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- Ye se tenait à l'avant du module d'exploration spatiale, éclairée seulement par la douce lumière bleue qui emplissait le cockpit d'un calme bien trompeur en regard des émotions contradictoires qui se bousculaient dans son esprit.
- C'était la dernière nuit qu'elle passait sur Horizon, et elle n'avait pas fermé l'œil. Derrière la large vitre devant elle, la plaine grise de la planète morte commençait à s'animer, les ombres refluaient, simulant des mouvements pourtant fictifs, alors que le soleil entamait lentement sa montée dans le ciel nocturne. Depuis son arrivée, elle n'avait jamais pu se défaire de ce mot : Soleil. Elle savait pourtant bien que tel n'était pas son nom. Il s'agissait en fait de 145J3E1, l'étoile d'un petit système planétaire situé à une dizaine d'années-lumière de la Terre, dans le bras d'Orion.
- La militaire identifia aisément, petites boules colorées dans la voûte étoilée, les trois géantes gazeuses du système, à quelques unités astronomiques à peine, autant dire à portée de main de l'espèce humaine qui entamerait peut-être aujourd'hui, officiellement, son expansion à grande échelle. C'était la présence de ces trois astres qui avait motivé le choix de 145J3E1, si l'on considérait l'existence d'une planète tellurique en zone habitable, surnommée Horizon, comme étant une condition sine qua non - pour l'instant, tout du moins. On pourrait aussi ajouter, bien que cela ne soit théoriquement pas une contrainte, sa proximité toute relative mais au plus haut point rassurante avec leur monde natal. Elle chercha ce dernier un instant, avant de renoncer et de tapoter sur le clavier de l'ordinateur de bord, qui lui confirma que le système solaire n'était pas visible en ce moment.
- De toute façon, l'étoile poursuivait son ascension et éclipsait de sa lumière blanche les autres occupantes du vide spatial. Seules restaient discernables les deux lunes rouges de la planète. Ye reporta son attention vers le sol, et vers l'immense crevasse insondable non loin du module, qui courait tout du long du plan de l'équateur, large de quelques mètres à plusieurs centaines selon l'endroit, et profonde, si profonde... Son regard se perdit dans ce puits sombre que jamais l'étoile ne venait totalement éclairer, et elle sentit sa détermination faillir. Esprits, qu'était-elle en train de faire ?
- Elle fut tirée de sa contemplation morbide par l'irruption volontairement trop bruyante de Carter, qui se servit une boisson chaude avant de finalement déclarer d'un ton peu enjoué :
- « Commandant, j'ai reçu cette nuit les résultats approfondis de l'étude de nos prélèvements et observations au sol, que le Larme de Dieu nous a envoyés : ils corroborent l'examen préliminaire, tout semble idéal... »
- Ye hocha la tête sans se retourner, et comme elle gardait le silence, le scientifique crut bon de devoir insister :
- « Tout est paré pour le lancement de la phase finale d'Étincelle, dès que vous l'ordonnerez. »
- Dès que vous l'ordonnerez... Elle savait qu'il ne pensait pas à mal, mais cette phrase la fit souffrir terriblement. Cependant, c'était à elle de prendre la décision. Carter avait eu la lourde tâche de déterminer si le choix d'Horizon, une trentaine d'années auparavant sur Terre, résisterait à un examen plus poussé sur place. Il disposait d'une équipe réduite et des seuls moyens d'analyse du vaisseau, qui pour l'heure orbitait quelque part au-dessus d'eux, avec le reste de l'équipage à son bord. Il avait été, comme tout le monde, particulièrement enjoué lorsque ce qu'il avait découvert avait confirmé et même surpassé toutes leurs espérances. Mais alors que le terme approchait, tous avaient réalisé ce qui allait arriver...
- Ye elle-même, avait tardé à vraiment prendre conscience de la complexité de sa tâche.
- Lorsqu'elle était sortie de l'Ecole Navale de Pékin, elle avait sans vraiment réfléchir choisi l'affectation la plus prestigieuse : la toute nouvelle Flotte Spatiale Internationale. Ensuite, tout avait été extrêmement vite. A l'époque, les soldats, officiers et civils de la Spatiale avaient surtout un rôle à jouer dans la planification et l'organisation du fonctionnement de la future flotte humaine, sujets éminemment théoriques, en dehors de quelques essais à grande échelle au cœur du système solaire.
- Mais les progrès technologiques et sociaux avaient drastiquement accéléré les choses. Après le Grand Éveil et la révélation au monde entier de l'existence de Bylgja, le rayonnement de celle-ci d'une part, et les ressources colossales de la fondation Elliot-Weaving-Pájaro d'autre part, avaient permis une mutation fulgurante des sociétés humaines. Le retour de toutes les religions à leur forme animiste commune et originelle, ainsi que l'émergence de l'idée d'une civilisation terrienne transétatique, dotée d'un but précis et nécessaire à sa survie, avaient bien vite permis aux terriens de coopérer plus pleinement et efficacement que jamais au cours de leur Histoire. Moins d'un siècle plus tard, ils avaient colonisé l'intégralité du système solaire, et en un siècle de plus, le voyage spatial à longue distance était devenu possible.
- Le premier vaisseau fonctionnel de la flotte, doté des nouveaux réacteurs à fusion, le Larme de Dieu, avait intégralement été assemblé en orbite autour de Jupiter, et quelques années plus tard, bien plus rapidement que les observateurs ne l'auraient prédit, sa première mission d'envergure avait été votée par l'ONU : trouver une nouvelle Terre, un nouvel horizon pour l'espèce humaine.
- Ye Zhang, malgré son jeune âge, avait été nommée commandante en chef, à sa grande surprise. Elle avait certes montré des aptitudes exceptionnelles pendant ses études, avait passé plus de temps en orbite que sur Terre, et ne possédait pas de famille, ce qui étaient autant d'atouts pour une expédition si lointaine ; mais pour autant, sa promotion si rapide avait été un sacré pari sur elle. Elle soupçonnait que ce choix n'avait pas seulement reposé sur les épaules de ses supérieurs, que peut-être la fondation, peut-être même les esprits eux-même, avaient eu leur voix au chapitre, pour des raisons qui lui étaient inconnues.
- Quoi qu'il en ait été, elle s'était montrée à la hauteur. Le Larme de Dieu avait pris son envol face aux caméras du monde entier. Après une phase d'accélération de cinq ans, jusqu'à atteindre 45% de la vitesse de la lumière, avait poursuivi sa course vers 145J3E1 pendant seize longues années de plus, avant de lentement décélerer encore quelques temps et d'enfin atteindre son but ultime, sans rencontrer de problèmes.
- Le voyage spatial avait fonctionné. C'était en soi un succès gigantesque. Les fermes autonomes assuraient la subsistance des équipages, et l'hibernation permettait des rotations d'effectifs en éveil de quelques mois de long, pour limiter le vieillissement et l'ennui dans le vaisseau. Il ne s'agissait pas à proprement parler d'une hibernation, c'était un mélange de transe chamanique et d'absorption de drogues, qui permettait de sensiblement réduire l'usure du corps et la fatigue de l'esprit. Ainsi, pour Ye et ses subordonnés, seules quelques années au maximum s'étaient écoulées. En revanche, à leur retour sur Terre, presque cinquante ans auraient passé, et c'est sans doute ce qui serait le plus dur à vivre pour la plupart d'entre eux. Mais ce n'est pas ce qui aujourd'hui tordait le ventre de la commandante.
- Etincelle... Un projet fou, décidément.
- Si l'exploration spatiale était désormais possible, l'établissement des terriens sur d'autres astres était un domaine encore balbutiant, surtout à grande échelle. Ponctuellement, il était envisageable de créer des stations orbitales ou au sol, en environnement clos, comme cela se faisait dans le système solaire, mais on était loin du rêve d'un deuxième monde humain. Il y avait deux options : trouver une exoplanète assez semblable à la Terre, ce qui avait longtemps occupé astronomes et physiciens, mais hélas sans grand succès, car toute candidate se révélait finalement imparfaite, ou trop lointaine ; ou bien terraformer une planète tellurique plus proche, jusqu'à la rendre habitable. Cette dernière option était la plus prometteuse, et de considérables efforts étaient engagés sur Terre pour rendre un jour cette opération possible, mais pour l'instant encore, elle se heurtait à de colossaux problèmes logistiques : des tonnes et des tonnes de matériel étaient nécessaires sur place, ainsi qu'une infrastructure préalable, ce qui aurait requis d'innombrables allers-retours. Un jour sans doute, l'humanité résoudrait ce problème, mais cette-fois son impatience avait pris le dessus, et une solution folle avait alors émergé : s'il était impossible de modifier soi-même la structure d'une planète entière, pourquoi ne pas forcer la planète à changer toute seule. Utiliser les monstrueuses forces telluriques internes d'un monde bien choisi, à l'image de ce qui était arrivé sur Terre au cours de son histoire géologique. Cela aurait pu sembler insensé, si quelques voix influentes n'avaient suggéré que certains esprits, suffisamment anciens, suffisamment capables, pouvaient sans aucune difficulté accomplir une telle tâche... Être l'étincelle qui embraserait le noyau d'une autre Terre...
- Bylgja avait sans peine trouvé un volontaire parmi ses semblables, mais hélas, tout comme elle, il ne pouvait dépasser la Frontière, quitter la Terre. On avait alors imaginé pour lui un réceptacle humain, un chamane expérimenté, qui porterait l'étincelle lors du voyage spatial.
- Ye eut un sursaut lorsque Mo vint silencieusement se placer à ses côtés. Il était sorti de sa cabine sans faire le moindre bruit, comme à son habitude. Il était magnifique...
- Torse nu, il avait abandonné l'uniforme de la Spatiale pour une tenue moins contraignante. Sur tout son corps élancé, il avait dessiné à la peinture rouge des motifs courbes entrelacés. Les pigments semblaient vivants. Sur le fond noir de sa peau, on aurait dit des braises chatoyantes, des flammes ondulant placidement entre ses autres tatouages rituels. Il dépassait ses deux compagnons d'une bonne tête, et pendant de longs instants ils ne purent détacher leur regard de cette apparition, fascinés. Il n'avait plus rien à voir avec le Mo discret, presque distant qui avait embarqué avec eux au début du voyage. Le feu incarné, voilà ce qu'il était désormais. Seuls, ses yeux bruns étaient les mêmes, et il les promenait sur la faille sous lui, profitant discrètement de son petit effet.
- Mo le Mossi – personne ne connaissait son patronyme intégral, était un personnage à part sur le Larme de Dieu. C'était un grand burkinabé taciturne, qui n'avait jamais quitté son village avant le grand vol, un parfait inconnu aux yeux du monde, et à ce titre nul ne savait vraiment pourquoi il avait été choisi, ni par qui, ni même s'il était fiable. De par son statut particulier, il n'avait reçu aucune tâche, aucune mission à remplir, aucun cycle d'hibernation à suivre. Les premières années, il se montrait peu, restant de longs jours dans ses quartiers individuels, pour méditer avait-il dit, car l'esprit en lui était très agité, et il craignait alors de perdre le contrôle. Personne à bord n'y connaissait assez pour imaginer ce que perdre le contrôle voulait dire, et un climat de défiance à son égard s'était installé. D'autre part, le déroulé exact de son entrée en scène sur Horizon était alors assez flou. Il devait amener l'esprit jusque là-bas, avaient dit les supérieurs de Ye. Même eux semblaient ne pas savoir exactement comment. L'équipage avait pris l'attitude en retrait de ce chamane mystérieux, qui s'enfermait dans ses appartements sans dire ce qu'il attendait d'eux, pour du mépris de sa part.
- Mais un jour, subitement, Mo le Mossi était sorti de son isolement : sans forcer quoi que ce soit, il s'était rapproché de tous. Pendant l'intégralité du voyage, il n'avait jamais hiberné. A chaque éveil, il était là, pour accueillir quiconque avait besoin d'apaisement. Il y avait bien des psychologues à bord, mais c'était Mo que l'on allait voir quand le mal de l'espace prenait aux tripes. Lui seul savait guider les âmes perdues dans le vide sidéral. Il apportait aussi un brin de frivolité à la rigueur militaire qui régnait à bord : il était friand de jeux en tous genres, toujours prêt à sortir ses cartes élimées ou un damier de son sac ; il savait par cœur les œuvres de poètes arabes médiévaux, et il racontait comme personne les histoires des esprits de sa terre natale. Il était une bouffée d'oxygène.
- Ye elle-même, à chaque fois qu'elle sortait de transe, craignait inconsciemment que Mo ne soit plus là, qu'il n'ait été qu'un rêve créé par les toxines qui abrutissaient son cerveau. C'était elle qui passait le plus de temps avec lui, en tant que commandante elle était tacitement responsable de son bien-être. Il parlait mandarin, et ils avaient pris l'habitude de se retrouver chaque soir, pendant ses veilles, pour discuter de tout et de rien, du moral de l'équipage, de l'avenir des terriens, des esprits.
- Si le Larme de Dieu était devenu le foyer de bon nombre d'hommes et de femmes à bord, c'était grâce à la présence de Mo, elle en était persuadée.
- Mais un soir, peu avant l'arrivée dans l'orbite d'Horizon, alors que tout l'équipage était éveillé, Mo avait profité d'un briefing pour prendre la parole. Cela ne lui était jamais arrivé, et tous avaient écouté, curieux. Il leur avait alors parlé de ce qui devait arriver si le plan devait se poursuivre sans encombre.
- Le laisser sur la planète. Seul. Sans rien avec lui. Et, plus dur encore, repartir. Seuls.
- Un sacrifice, un putain de sacrifice humain, voilà ce qu'il leur restait à accomplir...
- Ye ne s'en était pas remise, mais elle avait dû tenir son rang. Ne rien montrer. C'était une partie de sa mission, et un soldat faisait toujours ce qu'il fallait...
- « Ainsi doc', tout est bon pour vous. Qu'en dites-vous capitaine ? Il est temps d'y aller, ne pensez-vous pas ? »
- Elle hésitait encore.
- « Mo, prenez le temps de la réflexion, s'il vous plaît. Ce n'est pas rien, ce que nous vous demandons. Nul ne devrait avoir à faire un tel choix. »
- Carter semblait acquiescer silencieusement. Mo soupira gentiment.
- « Vous êtes incroyables, vous savez ? Cela fait trois cent ans que les esprits se sont révélés au monde, et pourtant toujours les hommes et les femmes en viennent à douter, lorsque la fin approche. Vous le savez, la vie incarnée n'est qu'une étape. Je ne renonce à rien aujourd'hui, j'y suis préparé. Je n'ai aucun doute, n'en ayez pas pour moi, je vous en prie... De toute façon, voyez : l'esprit est éveillé, il commence à me dévorer. Il ne retournera pas dans le vide, il déteste ça. Il a trouvé un nouveau foyer. Il est trop tard pour faire marche arrière. »
- Ye accusa le coup sans rien montrer et prépara le dernier trajet de la sonde. Celle-ci survola la faille sur quelques kilomètres, puis plongea dans les profondeurs. Lorsque la descente ne fut plus possible sans risques, elle enclencha le vol stationnaire, alluma le projecteur frontal, qui ne découvrit que les parois torturées du gouffre sans fond, avec entre elles un espace dont la lumière ne semblait pouvoir s'extirper.
- Au moment de se diriger vers le sas, Mo refusa le casque et l'oxygène. Il se contenta d'inspirer un grand coup alors que le vide se faisait. Ye avait toute la nuit travaillé sur un discours, elle aurait voulu dire quelque chose, quelque chose d'un peu solennel, mais rien ne put sortir de sa bouche. De toute façon, sans le casque et avec le vide ambiant, Mo n'aurait rien entendu. Pourtant Carter ne put retenir un bruit affolé :
- « Mo..., si jamais je m'étais trompé, si tout ratait à cause de moi, je... »
- Le chamane vint le serrer dans ses bras, un sourire serein aux lèvres. L'esprit se moquait bien de ses calculs complexes, apparemment. Carter, qui pourtant en avait vu d'autres, ne put retenir un sanglot, et c'en fut trop pour Ye. Les joues baignées de larmes à son tour, elle coupa son micro. Ils allaient vraiment le faire, à moins d'un miracle, cela allait arriver, et elle ne pourrait rien empêcher. Mo se tourna alors vers elle, et la prit à son tour par les épaules. Il était brûlant. Les flammes sur son corps bougeaient furieusement, désormais. Elle entendit sa voix.
- « Oui capitaine, ça va arriver. Mais ne t'en fais pas. La prochaine fois qu'un humain ouvrira la porte de sa navette ici, il sentira le vent glisser dans ses cheveux, il entendra le bruit de l'eau. Grâce à nous tous. Ce sera peut-être toi, capitaine, qui sait ? Je suis flatté des sentiments que je perçois en toi à l'approche de notre séparation. Mais garde espoir: un jour peut-être, les esprits apprendront eux aussi à voyager au-delà de la Frontière, et alors nos deux mondes seront connectés. Je vous retrouverai tous avec bonheur, alors. Partez sans regrets. »
- Puis il se tourna vers la sortie du sas, prit son élan et bondit. C'était fini.
- Carter ne bougeait plus. Sa commandante lui prit le bras, referma le sas et l'entraîna vers le cockpit. Tous deux gardèrent le casque, sachant très bien pourquoi.
- « Putain, commandant. Qu'il fait sombre, ici... »
- Oui, se dit Ye, si sombre...
- * * *
- Le module avait presque achevé son retour vers le Larme de Dieu. Pendant le trajet, Ye avait fait une déclaration à l'équipage, et un silence équivoque avait accueilli son résumé de ce qui s'était passé. Dans quelques heures, ils repartiraient vers la Terre. Ce ne serait pas l'arrivée sur leur monde, le plus dur, malgré les années perdues, malgré les proches disparus. Tous le savaient. Le plus dur commençait maintenant.
- Mo s'était trompé. Ye savait parfaitement que sa vie ne serait qu'un fragment d'une autre, plus vaste. Ce qui la peinait tant, c'est que cette vie, elle n'en voulait pas. Ce qu'elle voulait, c'était rentrer avec lui à bord de son vaisseau, leur maison à tous. Et vieillir, périr à ses côtés, pour qu'il lui montre comment se dissoudre dans le Tout, qu'il la guide le long des fils enchevêtrés de l'espace et du temps. Au lieu de ça, elle l'avait laissé seul sur ce caillou, et elle rentrait là où il ne pourrait plus jamais aller, là où étaient les esprits de son peuple, de sa terre natale. Qu'aurait-elle à leur dire alors, lorsque son temps sera venu ?
- Perdue dans ses sombres pensées, Ye effectua sans y penser la manœuvre d'appontage. Etrangement, il n'y avait personne dans les parages à les attendre. Carter et elle montèrent jusqu'au pont supérieur. Tout l'équipage était réuni le long de l'immense baie vitrée qui couvrait l’immense flanc tribord du vaisseau. Et, plus étonnant encore, ils distinguèrent des clameurs joyeuses, une excitation formidable émaner de l'attroupement.
- En approchant, ils découvrirent la cause de cette animation. Devant leurs yeux, un formidable spectacle se déroulait : la faille équatoriale d'Horizon rougeoyait furieusement. De là où ils se trouvaient, on aurait dit que la planète arborait un immense sourire en fusion, juste pour eux.
- Mo ne s'était pas trompé. Ils avaient réussi. Et, peut-être, les esprits apprendraient à voyager au-delà de la Frontière. Oui, sans doute. Ye se fit alors la promesse qu’un jour, dans cette vie ou la suivante, elle reviendrait chercher Mo.
- Carter avait sur le visage un sourire encore plus large que celui d'Horizon, et dont il ne semblait pouvoir se départir.
- « Une étincelle, mon cul ! Ca, c'est de la dynamite, ouais »
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