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- Extrait apocryphe des "Annales du divin" ; manuscrit inachevé.
- Lorsque Zakaz décida de créer son domaine, le chaos laissé par ses trois aînées était omniprésent. Tout n'était que débordements de chaleur inouïe, de vide dévoreur de tout ou de matière impossible à façonner. Pour fabriquer un monde ordonné, il devait établir une poche d'équilibre, de normalité.
- À cette fin, il fit naître sa première divinité. Celle-ci était un conduit pour l'énergie chaotique de la création. Un dieu reclus, discret, qui portait en lui toute la folie des Trois Principes, afin que celle-ci n'envahît pas ce qui allait devenir la terre des Hommes. Il abritait un monde de fureur aléatoire.
- Ce dieu avait donc pour premier impératif de ne pas être intégré au domaine de son père. Il ne parlait pas aux autres éternels, ne côtoyait pas les Hommes ni les bêtes, il ne posa même jamais le pied sur notre terre. Mais par-dessus tout, il avait formellement interdit à quiconque de prononcer son nom. La première personne qui le ferait, mortelle ou non, encourrait l'ire destructrice du premier fils de Zakaz.
- Les dieux et déesses respectèrent cette règle à leur façon : ils se contenteraient d'oublier l'existence de leur frère aîné. Mais il fallait bien garder trace de sa présence et de ses agissements, comme de toute autre divinité. Pour ne pas risquer une confrontation d'éternels qui aurait eu des conséquences dévastatrices, ils désignèrent un malheureux mortel comme scribe des dieux. Ils lui conférèrent omniscience et longévité, et lui donnèrent pour mission de relater tous leurs faits et gestes, y compris ceux du dangereux dieu anonyme.
- Le pauvre gratte-papier s'efforça de mener à bien sa mission, tout en prenant soin de ne jamais révéler le nom qu'il était le seul être humain à connaître. C'est de sa plume que nous vient le peu que nous savons de l'aîné de Zakaz.
- Pendant des éons, ce dernier put rester à l'écart du monde connu. Mais deux incidents forcèrent cet ermite céleste à sortir de sa retraite imposée.
- Le premier fut l'Ascension des Flammes. Cette série d'évènements inouïs est connue de tous, et bien sûr elle est relatée dans les annales tenues par le scribe. Je ne la décrirai donc pas ici. Naturellement, c'est à l'avènement du Feu Infini, lorsque l'ordre de Zakaz fut véritablement menacé, que la divinité anonyme décida d'intervenir, mettant à bon usage le chaos indicible que son être abritait. Toute chose revint à la normale, et le dieu ermite revint à son isolement.
- Le second incident lui était plus personnel.
- Quelque part dans les confins de son esprit, par-delà la folie primordiale qui l'occupait presque entièrement, il entendit quelque chose d'inquiétant sur Terre. Un groupe d'humains écervelés avait mis la main sur des arcanes interdites. Notamment, il y avait là un certain nombre de secrets relatifs aux éternels. À présent, ces inconscients entendaient invoquer "celui qui n'a jamais foulé la terre".
- Paniqué à l'idée d'entendre son nom dans la bouche de simples mortels, le dieu anonyme frappa préventivement. Il laissa filtrer une infime partie de l'énergie folle qu'il emprisonnait, et la foudre pulvérisa le groupe de dilettantes.
- Alors qu'il s'en retournait à son ermitage, il entendit l'exclamation peinée d'Ariom, son cousin. Le dieu de la chance était pour la première fois descendu de son palais de cristal, et déplorait la mort de ses meilleurs adeptes, les premiers à avoir trouvé le moyen de le faire venir à eux.
- L'anonyme se trouva face à un terrible dilemme, né d'une sotte erreur. Devait-il avouer sa faute à Ariom ? S'il le faisait, il devrait encourir la justice des éternels, et c'était bien plus de contact qu'il avait jamais souhaité avoir avec sa famille. S'il ne le faisait pas, il risquait que la perspicacité du dieu chanceux ne le mène jusqu'à lui, et que s'ensuive une altercation directe, qui serait plus dangereuse encore pour l'équilibre du cosmos.
- Tandis qu'il réfléchissait à ces enjeux, toujours à la surface de la Terre, il fut remarqué par Ariom. Ce dernier courut au-devant de son cousin et l'accueillit avec chaleur. Il lui parla comme à un ami. Il lui parla comme à un frère. Alors, les larmes aux yeux, Affeg décid
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