux et pathologiques)
  239.  
  240. Durkheim ne va plus définir la sociologie comme la science des phénomènes sociaux contraignant la vie individuelle, mais la sociologie comme l'étude des institutions (toutes les croyances et modes de conduite institués par la société). Il va progressivement se départir de son analogie de la société avec un organisme pour devenir plus interactionniste (interactions entre individus)
  241.  
  242. → Henri Hubert
  243. → Célestin Bouglé
  244. → Paul Fauconnet
  245. → Lucien Lévy-Bruh
  246. → Gabriel Tarde
  247.  
  248. L'âge d'or des durkhémiens va se terminer après la 2nde GM lorsqu'une nouvelle génération de sociologues va critiquer les durkhémiens. → Stoetzel
  249.  
  250. La socio durkhémienne disparaît en quelque sorte mais va revenir avec Bourdieu, Chamboredon et Passeron qui vont faire de Durkhein un élément important dans l'apprentissage de la soci.i-même (qui était conccurent de Durkheim et soutient sa thèse avec Stoetzel) va en faire une figure importante de la socio un élément important dans l'apprentissage de la socio Boudon conccurent de durkheim en fait une figure importante
  251.  
  252.  
  253.  
  254. Raymond haron : « comment une collection d'individus peut constituer une société »
  255.  
  256. Durkheim soulève les progrès politiques que les activités lucratives entraînent => la théorie utilitariste veut que le commerce produit la paix sociale. Le concept d'intérêt est la clé de voûte selon cette théorie de tous les comportements humains. Adam Smith envisage l'intérêt comme le seul ressort à la fois stable et permanent du comportement humain
  257.  
  258. Spencer → représentant éminent des thèses utilitaristes = l'intérêt et l'utilité ne peuvent faire un lien sociable durable
  259.  
  260. Durkheim exclut la notion d'intérêt et d'utilité de son raisonnement
  261.  
  262. Talcott Edger Parsons
  263.  
  264. De la solidarité mécanique à la solidarité organique
  265.  
  266. Pour durkheim la division du travail peut être le nouveau vecteur de cohésion sociale (remplaçant la conscience commune)
  267.  
  268. Durkheim parle de changements de volume social, changements de densité physique, et changements de densité morale
  269.  
  270.  
  271. L'individualisme est un système de représentation sociale qui fait de l'individu la valeur suprême. Pour Durkheim, l'individualisme est une pré-notion, un préjugé qui est le produit de l'organisation de la société (« une nouvelle religion »).
  272.  
  273. 2.1.3 L'anomie et le suicide comme pathologie de la modernité
  274.  
  275. La différenciation sociale est produite par la division du travail (rappel). Pour Durkheim le pendant de la prise en compte de ce processus, c'est le problème des risques, et notamment celui de l'anomie sociale (deux pôle de la théorie de durkheim, l'anomie et la différenciation). L'anomie c'est les formes de différentiations sociales anormales → elles ne produisent pas de solidarité, de régulation sociale. Il y a des pans de la société où il n'y a pas d'intégration, de solidarité, -> des « situations d'anomies ». ex :Lorsque la dissolution des corporation professionnelles mène à la division des ouvriers ; lorsque des crises commerciales entraînent une inadéquation des situations professionnelles (= conflits) ; lorsque la division accrue du travail scientifique va morceler la communauté des chercheurs
  276.  
  277. La notion d'anomie de Durkheeim vient de Jean Marie Guyau. Durkheim va se réapproprier la notion pour lui en donner un sens différent. Guyau désigne par le terme anomie un phénomène bénéfique dans une société. Pour Durkheim au contraire c'est une absence de règles juridiques et morales préjudiciable à l'ordre social (« défaut de réglementation »). → le défaut de réglementation explique l'état d'anomie. Cela provient de l'absence de lien entre les différentes parties de la société.
  278.  
  279. Dans le suicide il va développer une autre conception de l'anomie : il ne considère plus ici l'anomie comme mais plutôt comme le résultat d'une situation de crise (« graves réarrangements se produisant dans le corps social »).
  280.  
  281. Ces perturbations, ces crises vont ébranler l'ordre collectif, avec pour effet que la société ne va plus parvenir à réguler les passions personnelles. → les désirs humains par définition illimités et normalement régulés par la société vont alors se déchaîner. L'anomie est ici l'idée d'un effondrement total de la légitimité de l'ordre social = une perte d'autorité des règles censées régir les relations entre les individus.
  282.  
  283. C'est dans le monde du commerce et de l'industrie que l'on retrouve pour durkheim les principales situations d'anomie.
  284. Il définit l'anomie comme le mal de l'infini (dérèglement social dans lequel s'exprime la démesure de la civilisation capitaliste).
  285.  
  286. Ce concept permet pour durkheim de penser le problème de l'articulation entre société différenciée et individu (question générale de durkheim). Il y a rupture anomique des liens de société à chaque fois que la conscience commune des individus se retrouve brisée. => l'individu ne parvient plus à se repérer dans la société (repères moraux, juridiques, etc) = perte de repères. C'est défini par durkheim comme un état pathologique, une maladie de la société.
  287.  
  288. Cela donne à durkheim une grande inquiétude de ce que le tissu social éclate, se désagrège. Pour lui seul l'état est à même de préserver dans les situations de crises l'ordre social. Il voit dans l'Etat l'institution capable de remédier aux situations d'anomie. L'etat a donc deux rôles fondamentaux :
  289. remplir les fonctions d'instances préexistantes, famille, église, corporations
  290. rationaliser ces fonctions (bureaucratie)
  291.  
  292. C'est aussi un instrument d'émancipation pour durkheim dans la mesure où il permet aux citoyens d'échapper aux allégeances locales et notamment religieuses. Il estime dans le même temps que si l'état s'hypertrophie, s'étend trop, il va se trouver trop éloigné des réalités sociales et poser problème lorsqu'il va tenter de les réglementer. L'Etat a le devoir de formuler et de promouvoir une morale civique, il prône un état fort mais au service de la société. Il doit également admettre des institutions.
  293.  
  294. Etat = instance de régulation centrale dans la résolution des situations d'anomie
  295.  
  296. chez durkheim monde social est une force originelle qui produit des effets et non pas l'individu qui produit la société.
  297.  
  298. 2.2 Homo duplex, le dualisme de la nature humaine
  299.  
  300. De quelle réalité parle-t-on quand on parle des faits moraux ? Pour Durkheim, la morale, c'est la conscience.
  301.  
  302. Dualisme chez l'humain entre Être collectif et être individuel → deux formes de consciences, conscience individuelle et collective
  303.  
  304. Il convient de penser ces deux âmes ensemble, elles sont articulées entre elles. Dans « les formes élémentaires de la vie religieuse » durkheim dit « il est bien vrai que nous sommes formés de deux parties distinctes qui s'opposent l'une à l'autre comme le profane au sacré, et l'on peut dire en un sens qu'il y a du divin en nous ».
  305.  
  306. La formule homo duplex vient de l'idée qu'il y a un profond déséquilibre chez l'homme entre son côté animal (individu) et son côté humain (collectif). C'est la société qui fait l'homme puisque c'est la société qui lui transmet ses valeurs et ses traditions chez Buffon (précurseur de la formule). On peut aussi penser qu'il y a un conflit intérieur entre la part instinctive et la part rationnelle.
  307.  
  308. Durkheim pense la nature humaine de façon dualiste, ce qui lui permet une nouvelle fois de s'opposer aux utilitaristes, aux économistes et sociologues spenceriens qui eux sont plutôt monistes (il n'existe que l'individu). Durkheim lui pense que la notion d'individu est aussi une pré-notion, un préjugé qui ne peut être justifié de manière empirique.
  309.  
  310. 2.2.1 la dualité du corps individuel et de l'être social
  311.  
  312. Durkheim relève d'abord la dualité du corps et de l'âme, ce qui lui permet de dégager une ontologie de l'humain : deux formes d'intelligence
  313. → notre corps nous renvoie à la sphère des besoins et des instincts par nature égoïstes, et au contraire, la pensée conceptuelle, l'âme est commune à des groupements humains. Cette « morale » est toujours déjà sociale, elle dépasse l'individu, c'est la conscience collective. Cette âme produit cette moralité qui permet de penser la collectivité et de ne pas poursuivre uniquement des buts personnels.
  314.  
  315. L'intérêt sociologique de ce concept est de montrer que tout n'est pas individuel chez l'humain, et que chacun participe à un ensemble social plus large qui va exercer une pression, une contrainte sur l'individu.
  316.  
  317. Nous agissons en partie pour nos intérêts personnels et en partie du fait de représentations communes. Cela permet à durkheim d'expliquer l'existence de grandes réactions sociales. Il voit également l'institution scolaire comme une institution à même de transmettre l'âme collective → corporation et socialisme jettent les bases matérielles de la cohésion sociale, l'école jette les bases symboliques de cette cohésion.
  318.  
  319. 2.2.2 les bases matérielles de l'intégration : les corporations professionnelles et le socialisme
  320.  
  321. durkheim essaye de penser comment des groupes sociaux peuvent produire une morale, des valeurs communes qui permettent de réfréner leurs égoïsmes individuels. Les groupements professionnels pourraient produire une réglementation qui s'imposerait à tous avec la même autorité, de sorte que les conflits ne seraient pas résolus par la loi du plus fort.
  322.  
  323. La famille est trop restreinte pour faire le lien entre individu et société, tandis que l'état est trop éloigné de l'individu pour garantir son intégration. Il ne voit qu'une solution, l'existence de ces corporations professionnelles, qui sont d'autant plus efficaces qu'avec la division du travail on constate une spécialisation qui conduit les individus à se définir plus sur des critères professionnels → corporations à même de produire de l'attachement au groupe.
  324.  
  325. Il distingue les corporations des syndicats, qui pour lui instillent du conflit dans l'ordre social au contraire des corporations pro selon lui pacificatrices.
  326.  
  327. Durkheim s'intéresse au socialisme comme doctrine et le distingue du communisme en disant que celui-ci est une tendance politique toujours présente dans les sociétés humaines, qui vise à excommunier les fonctions économiques alors que le socialisme tend pout sa part à les intégrer dans la communauté. Doctrine qui réclame le rattachement de toutes les fonctions économiuqes au centre directeur et conscient de la société → durkheim défend le rattachement à l'état de toutes les grandes industries, exploitations agricoles, pas pour améliorer le sort des ouvriers, mais pour protéger les intérêts collectifs de certaines influences particulières. Le socialisme chez durkheim dépasse la question ouvrière, comment intégrer l'appareil industriel à l'ensemble de l'organisme social. Il lie l'invention du socialisme à l'invention de l'industrie et donc de la différenciations. Le socialisme est la seule doctrine à même de produire du collectif dans les sociétés modernes complexes.
  328.  
  329. Il faut également des leviers, des freins capables de réglementer la vie économique.
  330.  
  331. 2.2.3 La base symbolique : l'éducation, la religion, les pratiques rituelles
  332.  
  333. Dans n'importe quelle société pour durkheim il y a un besoin d'éducation « il faut que l'éducation assure entre les citoyens une suffisante communauté d'idées et de sentiments sans laquelle toute société est impossible ». On retrouve ici l'influence des lumières (réalisation, émancipation par le savoir) et son inquiétude extrême quand à l'intégration dans la société
  334.  
  335. Cela renvoie à sa conception spécifique du progrès. Le progrès repose sur la réalisation personnelle mais aussi (?) Les savoirs transmis par l'éducation doivent être conditionnés par les impératifs d'intégration sociale, l'école doit donc transmettre des valeurs communes, des motifs d'attachement au groupe, cela est aussi important que les compétences développées.
  336.  
  337. Il poursuit sur cette idée de discipline, la discipline c'est la seule à même de régulariser la conduite, normer les comportements. La discipline est une pratique dont l'objectif est de rendre possible l'intériorisation des normes en cultivant l'habitude de se contraindre soi-même. Il ne faut pas produire à l'école une soumission passive mais une adhésion éclairée, un consentement libre. → son idée de morale = le but ce n'est pas seulement d'imposer un comportement moral mais plutôt l'intégration des valeurs morales
  338.  
  339.  
  340. Un autre vecteur important de socialisation c'est la religion.
  341.  
  342. Quelle définition Durkheim donne-t-il de Dieu ? La séparation entre le sacré et le profane est pour lui un invariant anthropologique. Il y a une permanence de Dieu sous la forme du sacré au sein de toutes société y compris les sociétés modernes.
  343. → D'où vient la religion ? La religion c'est le système de symboles par lequel la société prend conscience d'elle-même = c'est l'hypostasie de la société, la représentation de la société.
  344.  
  345. On part du constat que l'homme est un être limité et impuissant et qu'il parvient à se représenter Dieu comme un être illimité et tout puissant. Le fait que cette représentation soit possible vient nécessairement de l'extérieur → la différence entre théologiens et durkheim : théologiens = ça lui vient de dieu lui-même; pour durkheim, c'est la société qui inspire aux individus ce qu'est le sacré. La religion n'est qu'une symbolisation du groupe social lui-même.
  346.  
  347. 2.3 considérer les faits sociaux comme des choses
  348.  
  349. Pour faire sociologie il faut considérer les faits sociaux comme des choses → livre Les règles de la méthode sociologique (il essaye de démarquer la socio de la psycho ou de la biologie et d'en faire un champ d'étude à part). Pour faire cette distinction il essaye de donner une définition propre du fait social qui de fait va être distincte des définitions biologiste ou psychologistes. Il va proposer une méthode scientifique en mesure d'étudier les faits sociaux. Il va lister les règles relatives à l'observation des faits sociaux. La première règle qu'il pose c'est d'observer les faits sociaux comme des choses.
  350.  
  351. Le concept de fait social désigne chez durkheim un ordre de faits sociaux qui consiste en un ensemble de types de conduites, de représentations extérieures à un individu, et un ordre de phénomène doué d'un caractère coercitif
  352.  
  353. On pensait avant que la société était un groupe, un agrégat d'individus et que les règles sociales dérivaient de l'esprit des individus eux-même, on raisonnait de manière psychologique pour expliquer les faits sociaux. Durkheim lui fait remarquer que même si l'on respecte les règles sociales en vigueur, elles s'imposent à nous. Elles existent avant nous. Ce qui intéresse durkheim c'est que ces règles sont dotées d'une puissance coercitive qui imposent ces règles sociales à l'individu qu'il le veuille ou non → la première caractéristique d'un fait social c'est la contrainte.
  354.  
  355. Il ne s'agit pas d'une contrainte imposée par une organisation politique, ce n'est pas une contrainte dont on est victime. La caractéristique de la contrainte dans le fait social c'est aussi que l'individu désire la règle, elle n'est pas subie. Si le fait social nous contraint c'est aussi parce que si l'individu y résiste il peut exister des sanctions (coercition), juridiques mais aussi morales (sanctions portées par le collectif) → pour durkheim la norme c'est le fait social par excellence
  356.  
  357. Qui produit ces normes et d'où tirent-elles leur autorité, quelle est la fonction de ces normes ?
  358.  
  359. Le lieu de production des normes c'est le social, la société (durkheim lui donne une dimension quasiment sacrée). Elle soumet les individus à un système de contraintes qui leur sont extérieures et qui agit sur leur comportement et leurs représentations = c'est le social qui produit l'individu
  360.  
  361. Un premier exemple de fait social analysé par durkheim c'est la morale → Texte Détermination de la morale = il va envisager ici la morale comme un fait social.
  362.  
  363. Il explique que les phénomènes moraux peuvent faire l'objet d'une étude scientifique. Ce qui caractérise le fait moral c'est d'abord la notion d'obligation. Elle présente pour Durkheim un double aspect : l'un renvoie à la pure contrainte, au commandement ; l'autre a un caractère attractif.
  364.  
  365. Lorsqu'on observe la réalité morale on constate qu'elle se présente comme un ensemble de règles qui prescrivent à l'individu la manière dont il doit se comporter dans telle ou telle situation. L'autorité des règles morales vient du fait qu'on leur confère un caractère sacré. Si nous y accordons tant d'importance c'est parce qu'elle provient de la société elle-même. La morale est un ensemble de règles provenant du groupe qui s'imposent à nous, mais il ne peut y avoir ces règles que parce que l'on est attaché à ce groupe.
  366.  
  367. « Est fait sociale toute manière de faire, fixée ou nous, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure »
  368.  
  369. 2.3.1 Pré-notions et illusions du savoir immédiat
  370.  
  371. Le fait social est extérieur à nous même dans le sens où on ne peut pas le changer par notre simple volonté. Dans cette conception ils sont (les faits sociaux) détachés de notre conscience et c'est en ce sens qu'ils sont des choses. L'enjeu de la sociologie va être de découvrir ce qui nous fait agir. => pour durkheim il ne faut pas tomber dans « l'illusion du savoir immédiat ». Il dit qu'il faut se prémunir de deux choses : l'illusion du toujours ainsi et l'illusion du savoir immédiat.
  372.  
  373. La première illusion renvoie à un concept propre à durkheim, le concept d'anamnèse. Anamnèse = amnésie de la genèse. C'est perdre de vue le fait que toutes les institutions n'ont pas toujours existé, qu'elles ont une histoire, de même que toutes les règles morales.
  374.  
  375. La seconde celle du savoir immédiat renvoie au concept de pré-notion. Quand durkheim défend la nécessité de se départir de ses pré-notions il se place dans la lignée des penseurs antiques qui les définissaient comme suit : connaissance spontanée antérieure à toute réflexion. Ces catégories sont les propriétés les plus universelles des choses, ce sont les cadres qui enserrent notre pensée selon Aristote.
  376.  
  377. Il s'agit de substituer à ces notions des connaissances issues de l'analyse scientifique. Par la méthode scientifique on peut objectiver le social, le rendre objectif, transformer les choses en objet de recherche. Le cas emblématique chez durkheim c'est le cas du suicide. L'objectif de ce livre c'est de montrer par l'analyse scientifique que le suicide était un fait social et non pas un phénomène individuel et aléatoire.
  378.  
  379. La thèse qu'il soutient et qui est très forte à l'époque c'est de considérer le suicide comme un fait social, comme quelque chose d'extérieur à lui qui pèse sur lui comme une contrainte, alors qu'il était communément admis à l'époque qu'il relevait uniquement de la psychologie et donc des ressorts individuels. Dans la conception dominante c'est un acte intime, étranger à la société, et c'est contre cette représentation que durkheim va opérer un coup de force. Il propose de considérer l'ensemble des suicides survenus pendant une période donné dans un même lieu et de le rapporter à la population générale. Il va calculer des taux de suicide dans la population dans le temps et l'espace. Il fait donc de la statistique, en dehors des ressorts individuels il considère les suicides comme des choses et il en fait donc une compilation pour voir s'il y a une fluctuation.
  380.  
  381. Il montre qu'au delà d'une analyse individuelle des suicides il peut démontrer la stabilité à court terme du nombre des suicides et montrer qu'à moyen terme il y a une tendance à la hausse des suicides.
  382.  
  383. Cet accroissement du suicide n'est pas un phénomène continu mais semble relever des chocs sociaux qui frappent les sociétés européennes en transformation, ces chocs accroissent ce qu'il appelle l'aptitude au suicide de ces sociétés. Cela conduit durkheim à établir que ces suicides constituent davantage la somme d'évènements particuliers mais bien au contraire un fait social.
  384.  
  385. Ce que travaille durkheim n'explique pas le suicide (ce qui relève de la psychologie) mais bien le taux de suicide. Ce taux ne varie pas de manière aléatoire et il est différent en fonction des pays. C'est bien le recours à la statistique qui permet à durkheim de rompre avec le sens commun
  386.  
  387. 2.3.2
  388.  
  389. La sociologie comme science des institutions
  390.  
  391. Une institution ça désigne pour durkheim la plupart des faits sociaux dès lors qu'ils sont stables et se transmettent d'une génération à l'autre et s'imposent aux individus. Selon durkheim toute la vie sociale peut se ramener à un ensemble d'institutions. Quand durkheim parle d'institutions il dit « on peut appeler institution toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité. La sociologie peut être alors définie comme la science des institutions, leur genèse et leur fonctionnement »
  392.  
  393. De fait, par l'enquête historique, on peut dresser la genèse de ces institutions pour voir comment elles naissent, et c'est comme ça que l'on peut en faire une science. Si la sociologie est la science des institutions on peut travailler en sociologie sur un éventail très important de sujets.
  394.  
  395. Si on considère les institutions comme des cadres cognitifs, moraux, singulièrement humains, on peut les transformer (→ socialisation)
  396.  
  397.  
  398.  
  399.  
  400.  
  401.  
  402.  
  403. MAX WEBER
  404.  
  405.  
  406. Contrairement à Durkheim, weber ne s'intéresse pas aux faits sociaux mais aux actions individuelles et ce de quoi elles sont le produit, la série de décisions. Weber ne voit pas la société comme quelque chose de supérieur à l'individu contrairement à durkheim.
  407.  
  408. « Nous entendrons par l'action un comportement humain tant et pour autant que les acteurs leur en donne un sens »
  409.  
  410. Pour lui la sociologie doit s'intéresser aux actions, aux comportements humains qui sont pour lui le produit d'un sens subjectif. Parmis ces actions qui sont comprises dans un sens, pour weber la sociologie ne prend en compte plus précisément qu'un aspect social (les interactions, ce qui est orienté vers autrui)
  411.  
  412. La sociologie weberienne s'intéresse aux actions humaines qui ont un sens subjectif mais aussi social. Weber prend l'exemple de la collision entre deux cyclistes, le phénomène est naturel, pas social, mais l'action de tenter de l'éviter, ou d'éviter ensuite une rixe
  413.  
  414. Pour weber la sociologie doit être compréhensive, càd qu'elle doit se donner pour objet de restituer le sens, les motifs, les motivations des comportements humains (pourquoi il est important de restituer ce sens subjectif = parce que c'est ce sens qui est constitutif des actions)
  415.  
  416. 1.1 la démarche compréhensive de la socio weberienne
  417.  
  418. → dans le sillage du courant néo-kantien allemand, c'est un courant anti-positiviste. Cette tradition allemande considère que les faits humains ne peuvent pas être ranger dans les même cases que les faits naturels => ils sont des faits de culture marqués par une intentionnalité (il y a une intention alors que pas quand une pierre tombe)
  419.  
  420. William Tilthey va distinguer les sciences de l'esprit des sciences de la nature. Dans les sciences de l'esprit (sociales) les réalités observées sont humaines, sociales et historiques. Elles doivent être une science réflexive, interprétative, comprendre le sens de l'action et non pas expliquer la cause. Thiltey a beaucoup inspiré weber et un autre qu'on verra plus tard georgee zimmel.
  421.  
  422. Weber se situe contre le monisme des sciences, il adhère à la vision dualiste des sciences qui distinguent sciences de la nature et sciences de la culture. On saisit ici la différence avec durkheim qui lui a essayé de fonder sa socio sur les modèles des sciences de la nature (la socio peut utiliser les méthodes comparatives des sciences du vivant etc). Weber considère qu'elles ne peuvent avoir le même régime épistémologique que les sciences naturelles.
  423.  
  424. Raymond Haron → Weber caractérise les sciences sociales par trois carac : - elles sont compréhensives
  425. historiques
  426. portent sur la culture (les actions humaines sont constituées par les mécanismes par lesquelles les hommes donnent un sens subjectif au monde)
  427.  
  428. Pour rendre compte des actions humaines ils faut comprendre les intentions et les motifs subjectifs derrière. Les sciences de la culture sont de plus historiques puisque le sens subjectif est toujours structuré das un sens historique spécifique. Weber a toujours essayé de constituer une science de l'unique. Pour weber l'histoire est totalement indéterminée (contrairement à Marx qui défend l'idée d'un sens historique). Enfin les sciences de la culture portent sur la culture car le sens subjectif prend toujours sens dans un environnement encore plus vaste que celui de l'histoire, c'est celui de la culture d'une société. Une culture pour weber c'est l'affirmation d'un ensemble de valeurs.
  429.  
  430. Les hommes agissent en fonction de la compréhension du monde qu'ils ont et de leur intentions. Cette vision weberienne a une conséquence radicale qui est qu'il n'existe pas de déterminisme (opposition à la vision de durkheim et marx). Weber raisonne en terme de probabilité. Comment on peut objectiver les valeurs ?
  431.  
  432. L'objet d'étude empirique de weber ce sont les valeurs. Par nature elles échappent au discours rationnel parce qu'elles expriment notre sentiment, notre volonté. Si les valeurs ne sont pas rationnelles, un savant ne peut pas se débarrasser de ses propres pré-notions.
  433.  
  434. Weber fait un distinction entre le rapport aux valeurs et le jugement de valeur. Le jugemement de valeur, c'est ce qu'étudie le sociologue dans les faits sociaux pour essayer de comprendre laa façon avec laquelle les acteurs entretiennent avec leurs valeurs un rapport spécifique. Le rapport aux valeurs caractérise les actions sociales étudiées par le sociologue qui ne relèvent pas de la subjectivité de celui qui observe.
  435. La tâche du sociologue est d'essayer d'établir le rapport au valeurs des acteurs. Autrement dit, c'est de rendre compte par l'enquête de la manière qu'ont les acteurs de rapporter leurs actions à des valeurs, essayer d'expliquer la façon dont en fonction de ces valeurs ils vont évaluer les situations et adapter leur comportement. Le sociologue doit évaluer le comportement évaluatif des acteurs.
  436.  
  437. A l'inverse ici le sociologue ne doit pas adopter une posture évaluative sur les actions en question. Il n'est pas question de juger la valeur de l'action mais plutôt les valeurs qui ont conduit à l'action. L'analyse sociologique ne consiste pas en des affirmations existentielles ou morales. Les décisions politiques elles sont toujours fondées sur des jugements de valeur, càd des propositions qui ne sont pas démontrables scientifiquement
  438.  
  439.  
  440.  
  441.  
  442.  
  443.  
  444.  
  445.  
  446.  
  447.  
  448. Pour weber c'est la comptabilité qui permet de rationaliser la production etc. Le capitalisme moderne a transférer la contrainte de l'exploitation au niveau du travail lui-même. Le travailleur va aller jusqu'à devenir lui même le promoteur de sa propre productivité.
  449.  
  450. Le travail formellement libre = le capitalisme moderne va promouvoir un certain type de travail qui est effectivement juridiquement et formellement libre = formellement → le rapport de soumission est intériorisé.
  451.  
  452. Cette auto-soumission du travailleur renvoie à une question plus large : au fur et à mesure de l'évolution du capitalisme la vie économique moderne va se structurer autour d'intérêts qui semble normaux.
  453.  
  454. Quand la rationalité en finalité devient la règle générale, elle permet de se passer de toute norme de conduite qui serait orientée par les valeur, par la tradition, par la morale = on est enfermés ici dans la cage d'acier
  455.  
  456.  
  457. 3.3 le spectre de la « dictature du bureaucrate »
  458.  
  459. La machine humaine que critique weber (bureaucratie) est présentée comme inéluctable car supérieure à toutes les autres formes d'organisation sociale. Il compare la supériorité de la bureaucratie avec la supériorité de la machine sur l'outil, le travail artisanal
  460.  
  461. La bureaucratie qui repose sur les règles formelles tient à la suprématie du technique qui supprime la question du pourquoi pour ne plus s'intéresser qu'au comment
  462.  
  463. Pour weber la bureaucratie est dans une phase d'extension dans l'administration publique, dans l'armée de masse et l'entreprise capitaliste moderne
  464.  
  465. Cette tendance est aussi repérable dans le cadre des partis politiques (rationalisation des techniques de campagne, bureaucratisation des partis)
  466.  
  467. Bureaucratie tellement liée à la modernité qu'il est impossible d'y échapper.
  468.  
  469. Spécialisation de l'administration en plus de son augmentation → la bureaucratisation devient en plus indestructible
  470.  
  471. Weber y voit le danger que cette bureaucratie ne façonne l'habitacle de la servitude des temps futurs.
  472.  
  473. 3.3.1 l'opposition entre le fonctionnaire et le politicien
  474.  
  475. weber écarte le lieu commun selon lequel le fonctionnaire serait contraint à des tâches subalternes. Il présente la différence entre les deux à travers le prisme des responsabilités différentes qu'on le fonctionnaire et le politicien
  476.  
  477. Le politicien est responsable de prendre la décision, trancher ; le fonctionnaire lui son devoir c'est d'appliquer cette décision, même s'il peut éprouver des réserves.
  478.  
  479. Pour weber il est nécessaire d''avoir un chef politique qui puisse s'opposer à la toute puissance de la bureaucratie. Mais il y a besoin de conditions pour permettre son émergence
  480.  
  481. Le monarque n'est pas en mesure de constituer ce contrepoids à la bureaucratie, il n'a pas l'expérience des luttes partisanes qui lui sont interdites.
  482.  
  483. L'affirmation d'un parlement fort permettrait de satisfaire deux exigences : le contrôle de la bureaucratie, et l'émergence de chefs politiques
  484.  
  485. Le parlement pourrait avoir accès à toute une série de connaissance pour ne pas être réduit à la passivité. Weber promeut l'existence d'une capacité d'enquête généralisée.
  486.  
  487. Deuxième fonction d'un parlement rénové : un parlement capable d'à la fois collaborer avec l'administration et la réguler pourrait être le lieu de la sélection privilégiée des chefs politiques. Il prend l'exemple du parlement anglais qu'il compare aux parlement italien et français, qui sont pour lui désorganisés ou ne font que discuter (voire 3è Republique). Pour lui un bon parlement c'est un parlement qui travaille = il permet aux élus de s'éduquer sur un certain nombre de sujets et d'acquérir une formation politique et leur permettre d'occuper des positions de pouvoir plus importantes
  488.  
  489. 3.3.2 le leader charismatique contre la domination bureaucratiques
  490.  
  491. Weber avait une conception très élitistes de la politique, assez peu favorable au régime démocratique qu'il prenait pour partie comme illusoire.
  492.  
  493. On a souvent dit de weber qu'il était le karl marx des bourgeois : il critique très fortement les courants d'extrême-droite mais aussi les révolutionnaires de gauche
  494.  
  495. La seule soupape pour satisfaire le besoin de chef pourrait venir selon weber du président du reich, il devrait être élu sur une base plébiscitaire et non parlementaire (voir napoléon)
  496.  
  497.  
  498.  
  499. Ccl : la machine politique est devenue dans la cadre de modernité un instrument indispensable à conquête du pouvoir mais cette machine politique ne serait pleinement que si le chef exerce une emprise totale sur elle.
  500.  
  501.  
  502.  
  503. 2è partie : les sciences sociales du second 20e siècle
  504.  
  505.  
  506. Erving Goffman
  507.  
  508. Canadien, sociologue (pas initialement prédisposé à ça) qui s'intéresse au quotidien. Cette vision du monde social qu'il a comme mise en scène du quotidien, on peut imaginer qu'elle lui a été inspirée par le film (son champ de travail initial) et le théâtre (sa sœur est comédienne)
  509.  
  510. Ses analyses du quotidien prennent souvent l'apparence d'un scénario, de scènes de vie. Il essaye de décortiquer avec le lecteur les différents plans successifs de la vie sociale.
  511.  
  512. Inattention civile, inattention polie : quand on croise une personne dans la rue, reconnaissance de la co-présence mais également retrait de l'attention pour ne pas importuner la personne
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